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	<title>Archives des Autre actualité - Groupe de Recherche sur les Cétacés</title>
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	<description>Site d&#039;information cétologique tenu par le Groupe de Recherche sur les Cétacés</description>
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	<title>Archives des Autre actualité - Groupe de Recherche sur les Cétacés</title>
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	<item>
		<title>Protection des cétacés et course à la voile</title>
		<link>https://www.cetaces.org/protection-des-cetaces-et-course-a-la-voile/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alex G.]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Oct 2024 13:59:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Autre actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Protection]]></category>
		<category><![CDATA[collisions]]></category>
		<category><![CDATA[protection]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En effet, les vitesses des voiliers de course atteignent parfois 35 nœuds : quand ils entrent en collision avec des baleines, ils provoquent des blessures graves et/ou mortelles sur les cétacés, ainsi que des dommages sur le bateau, mettant en danger les marins.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Quand les voiliers ne font pas bon ménage avec les cétacés</h2>



<p>Un article du T<a href="https://www.letelegramme.fr/sports/voile/voile-en-fait-on-assez-pour-eviter-les-collisions-avec-les-baleines-6493377.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener">élégramme de Brest en décembre 2023</a>, à propos de l&rsquo;Arkea Ultim Challenge, a attiré mon attention sur les conséquences des courses à la voile pour les cétacés. Les voiliers de course, qui sont de plus en plus rapides, plus rapides que les cargos de nos jours, et beaucoup plus silencieux, ont depuis toujours heurté des « OFNIS » (objet flottant non identifié). Ce mot est un euphémisme, le nombre d&rsquo;êtres vivants en mer étant largement supérieur à celui des objets.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><a href="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2024/10/Bp2024_5923.jpg"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="900" height="499" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2024/10/Bp2024_5923.jpg?v=1730212217" alt="" class="wp-image-16938" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2024/10/Bp2024_5923.jpg?v=1730212217 900w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2024/10/Bp2024_5923-560x310.jpg?v=1730212217 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2024/10/Bp2024_5923-721x400.jpg?v=1730212217 721w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2024/10/Bp2024_5923-768x426.jpg?v=1730212217 768w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Navires de commerce et grand yachts infligent fréquemment des blessures cruelles ou mortelles aux baleines, mais qu&rsquo;en est-il des courses au large ?</figcaption></figure></div>


<p>Plusieurs navigateurs et skippers s&rsquo;accordent à dire qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de course au large sans collision avec les cétacés. Pour autant il est très difficile de quantifier le phénomène. Certains en ont parlé dans la presse, même si un genre d&rsquo;omerta est de mise parce que les sponsors n&rsquo;ont pas envie qu&rsquo;il s&rsquo;ébruite que leurs bateaux blessent des cétacés.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Didac Costa avait parlé de sa collision lors du Vendée Globe 2020 mais son service de communication avait immédiatement rassuré en écrivant que la baleine ne semblait pas avoir souffert de l&rsquo;impact,</li>



<li>Morgane Ursault-Poupon parle de sentiment d&#8217;empathie et de culpabilité durable, après un arrêt brutal du bateau,</li>



<li>Kito de Pavant a également raconté des impacts lors de la Transat 2010 et surtout du Vendée Globe 2016, car cette collision avec un cachalot avait fait couler son bateau.</li>
</ul>



<p>En effet, les vitesses des voiliers de course atteignent parfois 35 nœuds : quand ils entrent en collision avec des baleines, ils provoquent des blessures graves et/ou mortelles sur les cétacés, ainsi que des dommages sur le bateau, mettant en danger les marins.</p>



<p>Le Marine Mammal Advisory Group a mis en place un « <a href="https://www.imoca.org/fr/news/news/le-hazard-button-a-bord-des-imoca-de-la-transat-jacques-vabre-permettra-d-approfondir-nos-connaissances-sur-les-mammiferes-marins-et-la-maniere-de" target="_blank" rel="noreferrer noopener">hazard button</a> » pour indiquer une collision ou la présence d&rsquo;un animal ou d&rsquo;un objet. Cela permet d&rsquo;informer le PC course,&nbsp; le reste de la flotte et d&rsquo;alimenter les bases de données afin de mettre en place les zones d&rsquo;exclusion. Ce système a équipé les bateaux de la Route du Rhum 2022 et de la transat Jacques Vabre 2023.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="800" height="544" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2024/10/IMOCA-site.jpg" alt="" class="wp-image-16943" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2024/10/IMOCA-site.jpg 800w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2024/10/IMOCA-site-560x381.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2024/10/IMOCA-site-588x400.jpg 588w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2024/10/IMOCA-site-768x522.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption class="wp-element-caption">Un voilier de la classe IMOCA lancé à pleine vitesse</figcaption></figure></div>


<p>De plus, la classe <a href="https://www.bateaux.com/dossier/imoca" target="_blank" rel="noreferrer noopener">IMOCA</a> développe le système EXOS 2024. Celui-ci combine la vision artificielle, la fusion multi-capteurs et l&rsquo;utilisation de l&rsquo;autopilote d&rsquo;un bateau pour repérer les obstacles à la surface de l&rsquo;eau et, à la fin, y répondre par l&rsquo;évitement automatique de collision. Certains bateaux du Vendée Globe devraient en être équipés.</p>



<p>Les organisateurs de courses au large prennent de plus en plus de mesures pour la protection des cétacés : par exemple, des zones d&rsquo;exclusion sont mises en place pour que les concurrents évitent les zones à forte densité de cétacés. La transat CIC 2024 et la course NewYork Vendée les Sables d&rsquo;Olonne avaient mis leurs lignes d&rsquo;arrivée pour l&rsquo;une et de départ pour l&rsquo;autre à 100 milles des côtes.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><a href="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2024/10/vendee-globe-carte-1200.png"><img decoding="async" width="1200" height="760" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2024/10/vendee-globe-carte-1200.png" alt="" class="wp-image-16936" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2024/10/vendee-globe-carte-1200.png 1200w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2024/10/vendee-globe-carte-1200-560x355.png 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2024/10/vendee-globe-carte-1200-632x400.png 632w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2024/10/vendee-globe-carte-1200-768x486.png 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /></a></figure></div>


<p>Les premières courses à définir une zone d&rsquo;exclusion ont été The Ocean Race 2023 et<a href="https://www.arkeaultimchallengebrest.com/fr/page/protection-de-la-biodiversite"> The Arkea Ultim challenge 2024</a>. Parmi ces zones : les Açores, les Canaries, le Cap Vert, le cap de Bonne Espérance, l’île de Kerguelen et le cap Horn, au large desquels des cétacés peuvent former de grands groupes qui s’étendent sur plusieurs kilomètres.</p>



<p>L&rsquo;organisation du Vendée Globe, dont le départ est prévu le 10 novembre 2024, a aussi mis en place <a href="https://blog.initiatives.fr/proteger-baleines-vendee-globe-29523" target="_blank" rel="noreferrer noopener">des zones d&rsquo;exclusion</a>, en s&rsquo;appuyant sur le consortium Share the Ocean, prenant en compte la protection des cétacés et celle du requin baleine. Le Vendée Globe met ainsi en avant une image d&rsquo;engagement environnemental. Les fans de course au large sont également souvent des … passionnés de la mer (et donc des cétacés).</p>



<p>La prise de conscience récente et <a href="https://www.vendeeglobe.org/ocean" target="_blank" rel="noreferrer noopener">les engagements des organisateurs de course au large contribuent à la médiatisation de la protection</a> des cétacés. Espérons que ces engagements qui impliquent les navigateurs et donc les sponsors, seront tenus, et donneront des idées à d&rsquo;autres usagers de l&rsquo;espace marin &#8230;</p>



<p class="has-text-align-right">Sylvie et cetaces.org</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Bébé cherchant nourrice : les baleines aussi ?</title>
		<link>https://www.cetaces.org/bebe-cherchant-nourrice-les-baleines-aussi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alex G.]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Jan 2024 07:26:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Autre actualité]]></category>
		<category><![CDATA[baleines]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce comportement avait déjà été montré lorsqu'un jeune est orphelin de sa mère, mais dans l'étude de Sprogis et Christiansen, le bébé qui va chercher du lait chez une nourrice se trouve à quelques dizaines de mètres de sa mère naturelle.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Des comportements &lsquo;d&rsquo;allo-allaitement&rsquo; observés chez les baleines franches</h2>



<p>Que savons-nous de la vie sociale des mysticètes (baleines), la nature des groupes et les relations entre les individus d&rsquo;un groupe ? En général peu de choses en dehors d&rsquo;une ou deux espèces bien observées et photo-identifiées durant leur saison de reproduction. Plusieurs raisons à cela : d&rsquo;abord, la difficulté d&rsquo;observation due à l&rsquo;habitat majoritairement océanique de ces animaux, ensuite, la difficulté à documenter scientifiquement les relations sociales des baleines et enfin, la raréfaction des animaux, nombre de populations ayant toujours une abondance inférieure à 20%, voire 10%, de leur valeur historique (avant la chasse industrielle du XXe siècle) &#8230; quel rapport entre ce que l&rsquo;on peut observer actuellement et les liens sociaux &lsquo;normaux&rsquo; que pouvaient avoir les baleines lorsque les groupes étaient 10 fois plus importants ?</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2024/01/Baleine-franche_sprogis2024-1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="485" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2024/01/Baleine-franche_sprogis2024-1.jpg" alt="" class="wp-image-16380" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2024/01/Baleine-franche_sprogis2024-1.jpg 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2024/01/Baleine-franche_sprogis2024-1-560x265.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2024/01/Baleine-franche_sprogis2024-1-845x400.jpg 845w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2024/01/Baleine-franche_sprogis2024-1-768x364.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Le nourrisson n°1 quitte la mère n°1 et rejoint la n°3, le bébé n°3 interagit de l&rsquo;autre côté</figcaption></figure>



<p>La publication récente de <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s42991-023-00392-1" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Kate Sprogis &amp; Fredrik Christiansen (Allosuckling in southern right whale calves)</a> dans <em>Mammalian Biology</em> lève le voile sur un comportement rarement montré des Baleines franches australes (<em>Eubalaena australis</em>), une espèce dont plusieurs populations ont une démographie dynamique : l&rsquo;allo-allaitement, c&rsquo;est-à-dire lorsqu&rsquo;un nourrisson va &lsquo;téter&rsquo; une femelle qui n&rsquo;est pas sa mère. Ce comportement avait déjà été montré lorsqu&rsquo;un jeune est orphelin de sa mère, mais dans l&rsquo;étude de Sprogis et Christiansen, le bébé qui va chercher du lait chez une nourrice se trouve à quelques dizaines de mètres de sa mère naturelle. La nourrice  se soustrait d&rsquo;ailleurs à la demande du jeune dans une majorité de cas : elle a en charge son propre nourrisson !</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><a href="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2024/01/Baleine-franche_sprogis2024-2.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="878" height="619" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2024/01/Baleine-franche_sprogis2024-2.jpg" alt="" class="wp-image-16381" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2024/01/Baleine-franche_sprogis2024-2.jpg 878w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2024/01/Baleine-franche_sprogis2024-2-560x395.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2024/01/Baleine-franche_sprogis2024-2-567x400.jpg 567w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2024/01/Baleine-franche_sprogis2024-2-768x541.jpg 768w" sizes="(max-width: 878px) 100vw, 878px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Le nourrisson n°1 est allaité par la mère n°3</figcaption></figure></div>


<p>L&rsquo;histoire ne dit pas si la nourrice a un lien de parenté avec la mère, en tout cas le nourrisson &lsquo;glouton&rsquo; est le plus corpulent des trois jeunes observés dans ce petit groupe &lsquo;nursery&rsquo;. Si l&rsquo;allo-allaitement est un phénomène commun, il peut avoir des conséquences bénéfiques sur une population car la gestation et la lactation sont des phases extrêmement coûteuses de la vie d&rsquo;une baleine femelle. C&rsquo;est aussi un comportement qui peut impacter la survie de populations exposées aux variations rapides de disponibilité des ressources alimentaires, en raison du rapide réchauffement climatique.</p>



<p>Lien vers des vidéos des observations &#8230; <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s42991-023-00392-1#Sec15">ICI</a></p>



<p>Alexandre et cetaces.org</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Loi sur la maltraitance animale et cétacés captifs</title>
		<link>https://www.cetaces.org/loi-sur-la-maltraitance-animale-et-cetaces-captifs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alex G.]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Aug 2022 11:53:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Autre actualité]]></category>
		<category><![CDATA[dauphins]]></category>
		<category><![CDATA[Orque]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On voit donc que bien loin de mettre fin à la détention de cétacés dans notre pays, le texte de loi du 30 novembre 2021 en organise les nouvelles modalités ... charge aux 'Delphinariums 1.0' d'organiser leur métamorphose dans les 5 ans. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Vers des delphinariums 2.0 ?</h2>



