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	<title>Archives des plongée - Groupe de Recherche sur les Cétacés</title>
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	<description>Site d&#039;information cétologique tenu par le Groupe de Recherche sur les Cétacés</description>
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	<title>Archives des plongée - Groupe de Recherche sur les Cétacés</title>
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	<item>
		<title>Les plongées du dauphin Sténo &#8230; enfin révélées !</title>
		<link>https://www.cetaces.org/les-plongees-du-dauphin-steno-enfin-revelees/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alex G.]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 18 Apr 2021 17:13:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Autre actualité]]></category>
		<category><![CDATA[écologie]]></category>
		<category><![CDATA[plongée]]></category>
		<category><![CDATA[recherche]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Dauphin à bec étroit est à bien des égards une espèce étonnante : la morphologie de sa tête, sa dentition (son nom anglais est 'dauphin à dents rugueuses') le distinguent déjà des autres delphinidés. Sa tête est dépourvue de melon proprement dit, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de sillon pour délimiter cette partie non osseuse du crâne qui sert à l'émission des sifflements et des clics.</p>
<p>L’article <a href="https://www.cetaces.org/les-plongees-du-dauphin-steno-enfin-revelees/">Les plongées du dauphin Sténo &#8230; enfin révélées !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.cetaces.org">Groupe de Recherche sur les Cétacés</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Dauphin à bec étroit : notre ignorance diminue</h2>



<p>Une étude toute récente de <strong>Shaff &amp; Baird</strong> (« Diel and lunar variation in diving behavior of rough-toothed dolphins (<em>Steno bredanensis</em>) off Kaua&rsquo;i, Hawai&rsquo;i ») vient lever le voile sur les habitudes d&rsquo;une espèce de dauphin assez commune dans les eaux chaudes et pourtant relativement méconnue, le Dauphin à bec étroit. Nous avons reçu cette publication avec plaisir parce que nous avons assez bien observé le Sténo dans plusieurs régions du monde (<a href="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2009/07/GannierWest05_dauphin-Steno1.pdf">Gannier &amp; West, 2005</a>), qu&rsquo;il nous a souvent captivés &#8230; tout en demeurant mystérieux. L&rsquo;étude de Shaff &amp; Baird détaille le cycle de plongée du Dauphin à bec étroit dans les eaux de Hawaii.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="667" height="382" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Schaff-Baird-MMS.jpg" alt="" class="wp-image-13318" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Schaff-Baird-MMS.jpg 667w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Schaff-Baird-MMS-560x321.jpg 560w" sizes="(max-width: 667px) 100vw, 667px" /><figcaption>.</figcaption></figure>



<p>Le Dauphin à bec étroit est à bien des égards une espèce étonnante : la morphologie de sa tête, sa dentition (son nom anglais est &lsquo;dauphin à dents rugueuses&rsquo;) le distinguent déjà des autres delphinidés. Sa tête est dépourvue de melon proprement dit, c&rsquo;est-à-dire qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de sillon pour délimiter cette partie non osseuse du crâne qui sert à l&rsquo;émission des sifflements et des clics. Cette particularité rend le Sténo facilement identifiable.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="800" height="546" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno99_tete1.jpg?v=1618766123" alt="" class="wp-image-13320" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno99_tete1.jpg?v=1618766123 800w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno99_tete1-560x382.jpg?v=1618766123 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno99_tete1-586x400.jpg?v=1618766123 586w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno99_tete1-768x524.jpg?v=1618766123 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption>Quoi, ma tête, qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;elle a ma tête ?</figcaption></figure>



<p>Ceux qui ont pu autopsier un Sténo, ou l&rsquo;observer de très près en captivité, ont remarqué immédiatement la seconde particularité de ce dauphin : au lieu d&rsquo;être pointues et lisses, <strong>ses dents sont rugueuses et coupantes</strong>. D&rsquo;ailleurs, <a href="https://www.cetaces.org/fiches/dauphin-a-bec-etroit/">le Sténo</a> est un ichtyophage préférentiel durant la journée: nous l&rsquo;avons observé découper un poisson assez gros, au large de Tahiti. Un caractère supplémentaire frappe l&rsquo;observateur qui détaille la tête du Dauphin à bec étroit : la dimension assez importante de ses yeux, qui suggère que l&rsquo;animal conserve une assez bonne vue dans les eaux profondes, là où elles sont claires, en milieu tropical oligotrophe.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1024" height="666" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno1998_grp002.jpg?v=1618766228" alt="" class="wp-image-13322" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno1998_grp002.jpg?v=1618766228 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno1998_grp002-560x364.jpg?v=1618766228 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno1998_grp002-615x400.jpg?v=1618766228 615w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno1998_grp002-768x500.jpg?v=1618766228 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Je vis en groupe de taille souvent modérée, dans les eaux chaudes</figcaption></figure>



