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Des Orques et des sonars : épilogue

Écrit le 22/12/2019 dans Autre actualité - Mis à jour le 22/12/2019

Un événement inexplicable … Vraiment ?

Un groupe d’Orques qui se retrouve dans le port de Gênes, cela constitue un événement rarissime, unique, qui doit bien avoir une explication. Pour commencer, il fallait bien que les Orques se trouvent dans le nord de la Méditerranée occidentale, en fin d’automne ; c’est déjà un fait rare.

Un groupe d’Orques en mer Ligure, c’est déjà un événement rare. (photo faite en Colombie Britannique)

Un exercice militaire comprenant l’usage de plusieurs sonars très puissants sur différentes fréquences, de manière prolongée, durant plusieurs jours, c’est une circonstance qui produit un effet documenté : après des essais nombreux, Miller et ses collègues ont montré qu’un niveau reçu de 140 dB entraînait un risque d’évasion de 50% pour des Orques.

Ce graphe donne la probabilité (P modélisée, en ordonnée) qu’un Orque effectue une évasion s’il est soumis à un sonar et reçoit un niveau sonore donné (SPL, en abscisses). La courbe médiane (en continu) est le niveau de confiance 50%.

Si on prend le plus puissant des sonars en lice, le SQS-53C de 235 dB de niveau de source et que l’on modélise sa propagation en fin d’automne, avec des données climatologiques, on obtient un résultat plus qu’intéressant : les niveaux reçus supérieurs à 140 dB s’étendent jusqu’à 150 km. C’est approximatif – ça peut être plus, ça peut être moins.

Ce graphe donne le niveau sonore propagé, en fonction de la distance, à partir d’un sonar qui aurait une puissance (SL) de 235 dB (modélisation par tracé de rayons). Un niveau de 140 dB est atteint à une distance de 150 km. Les ingénieurs militaires modéliseraient ça mieux que nous.

Ces éléments convergent vers un résultat : un groupe d’Orques qui aurait pénétré dans le sud de la mer Ligure aurait toutes les chances d’être poussé vers le fond de cette mer en raison des niveaux sonores élevés propagés.

Dessin montrant un sonar de 235 dB à une position hypothétique, avec la zone d’évasion qu’il génère (distance de 150 km, voir plus haut)

Qu’adviendrait-il dans ces conditions si le groupe comprend un nourrisson en bas âge, qui se trouve forcé de nager très vite pendant mettons 24 heures ? C’est une vraie question. Et si de plus, le jeune animal n’a pas la possibilité d’être nourri par sa mère ? Simple hypothèse de travail.

Femelle Orque en nage assez rapide (ici, en prédation).

CONCLUSION : les éléments donnés tout au long de cette série constituent un scénario explicatif de l’événement inexplicable. Sans doute pas le seul imaginable, mais il tient la route. S’il se trouve des lecteurs qui ont des éléments pour invalider le scénario … nous leur donnons volontiers la parole …

Alexandre et cetaces.org


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