<p>Après le pataquès de la publication de l&rsquo;arrêté du 3 mai 2017, puis de son annulation, les associations anti-cétacés-captifs attendaient avec impatience le texte qui allait mettre fin aux delphinariums, coupables à leurs yeux de détenir des dauphins et des orques dans des conditions impropres à une vie décente. Voilà qui fut apparemment fait avec la publication de la <a href="https://www.vie-publique.fr/loi/278249-loi-2021-lutte-contre-la-maltraitance-animale">loi 2021-1539 du 30 novembre 2021</a> &lsquo;<strong> <span style="color:#0017a3" class="has-inline-color">visant à lutter contre la maltraitance animale et conforter le lien entre les animaux et les hommes</span>&lsquo;.</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><a href="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/08/oceanic-dolphins-john-alvarez-pixabay-1939075.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="960" height="642" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/08/oceanic-dolphins-john-alvarez-pixabay-1939075.jpg" alt="" class="wp-image-15123" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/08/oceanic-dolphins-john-alvarez-pixabay-1939075.jpg?v=1664131260 960w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/08/oceanic-dolphins-john-alvarez-pixabay-1939075-560x375.jpg?v=1664131260 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/08/oceanic-dolphins-john-alvarez-pixabay-1939075-598x400.jpg?v=1664131260 598w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/08/oceanic-dolphins-john-alvarez-pixabay-1939075-768x514.jpg?v=1664131260 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /></a><figcaption>Interaction entre un humain et un dauphin dans un delphinarium 1.0 (photo John Alvarez Pixabay)</figcaption></figure></div>



<p>En fait, il faut attendre la page 11 (sur 13) de cette loi essentiellement consacrée aux animaux domestiques et aux chevaux pour trouver <strong>le chapitre III</strong>, comportant 4 articles, sur la <strong>&lsquo;<span style="color:#0012a3" class="has-inline-color">Fin de la captivité d&rsquo;espèces sauvages utilisées à des fins de divertissement</span>&lsquo;</strong>. Comme pour tout texte à portée juridique, il faut lire attentivement les articles de la loi, en portant attention à la moindre virgule, qui peut être lourde de conséquences.</p>



<p><strong>L&rsquo;article 46</strong> porte sur des modifications du code de l&rsquo;environnement, par ajout d&rsquo;une &lsquo;section 3&rsquo; portant sur les &lsquo;<strong><em><span style="color:#0017a3" class="has-inline-color">Dispositions relatives aux animaux d’espèces non domestiques détenus en captivité à des fins de divertissement</span>&lsquo;.</em></strong></p>



<p>L&rsquo;article L.413-11 ajouté à ce code de l&rsquo;environnement précise que &lsquo;<span style="color:#0020a3" class="has-inline-color"><em>Les établissements de spectacles fixes présentant au public des animaux vivants d’espèces non domestiques sont soumis aux règles générales de fonctionnement et répondent aux caractéristiques générales des installations des établissements zoologiques à caractère fixe et permanent présentant au public des spécimens vivants de la faune locale ou étrangère.</em> [&#8230;]</span>&lsquo;</p>



<p><strong>L&rsquo;article L.413-12 porte directement sur les delphinariums</strong> :</p>



<ul class="wp-block-list"><li>« <span style="color:#191eab" class="has-inline-color">I. – Sont interdits les spectacles incluant une participation de spécimens de cétacés et les contacts directs entre les cétacés et le public. Cette interdiction entre en vigueur à l’expiration d’un délai de cinq ans à compter de la promulgation de la loi n<sup>o</sup> 2021-1539 du 30 novembre 2021 précitée.</span></li><li><span style="color:#191eab" class="has-inline-color">II. – Il est interdit de détenir en captivité ou de faire se reproduire en captivité des spécimens de cétacés, sauf au sein d’établissements mentionnés à l’article L. 413-1-1 <strong>ou dans le cadre de programmes scientifiques dont la liste est fixée par arrêté du ministre chargé de la protection de la nature</strong>. Cette interdiction entre en vigueur à l’expiration d’un délai de cinq ans à compter de la promulgation de la loi no 2021-1539 du 30 novembre 2021 précitée.</span></li><li><span style="color:#191eab" class="has-inline-color">III. – Un arrêté du ministre chargé de la protection de la nature détermine les caractéristiques générales, les modalités de présentation du contenu des programmes scientifiques et les règles de fonctionnement des établissements autorisés à détenir des spécimens vivants de cétacés mentionnés au II.</span>« </li></ul>



<p><span class="has-inline-color has-black-color">Autrement dit, l&rsquo;article 46 autorise la détention et la reproduction en captivité de cétacés, à condition que les delphinariums soient engagés dans des programmes scientifiques approuvés par l&rsquo;Etat.</span></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/08/white-whale-AnastasiaEA-pixabay_765427.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="960" height="640" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/08/white-whale-AnastasiaEA-pixabay_765427.jpg" alt="" class="wp-image-15125" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/08/white-whale-AnastasiaEA-pixabay_765427.jpg 960w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/08/white-whale-AnastasiaEA-pixabay_765427-560x373.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/08/white-whale-AnastasiaEA-pixabay_765427-600x400.jpg 600w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/08/white-whale-AnastasiaEA-pixabay_765427-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /></a><figcaption>Le Bélouga est une espèce qui n&rsquo;est pas présente dans les delphinariums français (photo Anastasia EA Pixabay)</figcaption></figure>



<p><strong>L&rsquo;article 47</strong> n&rsquo;est pas moins intéressant et secrète aussi son lot de conséquences pour la captivité future des cétacés : <strong>il porte sur les sanctuaires ou refuges pour animaux sauvages.</strong> Libellé de l&rsquo;article 47 :</p>



<ul class="wp-block-list"><li><span style="color:#0012a3" class="has-inline-color">« Après l’article L. 413-1 du code de l’environnement, il est inséré un article L. 413-1-1 ainsi rédigé :</span></li><li><span style="color:#1f158e" class="has-inline-color">« <em>Art. L. 413-1-1. – </em>Un refuge ou sanctuaire pour animaux sauvages captifs est un établissement à but non lucratif accueillant des animaux d’espèces non domestiques, captifs ou ayant été captifs, ayant fait l’objet d’un acte de saisie ou de confiscation, trouvés abandonnés ou placés volontairement par leur propriétaire qui a souhaité s’en dessaisir.</span></li><li><span style="color:#1f158e" class="has-inline-color">«L’exploitant d’un refuge ou sanctuaire pour animaux sauvages captifs doit être titulaire du certificat de capacité prévu à l’article L. 413-2 pour une activité d’élevage des espèces animales présentes sur le site lorsqu’il n’y a pas de présentation au public. Dans l’hypothèse d’une présentation au public, le certificat pour cette activité est requis.</span></li><li><span style="color:#1f158e" class="has-inline-color">«L’établissement doit avoir fait l’objet d’une autorisation d’ouverture prévue à l’article L. 413-3.</span></li><li><span style="color:#1f158e" class="has-inline-color">«Au sein d’un refuge pour animaux sauvages captifs, les animaux doivent être entretenus dans des conditions d’élevage qui visent à satisfaire les besoins biologiques, la santé et l’expression des comportements naturels des différentes espèces en prévoyant, notamment, des aménagements, des équipements et des enclos adaptés à chaque espèce.</span></li><li><span style="color:#1f158e" class="has-inline-color">«Toute activité de vente, d’achat, de location ou de reproduction d’animaux est interdite.</span></li><li><span style="color:#1f158e" class="has-inline-color">«La présentation de numéros de dressage et tout contact direct entre le public et les animaux à l’initiative du visiteur ou du personnel du refuge ou du sanctuaire sont interdits.</span></li><li><span style="color:#1f158e" class="has-inline-color">«Le présent article s’applique sans préjudice des dispositions réglementaires relatives aux animaux d’espèces non domestiques.</span></li><li><span style="color:#1f158e" class="has-inline-color">«Les ministres chargés de l’environnement et de l’agriculture assurent l’exécution du présent article.</span>« </li></ul>



<p><span class="has-inline-color has-black-color">L&rsquo;article 47 ouvre donc la voie à la création de &lsquo;sanctuaires pour cétacés captifs&rsquo; &#8230; un serpent de mer bien connu des cétologues. <strong>Un autre type d&rsquo;établissement où le public pourra voir des cétacés en captivité</strong>. Gageons que le premier &lsquo;sanctuaire&rsquo; ne tardera pas à voir le jour.</span></p>



<p>Si le texte reste plutôt vague ou laisse des voies d&rsquo;interprétation qui ne peuvent échapper à personne, il subsiste dans la loi une contradiction entre « <span style="color:#0024a3" class="has-inline-color">satisfaire les besoins biologiques, la santé et l’expression des comportements naturels des différentes espèces</span> » et « <span style="color:#0017a3" class="has-inline-color">Toute activité […] de reproduction d’animaux est interdite</span>« . La difficulté qui avait été introduite par les ajouts de dernière minute au texte de 2017 est restée.</p>



<p>Le texte ne stipule pas d&rsquo;interdiction de présentation des animaux au public, et proscrit juste les « spectacles »– donc en mode « zoo » et pas delphinarium – : mais où commence le spectacle, où finit la présentation ?</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><a href="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/08/dolphin-salvatori007-pixabay_1769681.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="960" height="720" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/08/dolphin-salvatori007-pixabay_1769681.jpg" alt="" class="wp-image-15120" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/08/dolphin-salvatori007-pixabay_1769681.jpg?v=1664131295 960w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/08/dolphin-salvatori007-pixabay_1769681-560x420.jpg?v=1664131295 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/08/dolphin-salvatori007-pixabay_1769681-533x400.jpg?v=1664131295 533w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/08/dolphin-salvatori007-pixabay_1769681-768x576.jpg?v=1664131295 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /></a><figcaption>Interaction manifeste entre un dauphin et un humain (photo Salvatori 007 Pixabay)</figcaption></figure></div>



<p>Les termes de « refuge » et « sanctuaire » : un refuge est en principe un lieu organisé pour accueillir des animaux captifs, ou ayant été captifs&#8230; Le refuge devrait donc être transitoire, le temps d&rsquo;échapper à un danger (pour sa santé notamment),&nbsp; rien ne le précise. <strong>On peut supposer que le « sanctuaire » va être une zone délimitée sur l&rsquo;espace maritime, à des fins de repos. Si le « sanctuaire » est délimité, ce n&rsquo;est qu&rsquo;un bassin de captivité naturel.</strong></p>



<p>On voit donc que bien loin de mettre fin à la détention de cétacés dans notre pays, le texte de loi du 30 novembre 2021 en organise les nouvelles modalités &#8230; charge aux &lsquo;Delphinariums 1.0&rsquo; d&rsquo;organiser leur métamorphose dans les 5 ans. <strong>Métamorphose qui a débuté sous nos yeux</strong>, avec toute la force que procurent des ressources financières importantes, un éclairage médiatique complaisant, et une volonté sans scrupule d&rsquo;investir tous les champs disponibles &#8230; quitte à ne pas respecter l&rsquo;activité de structures existantes.</p>



<p class="has-text-align-right">Alexandre, Odile, et cetaces.org</p>
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		<title>Orque égaré dans la Seine (mises à jour 1 à 4)</title>
		<link>https://www.cetaces.org/orque-egare-dans-la-seine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alex G.]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 May 2022 05:39:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Atlantique]]></category>
		<category><![CDATA[Autre actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Protection]]></category>
		<category><![CDATA[assistance]]></category>
		<category><![CDATA[Manche]]></category>
		<category><![CDATA[Orque]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un orque s'est profondément engagé dans la Seine depuis plus d'une semaine et a des difficultés pour trouver la sortie... ce fleuve étant bien connu pour ses méandres. La société civile et médiatique pose à nouveau la question de l'assistance à un cétacé en difficulté, à juste titre.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">La question de l&rsquo;assistance à cétacé en difficulté de plus en plus d&rsquo;actualité</h2>



<p><em><span class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">(voir les mises à jour <strong>importantes </strong>en fin d&rsquo;article)</span></em></p>



<p>Un orque s&rsquo;est profondément engagé dans la Seine depuis plus d&rsquo;une semaine et a des difficultés pour trouver la sortie&#8230; ce fleuve étant bien connu pour ses méandres. La société civile et médiatique pose à nouveau la question de l&rsquo;assistance à un cétacé en difficulté, à juste titre. Il y a en fait deux questions qui sous-tendent l&rsquo;action ou l&rsquo;inaction dans ce cas de figure : <em>Doit-on ?</em> et <em>Peut-on ?</em></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="770" height="710" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/05/Orque_2005-07-desincline.jpg?v=1653642407" alt="" class="wp-image-14671" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/05/Orque_2005-07-desincline.jpg?v=1653642407 770w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/05/Orque_2005-07-desincline-560x516.jpg?v=1653642407 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/05/Orque_2005-07-desincline-434x400.jpg?v=1653642407 434w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/05/Orque_2005-07-desincline-768x708.jpg?v=1653642407 768w" sizes="(max-width: 770px) 100vw, 770px" /><figcaption>Un orque, vu ici en Colombie britannique&#8230; et en pleine santé</figcaption></figure>



