Mortalité et échouages dans le golfe de Gascogne (maj 8fev)
Au contraire, la semaine suivante (cette du début de la fermeture) voit une très faible activité de pêche, donc très peu de captures. Va-t-on observer une baisse drastique des échouages ?
Au contraire, la semaine suivante (cette du début de la fermeture) voit une très faible activité de pêche, donc très peu de captures. Va-t-on observer une baisse drastique des échouages ?
Une communication correcte sur le bilan de 2024 aurait donc été ‘la fermeture temporaire a entraîné une baisse de 30 à 40% du taux de capture dans le golfe de Gascogne’. Une communication honnête aurait ajouté…
En effet, les vitesses des voiliers de course atteignent parfois 35 nœuds : quand ils entrent en collision avec des baleines, ils provoquent des blessures graves et/ou mortelles sur les cétacés, ainsi que des dommages sur le bateau, mettant en danger les marins.
Justement, cette année nous avons observé dans les parages un gros bateau de travail, le Ievoli Amber : ce genre de navire est en général associé à des constructions d'infrastructures lourdes, souvent liées à l'expansion des industries énergétiques en mer (usines éoliennes offshore, par exemple). Ces travaux sont le plus souvent très bruyants, gênants voire dangereux pour les cétacés.
Moyennant toutes ces précautions, nous avons observé les Ziphius à plus de 20 reprises depuis mi-juillet : la zone des canyons du sud du golfe de Gascogne est vraiment un hot spot mondial pour les ziphiidés. On a peur d'imaginer ce que provoquerait l'utilisation de sonars militaires dans cette région ... des dizaines de morts certainement.
Est-ce que la baisse que nous 'mesurons', 22%, est proche de la vérité ? Cela signifierait que seuls 20 à 30 bateaux de plus de 12 m pratiquant un 'métier à risque' pour les dauphins ne sont pas équipés d'un système réglementaire de réduction des captures. La statistique officielle que les services de la DPMA auront à coeur de livrer à la connaissance du public sera certainement plus fiable.
Un millier de dauphins pourraient avoir la vie sauve si l'arrêté sur la fermeture temporaire des pêcheries à risque est appliqué, dans sa version modifiée par le Conseil d'Etat (ordonnance du 22 décembre). 'Pourraient' si l'arrêté est correctement appliqué ... mais comment la loi sera-t-elle appliquée ? Est-ce que l'arrêté sera respecté comme le sont les limitations de vitesse : certains ne respectent la limitation que lorsqu'il y a un radar ...
Saisi en urgence par plusieurs associations dont France Nature Environnement, le Conseil d'Etat a jugé qu'au regard de la législation française et européenne le projet d'arrêté n'était pas de nature à protéger efficacement la population de dauphins communs. Et c'est un véritable feu d'artifices de points de droit qui étayent cette ordonnance du juge des référés.
L'étude des comportements des dauphins est la discipline la plus difficile de la cétologie : elle nécessite des conditions d'observation parfaites. En analysant les comportements, on peut déduire quelle est l'activité dominante d'un groupe de dauphins en fonction de l'heure. En zone côtière, cette connaissance permet d'évaluer l'impact que les activités humaines, trafic touristique, pêche, ..., peuvent avoir sur les cétacés.
L'ensemble des éléments établit clairement qu'aucune réduction significative des captures de dauphins, et de marsouins, ne pourrait être obtenue si ce projet d'arrêté était publié en l'état, et en tout cas aucune réduction en accord avec l'avis du CIEM de 2023 qui sert de base à toute réflexion.