Bienvenue à Ziphius Land

Du nord au sud en trois journées de navigation

Fin juillet, nous avons des conditions de navigation assez bonnes pour traverser le golfe de Gascogne dans son extension Nord-Sud : des demi-journées calmes pour observer cétacés et oiseaux, mais pas trop, pour ne pas marcher sans arrêt au moteur.

Préparatifs pour la nuit, durant laquelle nous continuons à prendre des informations sur les conditions ambiantes et les cétacés

Pendant les trois jours de la traversée au départ de Concarneau, nous observons 21 groupes de cétacés, avec cependant de grandes zones désertes de toute vie visible, au Sud. Cette image de pauvreté relative est renforcée par la faible diversité, seulement deux espèces de dauphins et des Rorquals communs. Guère de bateaux de pêche non plus. Et… pas d’orque !

Après un temps de repos, nous reprenons notre navigation, cette fois vers l’Est. L’attention des observateurs est renforcée dans la zone des canyons, en plein pays Ziphius. Or le Ziphius de Cuvier est une des espèces les plus prisées par le Groupe de Recherche sur les Cétacés depuis une vingtaine d’années. Il est fort discret : seule une visibilité parfaite permet de les apercevoir, car leur rythme de respirations et leur temps de plongée ou de nage en sub-surface les rend pratiquement invisibles dès qu’une houle même modeste se lève ou que le vent masque leurs souffles au milieu de petits moutons.

Deuxième observation de Ziphius de Cuvier de la journée : deux femelles adultes

Mais les conditions d’observation devenant très favorables, nous réaliserons même trois observations de Ziphius en une seule journée de début août. Une des observations est très complexe, avec 9 individus répartis en trois sous-groupes fluides. L’usage du drone et de la photo-identification permet d’élucider un peu la scène, mais pas complètement : celle qui nage de conserve avec telle autre, ressort au milieu d’un autre sous-groupe, déjouant les pronostics des observateurs en faisant demi-tour sous l’eau… Les Ziphius ne sont pas des animaux facilement prévisibles !

Une interaction sociale entre deux femelles que seul le drone permet d’observer !

Une interprétation préliminaire de leur activité sociale se fait en direct, mais elle devra être complétée par l’étude du matériel collecté (photos, enregistrement, vidéo, appli PADOC), une fois de retour à terre. Nous espérons maintenant que la météo favorable va se prolonger, afin de profiter de cette navigation naturaliste au sud du golfe de Gascogne.


Alexandre et cetaces.org