<p>Doit-on porter assistance à un cétacé en difficulté ? Il y a les partisans de la non-invasivité selon la philosophie partagée par une partie des naturalistes : &lsquo;la faune sauvage évolue au sein du milieu naturel, laissons la Nature faire son œuvre&rsquo;.<br>Notons que, si ce raisonnement a du sens d&rsquo;un point de vue évolutif, il peut malheureusement être détourné : le &lsquo;laisser-faire&rsquo; est assez pratique pour l’État, géant froid qui a l&rsquo;habitude de laisser mourir chaque année des milliers de cétacés dans les engins de pêche&#8230; (&#8230;mais qui dans un tel cas peut difficilement affirmer ouvertement son indifférence face à la pression médiatique et publique).</p>



<p>La doctrine de non-intervention, pour être totalement logique, nécessiterait donc d&rsquo;être sûrs que l&rsquo;humain n&rsquo;a pas initialement impacté le milieu naturel ou la faune, c&rsquo;est-à-dire qu&rsquo;il n&rsquo;a pas contribué à provoquer le problème qu&rsquo;il veut laisser la Nature résoudre. Pas facile !</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><a href="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Deux-Tursiops-Cannes-Adrien_3194b.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="496" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Deux-Tursiops-Cannes-Adrien_3194b.jpg?v=1643039660" alt="" class="wp-image-14346" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Deux-Tursiops-Cannes-Adrien_3194b.jpg?v=1643039660 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Deux-Tursiops-Cannes-Adrien_3194b-560x271.jpg?v=1643039660 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Deux-Tursiops-Cannes-Adrien_3194b-826x400.jpg?v=1643039660 826w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Deux-Tursiops-Cannes-Adrien_3194b-768x372.jpg?v=1643039660 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption>Grand dauphin en difficulté auquel le GREC a porté assistance cet hiver : assurer sa tranquillité en écartant quelques curieux indélicats peut déjà faire une différence</figcaption></figure></div>



<p><strong>A la question du &lsquo;doit-on&rsquo;</strong>, le Groupe de Recherche sur les Cétacés a depuis longtemps trouvé sa réponse : s&rsquo;il y a difficulté grave et qu&rsquo;une action humaine peut améliorer sensiblement les chances de survie d&rsquo;un animal non condamné, nous souhaitons porter assistance.<br>Si la responsabilité humaine est en plus clairement établie dans la difficulté du cétacé, alors la réponse coule de source.<br>La question des chances de survie est parfois délicate à évaluer : « sauver » un animal condamné en le poussant vers le large revient souvent simplement à l&#8217;emmener mourir ailleurs&#8230; on ne s&rsquo;en rend parfois compte qu&rsquo;après-coup&#8230; fallait-il alors ne rien tenter ? Pas facile non plus !<br>A plusieurs reprises, sur cinq espèces de cétacés, nous avons tâché d&rsquo;assister un animal en grande difficulté, souvent avec succès. Et ce, dès 1991, avec un Globicéphale capturé dans un filet !<br>Dans un cas, notre volonté a été infructueuse, le <em>Delphinus</em> très affaibli nécessitant des soins poussés que nous étions incapables de lui prodiguer au large. </p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><a href="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2017/02/Globicephale_piege-filet.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="430" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2017/02/Globicephale_piege-filet.jpg" alt="" class="wp-image-8231" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2017/02/Globicephale_piege-filet.jpg 800w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2017/02/Globicephale_piege-filet-768x413.jpg 768w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2017/02/Globicephale_piege-filet-525x282.jpg 525w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a><figcaption>Ce Globi serait absolument mort si nous n&rsquo;étions pas intervenus</figcaption></figure></div>



<p>Ensuite se pose la question du &lsquo;peut-on&rsquo; : a-t-on les moyens et le savoir-faire ? Deux remarques : d&rsquo;une part, celui qui a les moyens (l’État, encore lui) n&rsquo;a parfois pas le savoir-faire, et d&rsquo;autre part, ceux qui ont du savoir-faire (comme le GREC et quelques autres acteurs associatifs) ont peu de moyens. La question de l&rsquo;accès à la mer (ou au fleuve en l&rsquo;occurrence) est centrale, évidemment, mais avoir un bateau est loin d&rsquo;être suffisant : il faut des cétologues expérimentés qui après une phase d&rsquo;observation patiente vont pouvoir intervenir avec doigté en auscultant les moindres signes comportementaux du cétacé en difficulté. Et là, il n&rsquo;y a pas grand monde qui se presse au portillon&#8230; peut-être par peur du ridicule en cas d&rsquo;échec après la mise en œuvre de moyens importants ?<br>Les moyens mis en œuvre, pourtant, n&rsquo;ont pas nécessairement à être importants : certaines grandes opérations de sauvetage ont par le passé mobilisé des dizaines (centaines ?) de milliers de dollars, mais une aide plus modeste, par exemple avec une ou deux petites embarcations guidant vers la sortie un animal désorienté, est très peu stressante lorsque menée correctement et ne demande pas grand chose d&rsquo;autre que de la volonté et un peu d&rsquo;essence.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Grise-Mimosa_9496.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="733" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Grise-Mimosa_9496.jpg?v=1619860869" alt="" class="wp-image-13381" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Grise-Mimosa_9496.jpg?v=1619860869 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Grise-Mimosa_9496-560x401.jpg?v=1619860869 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Grise-Mimosa_9496-559x400.jpg?v=1619860869 559w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Grise-Mimosa_9496-768x550.jpg?v=1619860869 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption>Mai 2021 : Baleine grise mal engagée dans les hauts-fonds provençaux</figcaption></figure>



<p>Dans certains pays souvent confrontés à des situations très problématiques (USA, Australie, Nouvelle-Zélande), des équipes se sont constituées pour porter &lsquo;assistance à cétacé en danger&rsquo;, avec des financements en rapport avec les actions à entreprendre, en plus d&rsquo;une bonne volonté bien organisée (et bénéficiant de formations régulières). <strong>La question du &lsquo;doit-on&rsquo; ayant été tranchée, les problèmes du &lsquo;comment peut-on&rsquo; y sont résolus au cas par cas</strong>, avec des résultats variables et, &#8230; oui, certainement, &#8230; quelques petites prises de risque.</p>



<p>Il nous reste à souhaiter bonne chance à cet orque égaré dans la Seine, avec <strong>quand même une dernière question, importante</strong>, une de plus : quels événements ont conduit l&rsquo;orque en si mauvaise posture ? Un orque en pleine santé avait été vu début avril par un pêcheur au large du Calvados… s&rsquo;agissait-il du même individu que celui qui est en difficulté dans la Seine ? Y-a-t-il eu, à moment donné, l&rsquo;intervention de facteurs humains, comme par exemple des travaux bruyants qui auraient engendré des comportements inhabituels chez les cétacés, chez ces orques de passage ? On se souvient en effet qu&rsquo;en décembre 2019, la présence d&rsquo;un <a href="https://www.cetaces.org/protection/pollutions-sonores/pourquoi-les-sonars/histoires-dorques/">groupe d&rsquo;orques dans le port de Gênes avait coïncidé avec des exercices navals importants</a>. Mystère.</p>



<p><strong>Mise à jour 1 (28 mai) :</strong> <span class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">un communiqué de <a href="https://www.seine-maritime.gouv.fr/Publications/Salle-de-presse/Communiques-de-presse/2022/Mai-2022">presse de la préfecture de Seine Maritime</a> indique qu&rsquo;une opération d&rsquo;assistance basée sur des stimuli acoustiques est en cours.</span> <span class="has-inline-color has-vivid-cyan-blue-color"><strong>Bonne chance aux opérateurs, nous croisons les doigts pour que ça réussisse !</strong></span></p>



<p><strong>Mise à jour 2 (30 mai) :</strong> nous avons malheureusement appris l&rsquo;échec de l&rsquo;opération acoustique avant-hier. Alors que <strong>les autorités ont décidé hier d&rsquo;euthanasier l&rsquo;orque</strong>, arguant d&rsquo;un état de santé rapidement dégradé, l&rsquo;équipe de <span class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Sea Shepherd France</strong> a retrouvé ce matin le cadavre</span> de l&rsquo;animal flottant en aval sur la Seine. On espère <span class="has-inline-color has-vivid-cyan-blue-color">qu&rsquo;une autopsie poussée et indépendante sera pratiquée avant que le temps n&rsquo;efface</span> des indices possibles de la cause de la mort, afin qu&rsquo;au moins cette triste histoire puisse être « instructive » pour le plus grand monde.</p>



<p><strong>Mise à jour 3 (31 mai) :</strong> Coïncidence, corrélation ou causalité ? <strong>Un <a href="https://www.premar-manche.gouv.fr/communiques-presse/operation-de-contreminage-au-large-de-saint-valery-en-caux-76-par-le-chasseur-de-mines-tripartite-l-aigle">communiqué de presse de la Préfecture maritime</a></strong> indique qu&rsquo;un contreminage de forte puissance a eu lieu le 12 mai devant St-Valéry-en-Caux. Il est connu que <span class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">ces explosions occasionnent des <strong>ondes de pression extrêmement élevées</strong></span> (ainsi 10 marsouins ont été tués en août 2019 en Allemagne lors d&rsquo;une opération comparable) ; la forte explosion a eu lieu quelques jours avant que l&rsquo;Orque affaiblie ne commence à remonter la Seine de manière inexpliquée. <span class="has-inline-color has-vivid-cyan-blue-color">Le GREC espère que le rapport de l&rsquo;autopsie poussée sera diffusé en <strong>totale transparence</strong></span>, des indices d&rsquo;atteintes au système auditif pouvant notamment être découverts lors de l&rsquo;expertise.</p>



<p><strong>Mise à jour 4 (3 juin) :</strong> Les premières observations sur le cadavre ont révélé que l&rsquo;animal était une femelle&#8230; et que ça ne pouvait donc pas être le même individu que le mâle qui avait été observé près du Calvados en avril. Voilà déjà une incertitude levée&#8230; en attendant mieux !</p>



<p class="has-text-align-right">Alexandre et cetaces.org</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Dauphins : leurs sifflements sont &#8216;régionaux&#8217;</title>
		<link>https://www.cetaces.org/dauphins-leurs-sifflements-sont-regionaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alex G.]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Aug 2021 08:19:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Atlantique]]></category>
		<category><![CDATA[Autre actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Méditerranée]]></category>
		<category><![CDATA[acoustique]]></category>
		<category><![CDATA[protection]]></category>
		<category><![CDATA[recherche]]></category>
		<category><![CDATA[sifflements]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.cetaces.org/?p=13935</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les dauphins habitant à plusieurs milliers de kilomètres de distance communiquent grâce à des répertoires apparus séparément, même si c'est à partir de caractères physiologiques identiques. Les répertoires sont plus ou moins spécifiques aux différentes régions océaniques, de même que certains caractères génétiques divergent.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Les répertoires de sifflements révèlent l&rsquo;identité d&rsquo;une population</h2>



<p>On sait depuis longtemps que les sifflements des dauphins peuvent servir à identifier les différentes espèces avec un bon niveau de confiance : <a href="https://www.cetaces.org/fiches/grand-dauphin/">Grand dauphin</a>, <a href="https://www.cetaces.org/fiches/dauphin-bleu-et-blanc/">Dauphin bleu et blanc</a>, <a href="https://www.cetaces.org/fiches/dauphin-de-risso/">Dauphin de Risso</a> et <a href="https://www.cetaces.org/fiches/globicephale-noir/">Globicéphale</a> ont des répertoires de sifflements distincts sur le plan des fréquences et des durées, ou de leurs modulations. Ainsi, grossièrement, plus gros est le dauphin, moins aigus sont ses sifflements. Concernant des espèces de même taille, comme le Dauphin commun, le Dauphin bleu et blanc, <a href="https://www.cetaces.org/fiches/dauphin-tachete-atlantique/">le Dauphin tacheté</a>, &#8230;, la discrimination de l&rsquo;espèce est plus incertaine, et fait appel à un plus grand ensemble de paramètres.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1280" height="850" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2020/08/Grand-dauphin_9171.jpg?v=1596376942" alt="" class="wp-image-11487" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2020/08/Grand-dauphin_9171.jpg?v=1596376942 1280w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2020/08/Grand-dauphin_9171-560x372.jpg?v=1596376942 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2020/08/Grand-dauphin_9171-800x531.jpg?v=1596376942 800w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2020/08/Grand-dauphin_9171-768x510.jpg?v=1596376942 768w" sizes="(max-width: 1280px) 100vw, 1280px" /><figcaption>Plus gros que le Dauphin bleu et blanc, le Grand dauphin a tendance à émettre des sifflements moins aigus</figcaption></figure>



