Rencontres avec les Ziphius du Gouf

Le Gouf de Capbreton, ‘hot spot‘ de ziphiidés

Durant la semaine écoulée, nous avons fait face à une météo adverse mais nous avons prospecté le secteur du Gouf, dans sa partie orientale, durant les deux journées favorables.

Parmi la faune cétologique du Gouf, les ziphiidés (ou ‘baleines à bec’) sont sans nul doute les espèces les plus remarquables de la région : ils ont été observés à de nombreuses reprises par les cétologues de la région, tant en ce qui concerne le Ziphius de Cuvier que pour ce qui est du Mésoplodon de Sowerby, le bidens.

Le secteur oriental du Gouf de Capbreton (données Emodnet, traitement GREC)

Le 2 août, nous détectons une paire de Ziphius cavirostris de bonne taille, des adultes si l’on en juge l’allure assez décolorée de l’avant du corps. Bien que l’observation initiale ne dure que 5 minutes, les conditions de mer nous laissent espérer une nouvelle détection des cétacés, à l’issue de leur sonde.

Deux Ziphius observés le 2 août sur le Gouf de Capbreton

On sait que les Ziphius et les Mésoplodons se caractérisent par un cycle de sonde assez exotique composé d’une sonde profonde, de prédation, et de plusieurs sondes courtes, souvent interprétées comme des sondes de récupération. D’autre part, les clics de chasse émis par les Ziphius sont très peu audibles et donc difficiles à utiliser pour suivre les cétacés durant leur chasse.

On s’affaire au poste d’écoute pour tenter de garder le contact avec les cétacés en sonde

Heureusement, ce jour, une petite brise nous permet d’évoluer en silence et de capter les clics des Ziphius … nous parvenons à rester à peu près en contact durant une heure et ainsi à les détecter lors de leur émersion, ce qui nous permet de les approcher gentiment à la voile.

Une des deux femelles d’un âge respectable vue à 150 mètres environ

L’approche nous confirme que nos Ziphius sont deux femelles âgées : elles ont peu de cicatrices, et surtout il n’y a pas trace des deux dents qui ornent l’extrémité du bec des mâles. Vues de près, leurs robes multicolores se prêtent bien à la photo-identification, une technique éprouvée et très efficace pour étudier cette espèce.

La photographie du museau du Ziphius permet de certifier le sexe de l’individu, si c’est un adulte

Pour finir, un des deux individus nous fait l’amabilité d’une approche à 20 mètres, ce qui permet de compléter son portrait … et apporte en plus du plaisir à la petite équipe de cétologues du Groupe de Recherche sur les Cétacés. Un long intermède au port de Capbreton nous donnera bientôt l’opportunité d’analyser en détail cette belle observation.

Alexandre et cetaces.org