Un individu occidental recapturé au large d’Israël
Pas tout à fait à l’abri des turpitudes d’une humanité écocide et masochiste, la grande faune marine méditerranéenne prouve encore une fois qu’elle n’a qu’un seul ‘territoire’… la Grande Bleue. Loin des ‘quasi-certitudes’ d’il y a 20 ans, les preuves d’une population méditerranéenne unique de Cachalot Physeter macrocephalus s’additionnent peu à peu. Dernière en date, la recapture photographique au large d’Israël d’un jeune mâle connu pour sa présence régulière en mer liguro-provençale.
Peu importe son véritable nom (car les humains lui en ont donné plusieurs), notre ‘Moby Dick’ est facilement reconnaissable car il a la nageoire caudale poinçonnée comme un ticket de métro, appelons-le donc Lilas en référence à la célèbre chanson de Serge Gainsbourg. Et il a donc été revu au printemps 2022, au large d’Israël, lors d’une prospection scientifique. Avec une distance à vol d’oiseau d’environ 2800 kilomètres, c’est donc le cachalot ayant effectué le déplacement le plus long jamais documenté en Méditerranée.
Le Groupe de Recherche sur les Cétacés a participé à une publication récente relatant ce résultat scientifique, qui est dû à une technique bien connue en cétologie, la photo-identification. Grâce à l’activité de plusieurs de ses membres, le GREC a récemment mis à jour sa banque de données de photo-identification de cachalots en Méditerranée, avec des individus « capturés » (photographiquement bien sûr) depuis 1991.
La finalité de nos travaux sur le cachalot en Méditerranée est la protection de cette espèce, qui est menacée par les collisions, les filets dérivants, les bruits intenses et la diminution de ses ressources alimentaires, en majorité des calmars dont certains sont exploités par les humains.
Alexandre et cetaces.org