<p>Plus récemment, plusieurs études ont montré que les différences de répertoire pour une même espèce étaient importantes si les populations habitaient des régions éloignées, au point même d&#8217;empêcher l&rsquo;identification de l&rsquo;espèce si l&rsquo;on ne disposait pas de données sur son répertoire local. Logique : les dauphins habitant à plusieurs milliers de kilomètres de distance communiquent grâce à des répertoires apparus séparément, même si c&rsquo;est à partir de caractères physiologiques identiques. Les répertoires sont plus ou moins spécifiques aux différentes régions océaniques, de même que certains caractères génétiques divergent.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="685" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2020/05/Dauphin-bleu-et-blanc_08mai-5916.jpg?v=1589127992" alt="" class="wp-image-11318" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2020/05/Dauphin-bleu-et-blanc_08mai-5916.jpg?v=1589127992 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2020/05/Dauphin-bleu-et-blanc_08mai-5916-560x375.jpg?v=1589127992 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2020/05/Dauphin-bleu-et-blanc_08mai-5916-800x535.jpg?v=1589127992 800w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2020/05/Dauphin-bleu-et-blanc_08mai-5916-768x514.jpg?v=1589127992 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Le Dauphin bleu et blanc est présent dans les trois océans et en Méditerranée</figcaption></figure>



<p>Pour les humains, les différentes populations d&rsquo;une espèce constituent des &lsquo;unités de conservation&rsquo; qui doivent en principe être &lsquo;gérées&rsquo; séparément sur le plan de leur protection face aux agressions &#8230; humaines. Ainsi, la population nord-méditerranéenne de Dauphin bleu et blanc forme-t-elle évidemment une &lsquo;unité de conservation&rsquo; distincte de la population du golfe de Gascogne : même extrêmement mobiles, les dauphins ne parcourent pas les 3000 kilomètres de mer qui séparent ces régions, et s&rsquo;ils le font, c&rsquo;est rarement et en très petit nombre.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="513" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/08/Stenella_2021-5906-site.jpg?v=1628151353" alt="" class="wp-image-13936" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/08/Stenella_2021-5906-site.jpg?v=1628151353 800w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/08/Stenella_2021-5906-site-560x359.jpg?v=1628151353 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/08/Stenella_2021-5906-site-624x400.jpg?v=1628151353 624w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/08/Stenella_2021-5906-site-768x492.jpg?v=1628151353 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption>Ce Dauphin bleu et blanc de Gascogne a un répertoire différent de ses congénères provençaux !</figcaption></figure>



<p>Dans la réalité du monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, les études génétiques permettant la différenciation des populations sont rarement réalisées car elles coûtent cher ou ne sont pas jugées prioritaires par les financeurs, qui se focalisent sur des sujets &lsquo;pratiques&rsquo;, comme par exemple les captures accidentelles par pêche. Les études acoustiques permettent dans une certaine mesure de répondre aux questions sur les &lsquo;unités de population&rsquo;, c&rsquo;est ce que montrent une douzaine de scientifiques, dont l&rsquo;auteur de ces lignes, avec le leadership d&rsquo;Elena Papale, bioacousticienne spécialiste des cétacés.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="432" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/08/Papale-etal_-titre.jpg" alt="" class="wp-image-13937" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/08/Papale-etal_-titre.jpg 800w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/08/Papale-etal_-titre-560x302.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/08/Papale-etal_-titre-741x400.jpg 741w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/08/Papale-etal_-titre-768x415.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption>Une publication qui ouvre de nouvelles perspectives dans l&rsquo;étude des sifflements, et la protection des dauphins</figcaption></figure>



<p>Les auteurs ont analysé 2209 sifflements de trois espèces (Grand dauphin, Dauphin bleu et blanc, Dauphin commun), collectés dans différents bassins de l&rsquo;Atlantique Est et de la Méditerranée. L&rsquo;étude démontre que la région d&rsquo;origine des sifflements de chaque espèce peut être retrouvée avec une certitude variant entre 84 et 94%, y compris lorsque les régions appartiennent à un même bassin océanique. Les variables les plus utiles sont les fréquences de début et de fin de sifflement, les fréquences maximales et minimales, et la durée du sifflement.</p>



<p>L&rsquo;étude des répertoires de sifflements des dauphins peut ainsi donner des indications précieuses pour la protection de ces espèces.</p>



<p class="has-text-align-right">Alexandre et cetaces.org</p>



<p><em>Dolphin whistles can be useful tools in identifying units of conservation</em>. Papale et al., 2021. <a href="https://link.springer.com/epdf/10.1186/s40850-021-00085-7?sharing_token=YwfRZ_20Cz_IzFTy9uGcMW_BpE1tBhCbnbw3BuzI2RPtkQ3U3om0tY2nObmptCg7EGwrSMftFSobfPalUXD9j9SN0rxBq8s_nrTd4cHzqxWVXZ2oNogWtowWoYRV4dympPZjOPkyFrVOIurNznMG-tLuFEorjdYPTWtx85wqVxY%3D"><strong>En accès libre, ICI.</strong></a></p>
<p>L’article <a href="https://www.cetaces.org/dauphins-leurs-sifflements-sont-regionaux/">Dauphins : leurs sifflements sont &lsquo;régionaux&rsquo;</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.cetaces.org">Groupe de Recherche sur les Cétacés</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les plongées du dauphin Sténo &#8230; enfin révélées !</title>
		<link>https://www.cetaces.org/les-plongees-du-dauphin-steno-enfin-revelees/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alex G.]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 18 Apr 2021 17:13:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Autre actualité]]></category>
		<category><![CDATA[écologie]]></category>
		<category><![CDATA[plongée]]></category>
		<category><![CDATA[recherche]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.cetaces.org/?p=13317</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Dauphin à bec étroit est à bien des égards une espèce étonnante : la morphologie de sa tête, sa dentition (son nom anglais est 'dauphin à dents rugueuses') le distinguent déjà des autres delphinidés. Sa tête est dépourvue de melon proprement dit, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de sillon pour délimiter cette partie non osseuse du crâne qui sert à l'émission des sifflements et des clics.</p>
<p>L’article <a href="https://www.cetaces.org/les-plongees-du-dauphin-steno-enfin-revelees/">Les plongées du dauphin Sténo &#8230; enfin révélées !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.cetaces.org">Groupe de Recherche sur les Cétacés</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Dauphin à bec étroit : notre ignorance diminue</h2>



<p>Une étude toute récente de <strong>Shaff &amp; Baird</strong> (« Diel and lunar variation in diving behavior of rough-toothed dolphins (<em>Steno bredanensis</em>) off Kaua&rsquo;i, Hawai&rsquo;i ») vient lever le voile sur les habitudes d&rsquo;une espèce de dauphin assez commune dans les eaux chaudes et pourtant relativement méconnue, le Dauphin à bec étroit. Nous avons reçu cette publication avec plaisir parce que nous avons assez bien observé le Sténo dans plusieurs régions du monde (<a href="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2009/07/GannierWest05_dauphin-Steno1.pdf">Gannier &amp; West, 2005</a>), qu&rsquo;il nous a souvent captivés &#8230; tout en demeurant mystérieux. L&rsquo;étude de Shaff &amp; Baird détaille le cycle de plongée du Dauphin à bec étroit dans les eaux de Hawaii.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="667" height="382" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Schaff-Baird-MMS.jpg" alt="" class="wp-image-13318" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Schaff-Baird-MMS.jpg 667w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Schaff-Baird-MMS-560x321.jpg 560w" sizes="(max-width: 667px) 100vw, 667px" /><figcaption>.</figcaption></figure>



<p>Le Dauphin à bec étroit est à bien des égards une espèce étonnante : la morphologie de sa tête, sa dentition (son nom anglais est &lsquo;dauphin à dents rugueuses&rsquo;) le distinguent déjà des autres delphinidés. Sa tête est dépourvue de melon proprement dit, c&rsquo;est-à-dire qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de sillon pour délimiter cette partie non osseuse du crâne qui sert à l&rsquo;émission des sifflements et des clics. Cette particularité rend le Sténo facilement identifiable.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="546" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno99_tete1.jpg?v=1618766123" alt="" class="wp-image-13320" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno99_tete1.jpg?v=1618766123 800w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno99_tete1-560x382.jpg?v=1618766123 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno99_tete1-586x400.jpg?v=1618766123 586w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno99_tete1-768x524.jpg?v=1618766123 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption>Quoi, ma tête, qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;elle a ma tête ?</figcaption></figure>



<p>Ceux qui ont pu autopsier un Sténo, ou l&rsquo;observer de très près en captivité, ont remarqué immédiatement la seconde particularité de ce dauphin : au lieu d&rsquo;être pointues et lisses, <strong>ses dents sont rugueuses et coupantes</strong>. D&rsquo;ailleurs, <a href="https://www.cetaces.org/fiches/dauphin-a-bec-etroit/">le Sténo</a> est un ichtyophage préférentiel durant la journée: nous l&rsquo;avons observé découper un poisson assez gros, au large de Tahiti. Un caractère supplémentaire frappe l&rsquo;observateur qui détaille la tête du Dauphin à bec étroit : la dimension assez importante de ses yeux, qui suggère que l&rsquo;animal conserve une assez bonne vue dans les eaux profondes, là où elles sont claires, en milieu tropical oligotrophe.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="666" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno1998_grp002.jpg?v=1618766228" alt="" class="wp-image-13322" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno1998_grp002.jpg?v=1618766228 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno1998_grp002-560x364.jpg?v=1618766228 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno1998_grp002-615x400.jpg?v=1618766228 615w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno1998_grp002-768x500.jpg?v=1618766228 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Je vis en groupe de taille souvent modérée, dans les eaux chaudes</figcaption></figure>



<p>Plutôt petit par la taille (environ 2,50 m à l&rsquo;âge adulte), le Sténo fréquente les eaux tropicales et sub-tropicales (y compris la Méditerranée orientale, les Canaries et (un peu) les Açores). On le rencontre en général en petits groupes, d&rsquo;une dizaine d&rsquo;individus par exemple, comprenant souvent un ou deux juvéniles. D&rsquo;après ce qui est connu, la biologie de sa reproduction est assez classique pour un petit delphinidé, avec des maturités sexuelles survenant entre 6 et 10 ans. Mais beaucoup d&rsquo;inconnu subsiste sur cet aspect de la biologie comme sur les autres.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="831" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno99_grpbow.jpg?v=1618766774" alt="" class="wp-image-13331" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno99_grpbow.jpg?v=1618766774 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno99_grpbow-560x454.jpg?v=1618766774 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno99_grpbow-493x400.jpg?v=1618766774 493w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno99_grpbow-768x623.jpg?v=1618766774 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Les eaux cristallines de Tahiti permettent aux Sténos de nous observer autant qu&rsquo;on les observe !</figcaption></figure>



<p>Pour ce qui est des habitudes alimentaires, le Sténo a souvent été observé chassant des poissons en surface, petits ou gros, mais on ne savait pas ce qu&rsquo;il faisait la nuit &#8230; tout en soupçonnant qu&rsquo;il plongeait profond. Eh bien, le taggage de 9 individus a permis à Shaff et Baird de préciser cela : les dauphins plongent <strong>jusqu&rsquo;à 200 à 400 mètres</strong>. Les durées de ces apnées ont dépassé 3 minutes, pour atteindre<strong> 15 minutes</strong>. Profondeur et durées sont maximales au crépuscule. Durant la journée, les plongées des dauphins ne dépassent pas 30 mètres.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="493" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno00_tag.jpg?v=1618766885" alt="" class="wp-image-13333" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno00_tag.jpg?v=1618766885 800w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno00_tag-560x345.jpg?v=1618766885 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno00_tag-649x400.jpg?v=1618766885 649w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno00_tag-768x473.jpg?v=1618766885 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption>Lors d&rsquo;une tentative ancienne de tagger des Sténos en Polynésie française (thèse de Kristi West, 2002), les dauphins n&rsquo;acceptaient pas la présence de balises, trop grosses à l&rsquo;époque (année 2000)</figcaption></figure>



<p>Cet article indique donc un rythme de plongée bimodal avec des caractéristiques diurnes et nocturnes bien tranchées, les proies chassées le jour étant bien différentes de celles capturées la nuit (céphalopodes majoritaires ?). Shaff &amp; Baird interprètent les profondeurs maximales observées au crépuscule comme des plongées &lsquo;de reconnaissance&rsquo; destinées à renseigner le dauphin sur la migration verticale de la zone de concentration de proies.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="394" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno00_groupe3.jpg?v=1618767071" alt="" class="wp-image-13335" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno00_groupe3.jpg?v=1618767071 800w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno00_groupe3-560x276.jpg?v=1618767071 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno00_groupe3-768x378.jpg?v=1618767071 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption>Allure typique d&rsquo;un petit groupe de Sténos en déplacement &lsquo;en escadrille&rsquo;</figcaption></figure>



<p>Tout en n&rsquo;appartenant pas à la catégorie des plongeurs profonds, le dauphin Sténo fréquente usuellement les couches très obscures de l&rsquo;océan où, peut-être, ses grands yeux lui permettent de distinguer des proies en restant discret avec son biosonar. Bizarrement, les caractéristiques de son écholocalisation demeurent méconnues, bien que des auteurs aient relaté l&rsquo;utilisation du biosonar en sub-surface (Götz et al. 2006). En effet, le déplacement du groupe en ligne de front serrée est une autre caractéristique du Sténo, que l&rsquo;on peut observer sous toutes les longitudes. Ce voyage en pack fait soupçonner que les dauphins <strong>émettent leurs clics de manière parcimonieuse</strong>, une méthode &lsquo;un pour tous&rsquo;.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="725" height="473" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Carte-NOAA-2008.jpg" alt="" class="wp-image-13323" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Carte-NOAA-2008.jpg 725w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Carte-NOAA-2008-560x365.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Carte-NOAA-2008-613x400.jpg 613w" sizes="(max-width: 725px) 100vw, 725px" /><figcaption>Une espèce présente au grand large, mais jamais dominante (ici carte NOAA -National Oceanic and Atmospheric Administration- d&rsquo;une prospection de 2006)</figcaption></figure>



<p>Quelques études publiées récemment indiquent que le Sténo forme des groupes résidents autour des îles océaniques. Mais d&rsquo;autres populations vivent en plein large et ne sont sûrement pas fidèles à un site donné, au milieu de l&rsquo;infini: comme d&rsquo;autres espèces de dauphins, elles parcourent l&rsquo;océan à la recherche de masses d&rsquo;eau riches en proies. Wells et al. (2008) ont montré la très <strong>grande amplitude des déplacements du Sténo</strong>, grâce à des balises Argos disposées sur plusieurs dauphins qui avaient été réhabilités suite à un échouage en groupe, en Atlantique Ouest.</p>



<p>D&rsquo;autres aspects encore confèrent à l&rsquo;espèce une position à part parmi les petits delphinidés : le <strong>Sténo est qualifié de &lsquo;dauphin très intelligent&rsquo;</strong> capable d&rsquo;inventer spontanément de nouveaux comportements ou des jeux. Ainsi, le Dauphin à bec étroit est parfois observé en compagnie de Mégaptères, dans des séquences étonnantes d&rsquo;interaction : ce genre de &lsquo;spectacle&rsquo; laisse pantois.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="469" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno99ma_sm6.jpg?v=1618766460" alt="" class="wp-image-13326" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno99ma_sm6.jpg?v=1618766460 800w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno99ma_sm6-560x328.jpg?v=1618766460 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno99ma_sm6-682x400.jpg?v=1618766460 682w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno99ma_sm6-768x450.jpg?v=1618766460 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption>Un groupe de Sténo, mâles visiblement, observé dans la région des Marquises</figcaption></figure>



<p>De la même façon, un groupe de Sténo en pleine mer n&rsquo;est pas du tout intimidé par un voilier, cherchant parfois à prolonger une observation en suivant le bateau. Face à un humain dans l&rsquo;eau, un Sténo peut se montrer joueur, allant même jusqu&rsquo;à lui donner la réplique. Les petits delphinidés océaniques sont la plupart du temps beaucoup plus farouches en présence d&rsquo;un nageur.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="504" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Sb02moo_sm14.jpg?v=1618766557" alt="" class="wp-image-13328" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Sb02moo_sm14.jpg?v=1618766557 800w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Sb02moo_sm14-560x353.jpg?v=1618766557 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Sb02moo_sm14-635x400.jpg?v=1618766557 635w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Sb02moo_sm14-768x484.jpg?v=1618766557 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption>Bien présent en outremer, le Sténo demeure très peu étudié par les cétologues français &#8230; quel dommage !</figcaption></figure>



<p>Le Dauphin à bec étroit est très présent dans les eaux ultramarines sous souveraineté française &#8230; il serait simplement normal que des recherches importantes soient consacrées à la découverte des nombreux mystères qui subsistent sur cette espèce étonnante, et menacée comme bien d&rsquo;autres par l&#8217;emprise grandissante de l&rsquo;être humain sur les espaces marins. Mais dans le monde réel, la notion de normalité n&rsquo;aboutit pas à des politiques en faveur de la connaissance et de la protection de la faune marine : pas rentable.</p>



<p><strong>Copyright </strong>: Alexandre et cetaces.org</p>



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<p>Le Groupe de Recherche sur les Cétacés est <strong>une structure indépendante</strong>. <em>Vos <a href="https://www.helloasso.com/associations/groupe-de-recherche-sur-les-cetaces-grec/formulaires/1/widget"><strong>dons citoyens</strong></a> sont notre seul moyen de continuer nos <strong>travaux scientifiques objectifs</strong> indispensables à la protection des mammifères marins.</em></p>



<p>Références :</p>



<ul class="wp-block-list"><li>Gannier A. &amp; West K.L, 2005. Distribution of the rough-toothed dolphin (<em>Steno bredanensis</em>) around the Windwards Islands (French Polynesia). <em>Pacific Science</em> 59(1): 17-24.</li><li>Götz T., Verfuss U.K., Schnitzler H-U, 2006. ‘Eavesdropping’ in wild rough-toothed dolphins (<em>Steno bredanensis</em>) ? Biol. Lett.  2, 5–7.</li><li>Shaff J.F. &amp; Baird R.W., 2021. Diel and lunar variation in diving behavior of rough-toothed dolphins (<em>Steno bredanensis</em>) off Kaua&rsquo;i, Hawai&rsquo;i. MMS 2021 : 16pp.</li><li>Wells R.S., G.A. Early, J.G. Gannon, R.G. Lingenfelser, P. Sweeney, 2008. Tagging and tracking of rough-toothed dolphins (<em>Steno bredanensis</em>) from the March 2005 mass stranding in the Florida Keys. NOAA Technical Memorandum NMFS-SEFSC-574: 50pp.</li></ul>
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		<title>Saint-Tropez : une petite surprise, un Petit rorqual</title>
		<link>https://www.cetaces.org/saint-tropez-une-petite-surprise-un-petit-rorqual/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Adrien]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Feb 2021 20:44:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité GREC]]></category>
		<category><![CDATA[Autre actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Méditerranée]]></category>
		<category><![CDATA[échouages]]></category>
		<category><![CDATA[nécropsie]]></category>
		<category><![CDATA[Rorqual à museau pointu]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Trouvaille plutôt inhabituelle du côté de Saint-Tropez : un Rorqual à museau pointu a été découvert en fin de semaine dernière, dérivant à l’entrée du port...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Trouvaille plutôt inhabituelle du côté de Saint-Tropez&nbsp;: un Rorqual à museau pointu a été découvert en fin de semaine dernière, dérivant à l’entrée du port.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="660" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Ba_Ad_0979.jpg" alt="" class="wp-image-12954" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Ba_Ad_0979.jpg 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Ba_Ad_0979-560x361.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Ba_Ad_0979-621x400.jpg 621w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Ba_Ad_0979-768x495.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>19 février 2021, scène atypique dans le golfe de Saint-Tropez</figcaption></figure>



<p>Après une première prise en charge par la commune et P. Lacosse (Parc National de Port-Cros), décision a été prise par le Réseau National Échouages de procéder à un examen interne et des prélèvements complets, que nous sommes donc allés effectuer le lendemain en compagnie de F. Beau (Espaces Maritimes des communes du golfe de St-Tropez). C&rsquo;était la journée internationale de la Baleine, parait-il&#8230; nous aurions préféré quelque chose de plus gai pour l&rsquo;occasion !</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="691" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Ba_Ad_0994.jpg" alt="" class="wp-image-12955" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Ba_Ad_0994.jpg 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Ba_Ad_0994-560x378.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Ba_Ad_0994-593x400.jpg 593w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Ba_Ad_0994-768x518.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>La fameuse nageoire pectorale barrée de blanc, caractéristique de l&rsquo;espèce</figcaption></figure>



<p>Gaie ou pas, cette analyse plus poussée réalisée malgré un animal déjà assez putréfié se justifiait par la rareté de l’évènement&nbsp;: le <a href="https://www.cetaces.org/fiches/rorqual-a-museau-pointu/">Rorqual à museau pointu</a>, parfois appelé Petit rorqual ou Rorqual de Minke (ou <em>Balaenoptera acutorostrata</em> pour régler le problème), n’est pas commun en Méditerranée.<br>Des signalements ont certes lieu à peu près tous les ans (la dernière fois en avril 2020 chez nos amis italiens, avec -comme souvent- un individu âgé de quelques mois), mais le dernier échouage sur la façade française remontait à 2008.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="493" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Ba_Ad_1023.jpg" alt="" class="wp-image-12956" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Ba_Ad_1023.jpg 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Ba_Ad_1023-560x270.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Ba_Ad_1023-831x400.jpg 831w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Ba_Ad_1023-768x370.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Poumons, foie, estomacs, intestins&#8230; tout est là ! Mais plus en très bon état&#8230;</figcaption></figure>



<p>En l’absence de cause de décès évidente, nous avons au moins pu constater que l’estomac de l’animal était vide&nbsp;: cette femelle de 3 mètres (pour 2.5 mètres à la naissance, et 8 à 9 mètres à l’âge adulte) avait été séparée de sa mère avant d’avoir été sevrée.</p>



<p>Voilà qui nous laisse avec plus de questions que de réponses&nbsp;: avant de mourir et peut-être de dériver plusieurs jours, à quoi avaient ressemblé les quelques semaines de vie de cette jeune baleine&nbsp;?<br>En particulier, où les a-t-elle passées&nbsp;?<br>En Atlantique, avant une expédition (accompagnée, ou éventuellement déjà seule&nbsp;?) vers l’Est qui s’est mal finie&nbsp;?<br>Ou aurait-elle pu carrément naitre en Méditerranée&nbsp;? Peu probable, son grand cousin le <a href="https://www.cetaces.org/fiches/rorqual-commun/">rorqual commun</a> étant le seul mysticète à s’y reproduire… mais qui sait&nbsp;!<br>Peut-être saurons-nous, un jour…</p>



<p></p>



<p class="has-text-align-right">Adrien et cetaces.org</p>
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		<title>Dauphins : combien de temps tiennent-ils sous l&#8217;eau ?</title>
		<link>https://www.cetaces.org/dauphins-combien-de-temps-sous-l-eau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alex G.]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Feb 2021 17:35:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Autre actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Atlantique]]></category>
		<category><![CDATA[dauphins]]></category>
		<category><![CDATA[plongée]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La forte concentration des muscles en myoglobine est une des multiples adaptations physiologiques des mammifères marins : elle leur permet de longues plongées en apnée en stockant beaucoup d'oxygène. Chez les cétacés, la capacité de plongée est très variable, entre quelques minutes et plus de deux heures.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Une preuve par la couleur des muscles … ?</h2>



<p>La forte concentration des muscles en <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Myoglobine">myoglobine</a> est une des multiples adaptations physiologiques des mammifères marins : elle leur permet de longues plongées en apnée en stockant beaucoup d&rsquo;oxygène. Chez les cétacés, la capacité de plongée est très variable, entre quelques minutes et plus de deux heures. Cette aptitude à l&rsquo;apnée est reflétée par la teneur en myoglobine des muscles de chaque espèce ; donc, on peut en avoir une idée indirecte en analysant ces taux de myoglobine.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="263" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Dauphins_3-tetes.jpg" alt="" class="wp-image-12861" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Dauphins_3-tetes.jpg 800w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Dauphins_3-tetes-560x184.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Dauphins_3-tetes-768x252.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption>Trois espèces que connait bien le GREC &#8230; les reconnaissez-vous ?</figcaption></figure></div>



<p>Seulement, pour un même animal la teneur en myoglobine varie selon le muscle où l&rsquo;on fait le prélèvement, donc si l&rsquo;on veut comparer plusieurs espèces il faut effectuer des analyses sur plusieurs muscles identiques pour tous les spécimens.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1048" height="798" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Arregui2021_titre.jpg" alt="" class="wp-image-12860" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Arregui2021_titre.jpg 1048w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Arregui2021_titre-560x426.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Arregui2021_titre-525x400.jpg 525w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Arregui2021_titre-768x585.jpg 768w" sizes="(max-width: 1048px) 100vw, 1048px" /><figcaption>.</figcaption></figure></div>



<p>C&rsquo;est le travail qu&rsquo;ont réalisé les chercheurs autour de <strong>Marina Arregui</strong> pour trois espèces de dauphins et qui est publié dans la revue <strong>Animals </strong>(vol.11, 451, 2021). Plusieurs individus des espèces <em>Stenella coeruleoalba</em>, <em>Stenella frontalis</em> et <em>Delphinus delphis</em> (des dauphins qui s&rsquo;étaient échoués morts) ont vu leurs muscles échantillonnés et la myoglobine quantifiée.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="424" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2013/07/Dauphin-tachete_9331b.jpg" alt="" class="wp-image-5633" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2013/07/Dauphin-tachete_9331b.jpg 800w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2013/07/Dauphin-tachete_9331b-525x278.jpg 525w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption>Le Dauphin tacheté atlantique est-il le champion de la myoglobine ? Ou pas ?</figcaption></figure></div>



<p>Les résultats sont clairs, le <a href="https://www.cetaces.org/fiches/dauphin-bleu-et-blanc/">Dauphin bleu et blanc</a> (<em>S. coeruleoalba</em>) est l&rsquo;espèce qui a les muscles les plus concentrés en myoglobine (jusqu&rsquo;à 6% de la masse de certains muscles), suivi par le <a href="https://www.cetaces.org/fiches/dauphin-commun/">Dauphin commun</a> (<em>D. delphis</em>) et le <a href="https://www.cetaces.org/fiches/dauphin-tachete-atlantique/">Dauphin tacheté atlantique</a> (<em>S. frontalis</em>). Ce qui laisse supposer que le Dauphin bleu et blanc est l&rsquo;espèce qui plonge le plus longtemps, et potentiellement le plus profond.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="570" height="400" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Mbmuscles-570x400.png" alt="" class="wp-image-12880" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Mbmuscles-570x400.png 570w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Mbmuscles-560x393.png 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Mbmuscles-768x539.png 768w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Mbmuscles.png 787w" sizes="(max-width: 570px) 100vw, 570px" /><figcaption>Graphe montrant la teneur en myoglobine pour plusieurs muscles et les trois espèces (Arregui et al. 2021)</figcaption></figure>



<p>L&rsquo;autre résultat nouveau de cette étude est la mise en évidence d&rsquo;une concentration en myoglobine nettement plus forte dans les muscles locomoteurs, comparé aux autres muscles (pectoraux, &#8230;). La myoglobine se trouve donc bien concentrée dans les muscles les plus consommateurs d&rsquo;oxygène, ceux qui servent à nager.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="669" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2011/09/Dauphin-bleu-et-blanc_2011_mere.jpg" alt="Dauphin bleu et blanc: mère" class="wp-image-4153" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2011/09/Dauphin-bleu-et-blanc_2011_mere.jpg 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2011/09/Dauphin-bleu-et-blanc_2011_mere-525x342.jpg 525w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Bon &#8230; ben, y a plus qu&rsquo;à chronométrer 30 apnées pour chaque espèce &#8230; Facile, Bill !</figcaption></figure>



<p>D&rsquo;autres chercheurs, un jour, confirmeront peut-être ces résultats de laboratoire par des chronométrages d&rsquo;apnée effectués in situ sur des dauphins en mer.</p>



<p><span class="has-inline-color has-vivid-purple-color"><strong>Copyright </strong></span>: <em>Cétologie </em>@ www.cetaces.org</p>



<p><strong>Référence </strong>: Arregui M.; Singleton E.M.; Saavedra P.; Pabst D.A.; Moore M.J.; Sierra E.; Rivero M.A.; Câmara N.; Niemeyer M.; Fahlman A.; et al. 2021. Myoglobin concentration and oxygen stores in different functional muscle groups from three small cetacean species. <strong><a href="https://www.mdpi.com/2076-2615/11/2/451">Animals, 11, 451. https://doi.org/10.3390/ani11020451</a></strong></p>
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		<title>Dauphins captifs, refuge, sanctuaire, réintroduction… Va-t-on quelque part ?</title>
		<link>https://www.cetaces.org/dauphins-captifs-refuges-sanctuaires-reintroduction-va-t-on-quelque-part/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Adrien]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Feb 2021 18:05:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Autre actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Sanctuaire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.cetaces.org/?p=12277</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’Assemblée Nationale vient d’adopter en première lecture, ce vendredi 29 janvier, la proposition de loi relative à la lutte contre la maltraitance animale qui avait été médiatiquement annoncée par l’Exécutif en septembre dernier > Lire la suite</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>L’Assemblée Nationale vient d’adopter en première lecture, ce vendredi 29 janvier, la proposition de loi relative à la lutte contre la maltraitance animale, qui avait été médiatiquement <a href="https://www.ecologie.gouv.fr/annonces-barbara-pompili-en-faveur-du-bien-etre-faune-sauvage-captive" target="_blank" rel="noreferrer noopener">annoncée par l’Exécutif en septembre</a> dernier.<br>Évidemment, difficile d’être contre l’intitulé de cette proposition, quoique certains députés aient regretté sa superficialité ou son incohérence sur plusieurs thèmes.<br>Un point a retenu notre attention -c’était d’ailleurs le plus emblématique de la loi-, celui de la fin de la captivité des cétacés en France.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="460" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/proploi-800x460.png?v=1612288050" alt="" class="wp-image-12287" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/proploi-800x460.png?v=1612288050 800w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/proploi-560x322.png?v=1612288050 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/proploi-768x442.png?v=1612288050 768w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/proploi.png?v=1612288050 975w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure>



<p>Nous nous sommes donc penchés <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/textes/l15t0558_texte-adopte-provisoire.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">sur le texte</a> et sur les débats des parlementaires, mais au-delà de cette mesure phare nous n’y avons pas trouvé grand-chose « d’intellectuellement intéressant ».<br>De fait, pour citer Vincent Ledoux (corédacteur de la proposition)&nbsp;:</p>



<p>«&nbsp;<em><strong>Ce n’est pas la science qui doit prévaloir dans cet hémicycle, mais simplement notre propre conception des choses</strong></em>&nbsp;».</p>



<p>Voilà qui plante clairement le décor&nbsp;! Et voilà qui explique aussi pourquoi nous nous exprimons très rarement sur ce type de sujets où la science n’a que peu voix au chapitre entre les arguments trop passionnels et anthropomorphiques des uns et les arguments trop financiers et hypocrites des autres.<br>Une fois n’est pas coutume, voici donc une réflexion, un peu détaillée, sur ce sujet d’actualité.</p>



<p></p>



<p></p>



<h2 class="wp-block-heading">Fin de la captivité, d&rsquo;accord&#8230; mais que faire des animaux ?</h2>



<p>L’un des aspects qui nous avait un peu interpellé lors de la communication de Mme Pompili était la piste de la création «&nbsp;<strong><em>d’un refuge, d’un sanctuaire</em></strong>&nbsp;», «&nbsp;<strong><em>à la fois pour accueillir les animaux, mais aussi pour l’éducation ou la recherche</em></strong>&nbsp;». Cela alors qu’elle annonçait dans le même texte «&nbsp;<strong><em>la fin de la présence d’orques et de dauphins dans des delphinariums inadaptés à leurs besoins de mammifères marins</em></strong>&nbsp;» et que la France «&nbsp;<strong><em>n’autoriser</em>[ait]<em> donc plus l’ouverture de nouveaux delphinariums</em></strong>&nbsp;». On ne savait plus trop que penser, et nous avions hâte de découvrir ce qui était précisément dans la tête de l’Exécutif, puisqu’il semblait que quelque chose de précis soit en gestation, de manière plus ou moins assumée.</p>



<p>Surtout, nous nous demandions si l’annonce médiatisée de la fin de la captivité des cétacés (en France, cela concerne quatre orques et vingt-neuf (bientôt vingt-et-un en retranchant ceux du <em>Parc Astérix</em>) grands dauphins) était réelle, ou s’il ne s’agissait que d’un discours ambitieux suivi d’un simple déplacement du problème (ces dernières années, chacun sait malheureusement que la réalité du terrain en matière de nature et de faune est souvent aux antipodes d’un discours institutionnel débordant de verdure), et c’est pourquoi la proposition de loi nous intriguait.</p>



<p>La notion de sanctuaire, dans le cadre de la captivité, était avant cela seulement utilisée par certains organismes anti-delphinariums, probablement en traduction de l’anglais <em>sanctuary</em>. En français, un sanctuaire est un terme doté d’une connotation religieuse qui désigne le cœur le plus sacré d’un édifice ou d’en endroit, souvent une zone où toute intrusion est interdite afin de préserver la tranquillité de l’esprit à qui est dédié ledit sanctuaire (c’est à peu près le sens du mot lorsqu’il s’agit du <em><a href="https://www.sanctuaire-pelagos.org/fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Sanctuaire Pelagos</a></em>, par exemple). On ne voyait donc pas vraiment à quoi correspondait ce que ces organismes nommaient « sanctuaire », et eux-mêmes n’avaient pas l’air très décidés sur la question dans la mesure où selon les cas cette structure semblait correspondre à&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list"><li>un endroit où recueillir à long terme des cétacés captifs venant de delphinariums afin de leur permettre de finir leur vie dans un environnement plus proche de leur milieu naturel, sans spectacles&nbsp;; un genre de maison de retraite donc</li></ul>



<ul class="wp-block-list"><li>un endroit où accueillir temporairement des cétacés captifs venant de delphinariums, afin de les préparer à être relâchés dans leur milieu naturel (si possible&nbsp;! Les chances sont extrêmement maigres pour des animaux sans lien social avec l’extérieur, sans connaissance de l’environnement ni des techniques de prédation, en particulier pour des animaux nés en captivité, soit la majorité des <em>Tursiops</em> actuellement détenus en France)&nbsp;; c’est-à-dire un centre de réhabilitation</li></ul>



<ul class="wp-block-list"><li>un endroit où accueillir temporairement des cétacés sauvages échoués, si leur état le justifie, afin de leur administrer des soins avant de les relâcher dans leur milieu naturel&nbsp;; c’est donc ici d’un centre de soins dont nous parlons.</li></ul>



<p>Dans tous les cas, dans la mesure où ces structures contenaient des animaux captifs au contact d’humains leur prodiguant plus ou moins de soin, notons que l’appellation de sanctuaire parait assez inadaptée, et que l’appellation de refuge semble probablement plus exacte.</p>



<p>Reste que le but de la structure demeure assez peu clair&nbsp;; les trois objectifs énoncés sont tous louables, difficile de dire le contraire. Mais ne faut-il pas en choisir un, ou au mieux deux&nbsp;? Il parait en effet très peu probable qu’une structure puisse, dans un seul bassin ou enclos, mener à bien sur le long terme les trois missions de front. Les rares dauphins captifs présentant une chance d’être réintroduits dans leur milieu naturel pourraient-ils progresser correctement vers la réintroduction s’ils sont mis en compagnie d’animaux retraités destinés à finir leurs jours en refuge, au contact d’humains plusieurs fois par jour&nbsp;? Un dauphin bleu et blanc sauvage malade (peut-être contagieux&nbsp;?) ou blessé (par des <em>Tursiops</em> sauvages, pourquoi pas, ça n’est pas rare) serait-il dans les meilleures conditions de convalescence en compagnie de <em>Tursiops</em> retraités de delphinariums, aux comportements éventuellement atypiques ou agressifs (ne parlons même pas d’Orques)&nbsp;? Voilà qui est très peu probable, et il y avait donc grand besoin de remettre à plat ces notions et de définir clairement les buts recherchés.</p>



<p>L’annonce de Mme Pompili ajoutait une autre interrogation à ce cocktail, en mentionnant l’éducation ou la recherche&nbsp;: ces refuges pourraient-ils donc accueillir du public&nbsp;? Si oui, est-ce que cela se ferait à titre gratuit ou onéreux&nbsp;?<br>Ce qui nous amène naturellement à une autre zone d’ombre, celle du financement et de la gestion de ces refuges&nbsp;: centres publics ou structures privées&nbsp;? Avec quelle gouvernance et quelle gestion des éventuels conflits d’intérêt, par exemple en cas de dilemme sur la réintroduction d’un animal jugé apte à se réintégrer au milieu extérieur, mais dont la libération provoquerait la « mise en sommeil » d’un refuge désormais vide, accompagnée d’impacts sur les financements et sur les équipes de permanents&nbsp;?<br>…Et bien sûr, la suite logique de ces questionnements&nbsp;: va-t-on voir apparaitre, en Europe et en France, des structures privées présentant des dauphins captifs, faisant payer des entrées mais s’appelant avantageusement « Sanctuaire à dauphins secourus » au lieu de « delphinarium »&nbsp;? Nous espérons que non… mais on aimerait en être sûrs&nbsp;!</p>



<p></p>



<p></p>



<h2 class="wp-block-heading">Et chez nos voisins&nbsp;?</h2>



<p>Il n’y a pas qu’en France que les établissements refuges ont le vent en poupe&nbsp;: de nombreux projets sont en cours de développement à l’étranger, et quelques structures sont déjà opérationnelles. Il ne s’agit pas ici d’en dresser une liste exhaustive, mais nous pouvons en citer quelques-unes, des fois que ça puisse nous donner une idée de ce qui serait en gestation en France&nbsp;:</p>



<p>-Le <a href="https://www.dolphinproject.com/campaigns/indonesia-campaign/bali-sanctuary/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">refuge de <em>Umah Lumba</em>, en Indonésie</a>&nbsp;: les enclos, situés en mer, ne sont pas de très grande surface mais semblent en revanche profonds (difficile de savoir s’ils se prolongent jusqu’au plancher de la baie), avec un peu d’enrichissement apporté par la faune environnante. C’est une initiative privée, et la structure n’est apparemment pas visitable par le public. Trois <em>Tursiops</em> y sont en ce moment captifs, provenant de delphinariums. Le but visé actuellement parait celui de la « maison de retraite », mais une tentative de réhabilitation est prévue. Du personnel permanent s’occupe des dauphins «&nbsp;24 heures sur 24, 7 jours sur 7&nbsp;», nous indique le site web.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="506" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/umahlumba-800x506.png?v=1612284424" alt="" class="wp-image-12279" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/umahlumba-800x506.png?v=1612284424 800w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/umahlumba-560x354.png?v=1612284424 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/umahlumba-768x486.png?v=1612284424 768w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/umahlumba.png?v=1612284424 1104w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption>Le refuge de Umah Lumba (capture d&rsquo;écran site officiel)</figcaption></figure>



<p>-Le <a rel="noreferrer noopener" href="https://belugasanctuary.sealifetrust.org/en/" target="_blank"><em>Beluga Whale Sanctuary</em>, en Islande</a>&nbsp;: un large enclos situé dans une baie à proximité d’un port. Lorsqu’ils sont dans cet enclos, les animaux ont accès au plancher de la baie (une dizaine de mètres de profondeur), à la berge et aux divers enrichissements naturels.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="454" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/isl-800x454.png?v=1612285090" alt="" class="wp-image-12280" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/isl-800x454.png?v=1612285090 800w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/isl-560x318.png?v=1612285090 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/isl-768x436.png?v=1612285090 768w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/isl-1536x871.png?v=1612285090 1536w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/isl.png?v=1612285090 1890w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption>Vue aérienne du Beluga Whale Sanctuary (capture d&rsquo;écran vidéo officielle)</figcaption></figure>



<p>Des enclos plus petits sont utilisés pour les soins aux animaux. Deux bélougas sont actuellement détenus par ce refuge, qui émane d’une initiative privée. Le site internet propose, dès la page d’accueil, l’achat de billets pour visiter (et financer) la structure (des excursions en bateau, probablement en restant à l’extérieur de l’enclos, semblent prévues). Une communication importante avait été faite au moment du lancement du projet, et on parlait, en particulier sur des sites militants, de «&nbsp;réintroduction&nbsp;» et de «&nbsp;retour à la liberté&nbsp;». Néanmoins, d’après ce qui est consultable sur le site officiel, aucune réintroduction ne parait pour le moment prévue, et la structure est donc plutôt de type « maison de retraite ».</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="450" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/isl2-800x450.png?v=1612285360" alt="" class="wp-image-12281" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/isl2-800x450.png?v=1612285360 800w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/isl2-560x315.png?v=1612285360 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/isl2-768x432.png?v=1612285360 768w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/isl2-1536x864.png?v=1612285360 1536w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/isl2.png?v=1612285360 1920w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption>Un des enclos de soin (capture d&rsquo;écran vidéo officielle)</figcaption></figure>



<p>-Le <a rel="noreferrer noopener" href="https://aegeansanctuary.com/" target="_blank"><em>Aegean Marine Life Sanctuary</em>, en Grèce</a>&nbsp;: son ouverture devrait intervenir prochainement (le site de l’association <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.cestassez.fr/2021/01/le-parc-asterix-nous-informe-que-son.html" target="_blank"><em>C’est assez&nbsp;!</em> indique qu’un transfert des dauphins du <em>Parc Astérix</em> avait été convenu</a> pour ce printemps, mais les plans ont entre-temps changé, et ces animaux devraient finalement rejoindre d’autres delphinariums européens&nbsp;; si la présence des cétacés au milieu de trains fantômes ou de montagnes russes était un non-sens, on espère tout de même que les conditions de captivité des animaux ne se retrouveront pas dégradées dans l’opération…). C’est un grand enclos dans une longue baie méditerranéenne, dans laquelle les animaux auront accès au plancher (profondeur allant jusqu&rsquo;à une quarantaine de mètres) et à l’enrichissement naturel.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="600" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/lipsi-800x600.png?v=1612285610" alt="" class="wp-image-12282" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/lipsi-800x600.png?v=1612285610 800w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/lipsi-560x420.png?v=1612285610 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/lipsi-768x576.png?v=1612285610 768w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/lipsi.png?v=1612285610 1025w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption>L&#8217;emplacement du futur refuge, sur l&rsquo;île grecque de Lipsi (capture d&rsquo;écran site officiel)</figcaption></figure>



<p>Il provient d’une initiative privée, qui a apparemment prévu des soins quotidiens aux animaux, une ouverture aux visites du public avec un but d’éducation, et une favorisation de la recherche sur animaux captifs. Il est trop tôt pour savoir quel « type de refuge » ce sera en pratique&nbsp;: le but de « maison de retraite » est évident, mais une valence « réhabilitation » est également indiquée, et le site officiel expose enfin un objectif de « centre de soins » aux animaux échoués, sans que la cohabitation entre ces trois buts ne soit détaillée&nbsp;; nous les avons contactés pour en savoir davantage sur l’organisation prévue pour mener à bien de front les missions « maison de retraite » et « centre de soins » mais nous n’avons pas encore eu leur retour.</p>



<p>-Le refuge <a rel="noreferrer noopener" href="https://whalesanctuaryproject.org/" target="_blank"><em>Whale Sanctuary Project</em>, au Canada</a>&nbsp;: il doit ouvrir dans les prochaines années. Peu d’informations sont disponibles, mais ce sera une vaste baie fermée par un filet, qui serait destinée aux bélougas et orques provenant de delphinariums (type « maison de retraite » donc). L’initiative est privée, une éducation du public est prévue.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="551" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/novasc-800x551.png?v=1612287523" alt="" class="wp-image-12284" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/novasc-800x551.png?v=1612287523 800w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/novasc-560x386.png?v=1612287523 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/novasc-768x529.png?v=1612287523 768w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/novasc.png?v=1612287523 1052w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption>L&#8217;emplacement est choisi mais le chemin est encore long (capture d&rsquo;écran site officiel)</figcaption></figure>



<p>D’autres structures (Italie, Australie, …) sont en cours de gestation, à des stades moins avancés. Le dénominateur commun à tous ces établissements est évidemment l’objectif principal de « maison de retraite », et l’absence de spectacle. On note aussi le point commun de la gestion par des fondations et organismes privés. L’ouverture au public (gratuite ou payante) varie&nbsp;; le type d’enclos favorisé est celui de baie fermée par un filet, avec éventuellement des enclos plus petits pouvant permettre la manipulation des animaux. L’implication humaine au quotidien, et l’imprégnation, semblent élevées. Nous n’avons pas particulièrement trouvé d’informations sur l’éventuel contrôle de la reproduction.</p>



<p>Nous n’avons pas, à notre niveau, de moyens d’objectiver la qualité de la captivité dans ces établissements.<br>Il parait en tout cas assez évident, dans le cas de l’Islande et de la Grèce, que ces enclos plus grands, plus profonds, plus riches, avec davantage de possibilité de s’éloigner de l’interaction humaine, sont beaucoup plus adaptés à l’expression des comportements naturels des cétacés que ne le sont des bassins en béton peu étendus et peu profonds.<br>Confondre cela avec la «&nbsp;liberté&nbsp;» serait cependant abusif.</p>



<p>Les inconnues concernent prioritairement la santé des animaux dans ces environnements peu contrôlés, la présence éventuellement dérangeante du public (et la lucrativité de cette présence), et la façon qu’auront ces centres de gérer de front, avec une bonne efficacité, les trois principaux « buts » des refuges.<br>Les deux écueils principaux qui ressortent donc, en absence de cap commun ou de définition claire, sont le mal-être sanitaire des animaux, et la possible dérive vers des « delphinariums-bis »&nbsp;: les delphinariums en milieu naturel ou semi-naturel, cela existe déjà, y compris en France ultramarine&nbsp;; nous espérons que ce n’est pas ce qui se profile derrière les annonces de «&nbsp;fin de la captivité&nbsp;».</p>



<p></p>



<p></p>



<h2 class="wp-block-heading">Nous sommes certes au temps du Covid, mais le législateur doit-il pour autant avancer masqué&nbsp;?</h2>



<p>Nous attendions donc avec impatience l’examen de la proposition de loi à l’Assemblée Nationale, qui allait, peut-être, clarifier tout cela.<br>Eeeetttttt… non.</p>



<p>Enfin, quelques points sont tout de même clarifiés&nbsp;: la reproduction des cétacés captifs sera interdite (la volonté de ne pas voir s’accroitre la population de cétacés captifs primant ici sur les critères de bien-être de la faune captive), les spectacles devront à terme cesser (l’enrichissement de l’environnement et les stimulations passent ici au second plan derrière la volonté de mettre fin aux spectacles s’assimilant trop à l’exploitation, éventuellement avilissante, des animaux sous forme d’attraction), et les delphinariums actuels ne pourront plus acquérir de nouveaux cétacés captifs.</p>



<p>En revanche, pour ce qui est de ce qui nous préoccupe dans la présente réflexion, les refuges ou sanctuaires, on ne sait toujours pas trop de quoi il s’agira.</p>



<p>Le projet de loi adopté par l’Assemblée comprend les informations suivantes&nbsp;:</p>



<p>&#8211; Premièrement, les refuges/sanctuaires seront mentionnés dans la loi de manière générique comme des «&nbsp;<strong><em>établissements ayant pour finalité de prodiguer des soins aux animaux de la faune sauvage trouvés blessés ou affaiblis dans la nature ou dont les propriétaires ont souhaité se dessaisir ou y ont été contraints</em></strong>&nbsp;» ; la captivité des cétacés sera donc interdite dans les établissements autres que ceux-ci dans un délai de 7 ans (dauphins) ou de 2 à 10 ans (orques) après la promulgation de la loi.<br>Cette mention semble donc reprendre le côté « centre de soin » et le côté « maison de retraite ».</p>



<p>&#8211; On lit ensuite dans le dernier article du projet que les missions de ces établissements «&nbsp;<strong><em>viseraient à assurer si possible la réhabilitation, et, a minima, la réforme des cétacés </em>[&#8230;captifs…]<em>, et de recueillir les cétacés trouvés échoués ou blessés en vue de leur prodiguer des soins et de les réintroduire si possible, dans leur milieu naturel</em></strong>&nbsp;». L’idée de recherche scientifique est également présente.<br>On voit donc ici apparaitre la notion de réhabilitation des animaux provenant de delphinariums. La réintroduction des cétacés sauvages secourus est ici assortie d’une mention «&nbsp;si possible&nbsp;», sans autre précision. Rappelons que les centres de soin de faune sauvage terrestre ont, sauf dérogation, interdiction de conserver ou de soigner des animaux qui ne pourraient pas être relâchés dans le milieu naturel après guérison.</p>



<p>&#8211; Enfin, pour ce qui est véritablement de la définition des refuges ou sanctuaires, on apprend que… «&nbsp;<strong><em>Peuvent bénéficier de l’appellation “refuge” ou de l’appellation “sanctuaire” les établissements détenant des animaux d’espèces non domestiques qui remplissent les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de la protection de la nature</em></strong>&nbsp;».<br>On apprend qu’on ne sait toujours pas, donc.<br>Et que ces structures se verront définies par arrêté rédigé par l’Exécutif.</p>



<p>Lors de l’examen du projet en séance publique, plusieurs amendements ont été déposés soit demandant à ce que la définition de ces établissements se fasse par le pouvoir législatif, à l’Assemblée, soit proposant directement des définitions&nbsp;; ils ont été rejetés, en particulier par le gouvernement.<br>Un amendement déposé par la majorité proposant une définition de ces établissements a finalement été retiré car comportant une interdiction de reproduction explicite (qui, nous dit-on, aurait pu être néfaste dans le cas de structures détenant des espèces non-cétacés).<br>Les propositions visant à établir, comme principe de base aux futures définitions, que ces établissements devront se situer en mer ont également été rejetées…</p>



<p>On pourra seulement retenir qu’il semble que le terme «&nbsp;refuge&nbsp;» soit amené à être appliqué en cas de captivité temporaire avant libération, et que le terme «&nbsp;sanctuaire&nbsp;» corresponde aux cas de détention permanente… maigre information&nbsp;!</p>



<p>C’est donc une impression curieuse qui prédomine à ce sujet&nbsp;: on a le sentiment que le gouvernement ne veut pas donner de définition, ou pas tout de suite, ou pas au Parlement, mais rejette cependant les propositions qui lui sont faites, un peu comme si il avait en fait une idée déjà assez précise en tête qu’il ne voudrait pas rendre publique pour le moment.</p>



<p>Certains points évoqués à l’oral semblent corroborer cette impression diffuse&nbsp;: Mme Romeiro Dias, rapporteure issue de la majorité et rédactrice principale du projet de loi, évoque «&nbsp;<strong><em>un ou deux sanctuaires</em></strong>&nbsp;», précise que «&nbsp;<strong><em>des porteurs de projet se proposent</em></strong>&nbsp;», et que «&nbsp;<strong><em>les parcs zoologiques pourront bien entendu créer de tels sanctuaires, du moment que ceux-ci auront été définis de façon claire et précise</em></strong>&nbsp;».</p>



<p>Mme Abba, secrétaire d’état à la biodiversité, fréquemment interrogée par des députés sur la nature, la gestion ou le financement des structures, semble vouloir esquiver ces sujets et ne leur répond pas. Elle lâche tout de même que «&nbsp;<strong><em>les sanctuaires correspondent à un engagement très fort de la part de l’État. Ils font l’objet depuis plusieurs années d’un travail avec les professionnels</em></strong>&nbsp;», puis que «&nbsp;<strong><em>Vous imaginez bien que le Gouvernement ne prendrait pas la responsabilité de réaffirmer de tels engagements si des lieux pour accueillir ces animaux n’étaient pas prévus</em></strong>&nbsp;».</p>



<p>Voilà qui ne nous éclaire pas, mais qui maintient cette sensation curieuse que «&nbsp;On ne sait pas… mais en fait on sait&nbsp;».<br>Peut-être les sénateurs auront-ils plus de succès dans leur quête de réponses. Une chose est sûre, on espère que l’eau dans laquelle on rangera les cétacés captifs sera plus transparente que le gouvernement.</p>



<p>Ces dernières années, il semble que lorsque le gouvernement avance de manière floue, sans préciser son cap ou le justifier, c’est qu’il travaille avec quelqu’un qui a son oreille (pensons par exemple, en ce qui concerne la biodiversité marine, aux sujets de la pêche ou de l’éolien en mer). Peut-être est-ce le cas sur ce sujet.<br>Quoi qu’il en soit, il ne faudrait pas que le bien-être des animaux fasse <em>in fine</em> les frais de prestidigitations politiques.</p>



<p></p>



<p>Pour finir ce billet par un point consensuel, citons Mme Pompili qui nous confirmait ce dont nous sommes convaincus -tout comme probablement nos lecteurs-, c’est-à-dire que l’époque avait changé et qu’elle était à présent «&nbsp;<strong><em>celle d’un rapport nouveau à l’animal sauvage. Bien plus qu’une menace ou qu’une proie, il est désormais avant tout, et c’est ma conviction profonde, un être à préserver et à respecter dans son intégrité</em></strong>&nbsp;».<br>Voilà qui cette fois est clair, et nous sommes bien d’accord : tout le monde, ou presque, est d’accord là-dessus. Les 5 ou 10000 dauphins qu’on tue chaque année au large des côtes françaises sont même extrêmement d’accord.</p>



<p></p>



<p>Adrien et cetaces.org</p>



<p></p>



<p></p>



<p><strong>Note 1</strong>&nbsp;: La proposition de loi, adoptée par 79 voix contre 2 (et donc 496 « abstentions ») contient un article traitant des cétacés (les autres mammifères supérieurs détenus par les parcs zoologiques ne sont pas concernés), sur 15 au total&nbsp;; cet article a été l’un des plus débattus. Le reste de la proposition est relatif, entre autres, aux maltraitances sur animaux de compagnie, à leur identification électronique, à la zoophilie ou aux élevages de visons.</p>



<p><strong>Note 2</strong>&nbsp;: L’<a href="https://www.oie.int/fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">organisation mondiale de la santé animale</a> propose cinq critères pour définir le bien-être d’un animal en captivité&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list"><li>Absence de faim, de soif et de malnutrition,</li><li>Absence de peur et de détresse,</li><li>Absence de stress physique ou thermique,</li><li>Absence de douleur, de lésions et de maladie,</li><li>Possibilité pour l’animal d’exprimer les comportements normaux de son espèce.</li></ul>



<p></p>



<p><strong>Références :</strong></p>



<ul class="wp-block-list"><li>L&rsquo;<a rel="noreferrer noopener" href="https://www.ecologie.gouv.fr/annonces-barbara-pompili-en-faveur-du-bien-etre-faune-sauvage-captive" target="_blank">allocution de Mme Pompili</a>, septembre 2020</li><li>Le <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/dossiers/alt/maltraitance_animale" target="_blank">dossier législatif relatif à la lutte contre la maltraitance animale</a>, janvier 2021</li></ul>



<p>J’incite tous les lecteurs intéressés par le sujet, mais aussi tout citoyen tant les débats sont instructifs sur la façon avec laquelle nous sommes gouvernés, à aller retrouver le compte-rendu des débats tenus en séance publique. La proposition adoptée est <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/textes/l15t0558_texte-adopte-provisoire.pdf" target="_blank">ICI</a>, les comptes-rendus traitant de l&rsquo;article 12 sont <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.assemblee-nationale.fr/15/cri/2020-2021/20210142.asp" target="_blank">ICI</a> et <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.assemblee-nationale.fr/15/cri/2020-2021/20210143.asp" target="_blank">LA</a>, et la liste des amendements étudiés en séance publique est <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/amendements?dossier_legislatif=DLR5L15N41126&amp;examen=EXANR5L15PO717460BTC3791P0D1" target="_blank" rel="noreferrer noopener">ICI</a>.</p>
<p>L’article <a href="https://www.cetaces.org/dauphins-captifs-refuges-sanctuaires-reintroduction-va-t-on-quelque-part/">Dauphins captifs, refuge, sanctuaire, réintroduction… Va-t-on quelque part ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.cetaces.org">Groupe de Recherche sur les Cétacés</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Baleines : le nage-avec en question &#8230;</title>
		<link>https://www.cetaces.org/baleines-le-nage-avec-en-question/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alex G.]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Jan 2021 06:50:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Autre actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Mégaptère]]></category>
		<category><![CDATA[nage avec]]></category>
		<category><![CDATA[protection]]></category>
		<category><![CDATA[whale-watching]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.cetaces.org/?p=12191</guid>

					<description><![CDATA[<p>A La Réunion, deux études font le point Le &#8216;nage-avec&#8217; les cétacés est un loisir autorisé (puisque non interdit) en France métropolitaine comme dans les collectivités ultramarines : la modification récente de l&#8217;arrêté de protection des mammifères marins, entrée en vigueur le 1er janvier de cette année, stipule uniquement qu&#8217;il est interdit d&#8217;approcher les cétacés [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://www.cetaces.org/baleines-le-nage-avec-en-question/">Baleines : le nage-avec en question &#8230;</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.cetaces.org">Groupe de Recherche sur les Cétacés</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">A La Réunion, deux études font le point</h2>



<p>Le &lsquo;nage-avec&rsquo; les cétacés est un loisir autorisé (puisque non interdit) en France métropolitaine comme dans les collectivités ultramarines : la modification récente de l&rsquo;arrêté de protection des mammifères marins, entrée en vigueur le 1er janvier de cette année, stipule uniquement qu&rsquo;il est interdit d&rsquo;approcher les cétacés à moins de 100 mètres dans les aires marines protégées (sanctuaires, parcs nationaux et parc naturels marins).</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="429" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/01/Megaptere_whale-watch.jpg?v=1609918247" alt="" class="wp-image-12204" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/01/Megaptere_whale-watch.jpg?v=1609918247 800w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/01/Megaptere_whale-watch-560x300.jpg?v=1609918247 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/01/Megaptere_whale-watch-768x412.jpg?v=1609918247 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption>L&rsquo;interdiction d&rsquo;approcher à moins de 100 m n&rsquo;est pas une prescription réglementaire à La Réunion (<em>image d&rsquo;archives</em>)</figcaption></figure>



<p>Beaucoup de naturalistes auraient souhaité une interdiction pure et simple de cette activité de loisir au motif que les dérangements occasionnés aux cétacés sont souvent importants et nuisibles à la vitalité des populations. Les deux études qui viennent d&rsquo;être publiées dans le journal <em><a href="https://www.ingentaconnect.com/content/cog/tme">Tourism in Marine Environments</a></em> documentent les pratiques du whale-watching et du nage-avec telles qu&rsquo;elles s&rsquo;exercent sur les Mégaptères qui hivernent à La Réunion.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="475" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/01/Megaptere_nageur.jpg" alt="" class="wp-image-12205" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/01/Megaptere_nageur.jpg?v=1609918351 800w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/01/Megaptere_nageur-560x333.jpg?v=1609918351 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/01/Megaptere_nageur-768x456.jpg?v=1609918351 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption>Le nage-avec implique toujours une approche à moins de 100 m, et entraine beaucoup plus de dérangement que le simple whale-watching (<em>image d&rsquo;archives</em>)</figcaption></figure>



<p>Les résultats exposés dans les articles sont nombreux, et il faut donc se référer directement aux publications originales (disponibles gratuitement sur le site de la revue) pour se faire une idée des conditions et des conséquences du whale-watching et du nage-avec sur les baleines qui séjournent autour de cette île tropicale. On soulignera ici que le nage-avec provoque chez les Mégaptères des perturbations significatives dans 82% des cas observés, et des réactions d&rsquo;évasion dans près de 56% des cas.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="535" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/01/Megaptere_mere-porte-bebe.jpg?v=1609918494" alt="" class="wp-image-12206" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/01/Megaptere_mere-porte-bebe.jpg?v=1609918494 800w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/01/Megaptere_mere-porte-bebe-560x375.jpg?v=1609918494 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/01/Megaptere_mere-porte-bebe-768x514.jpg?v=1609918494 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption>Les cétologues savent détecter le dérangement, comme dans ce cas, où la mère maintient le baleineau à la surface (<em>image d&rsquo;archives</em>)</figcaption></figure>



<p>Une forte proportion des mises à l&rsquo;eau ayant lieu sur des femelles accompagnées de leur baleineau nouveau-né, une question se pose, quand même, à La Réunion : ne faudrait-il pas interdire le nage-avec au moins sur les couples mère-baleineau spécialement vulnérables au dérangement ? Pour conclure en prenant un peu de champ vis-à-vis de ces éléments factuels, trois réflexions viennent à l&rsquo;esprit :</p>



<ul class="wp-block-list"><li>dans un monde de plus en plus monétisé, quelle est la contrepartie obtenue par les baleines dans un commerce où elles sont les principaux produits ? Une &lsquo;protection&rsquo; un peu <em>spéciale</em>, peut-être ?</li><li>n&rsquo;a-t-on pas transformé ces havres tropicaux, vitaux pour la survie des populations, puisque les mères viennent spécialement pour y mettre bas, en <em>baleinariums </em>à ciel ouvert ?</li><li>la France, qui se pose en donneuse de leçons dans pas mal de domaines, y compris la préservation de la mer, procure-t-elle aux cétacés une protection à la hauteur de ses prétentions ?</li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="490" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2015/01/Megaptere-1986_mere-nou.jpg" alt="Une mère Mégaptère et son nourrisson" class="wp-image-6279" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2015/01/Megaptere-1986_mere-nou.jpg 800w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2015/01/Megaptere-1986_mere-nou-525x321.jpg 525w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption>Euh&#8230; bonjour, je cherche un endroit tranquille pour élever mon bébé&#8230; vous n&rsquo;auriez pas une adresse ?</figcaption></figure></div>



<p>Alexandre et cetaces.org</p>



<p>Références : </p>



<p><strong>Social media reveal high rates of agonistic behaviors of humpback whales in response to swim-with activities off reunion island</strong>. T. Barra, L. Bejder, M Dalleau, S. Delaspre, A.-E. Landes, M. Harvey &amp; L. Hoarau. <em>Tourism in Marine Environments</em> 15 (3-4): 191-209.</p>



<p><strong>Assessing and mitigating humpback whale (<em>Megaptera novaeangliae</em>) disturbance of whale watching activities in Réunion Island</strong>. L. Hoarau, M. Dalleau, S. Delaspre,T. Barra &amp; A.-E. Landes. <em>Tourism in Marine Environments</em> 15 (3-4): 173-189.</p>
<p>L’article <a href="https://www.cetaces.org/baleines-le-nage-avec-en-question/">Baleines : le nage-avec en question &#8230;</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.cetaces.org">Groupe de Recherche sur les Cétacés</a>.</p>
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