<p>Plutôt petit par la taille (environ 2,50 m à l&rsquo;âge adulte), le Sténo fréquente les eaux tropicales et sub-tropicales (y compris la Méditerranée orientale, les Canaries et (un peu) les Açores). On le rencontre en général en petits groupes, d&rsquo;une dizaine d&rsquo;individus par exemple, comprenant souvent un ou deux juvéniles. D&rsquo;après ce qui est connu, la biologie de sa reproduction est assez classique pour un petit delphinidé, avec des maturités sexuelles survenant entre 6 et 10 ans. Mais beaucoup d&rsquo;inconnu subsiste sur cet aspect de la biologie comme sur les autres.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="831" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno99_grpbow.jpg?v=1618766774" alt="" class="wp-image-13331" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno99_grpbow.jpg?v=1618766774 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno99_grpbow-560x454.jpg?v=1618766774 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno99_grpbow-493x400.jpg?v=1618766774 493w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno99_grpbow-768x623.jpg?v=1618766774 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Les eaux cristallines de Tahiti permettent aux Sténos de nous observer autant qu&rsquo;on les observe !</figcaption></figure>



<p>Pour ce qui est des habitudes alimentaires, le Sténo a souvent été observé chassant des poissons en surface, petits ou gros, mais on ne savait pas ce qu&rsquo;il faisait la nuit &#8230; tout en soupçonnant qu&rsquo;il plongeait profond. Eh bien, le taggage de 9 individus a permis à Shaff et Baird de préciser cela : les dauphins plongent <strong>jusqu&rsquo;à 200 à 400 mètres</strong>. Les durées de ces apnées ont dépassé 3 minutes, pour atteindre<strong> 15 minutes</strong>. Profondeur et durées sont maximales au crépuscule. Durant la journée, les plongées des dauphins ne dépassent pas 30 mètres.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="493" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno00_tag.jpg?v=1618766885" alt="" class="wp-image-13333" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno00_tag.jpg?v=1618766885 800w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno00_tag-560x345.jpg?v=1618766885 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno00_tag-649x400.jpg?v=1618766885 649w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno00_tag-768x473.jpg?v=1618766885 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption>Lors d&rsquo;une tentative ancienne de tagger des Sténos en Polynésie française (thèse de Kristi West, 2002), les dauphins n&rsquo;acceptaient pas la présence de balises, trop grosses à l&rsquo;époque (année 2000)</figcaption></figure>



<p>Cet article indique donc un rythme de plongée bimodal avec des caractéristiques diurnes et nocturnes bien tranchées, les proies chassées le jour étant bien différentes de celles capturées la nuit (céphalopodes majoritaires ?). Shaff &amp; Baird interprètent les profondeurs maximales observées au crépuscule comme des plongées &lsquo;de reconnaissance&rsquo; destinées à renseigner le dauphin sur la migration verticale de la zone de concentration de proies.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="394" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno00_groupe3.jpg?v=1618767071" alt="" class="wp-image-13335" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno00_groupe3.jpg?v=1618767071 800w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno00_groupe3-560x276.jpg?v=1618767071 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno00_groupe3-768x378.jpg?v=1618767071 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption>Allure typique d&rsquo;un petit groupe de Sténos en déplacement &lsquo;en escadrille&rsquo;</figcaption></figure>



<p>Tout en n&rsquo;appartenant pas à la catégorie des plongeurs profonds, le dauphin Sténo fréquente usuellement les couches très obscures de l&rsquo;océan où, peut-être, ses grands yeux lui permettent de distinguer des proies en restant discret avec son biosonar. Bizarrement, les caractéristiques de son écholocalisation demeurent méconnues, bien que des auteurs aient relaté l&rsquo;utilisation du biosonar en sub-surface (Götz et al. 2006). En effet, le déplacement du groupe en ligne de front serrée est une autre caractéristique du Sténo, que l&rsquo;on peut observer sous toutes les longitudes. Ce voyage en pack fait soupçonner que les dauphins <strong>émettent leurs clics de manière parcimonieuse</strong>, une méthode &lsquo;un pour tous&rsquo;.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="725" height="473" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Carte-NOAA-2008.jpg" alt="" class="wp-image-13323" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Carte-NOAA-2008.jpg 725w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Carte-NOAA-2008-560x365.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Carte-NOAA-2008-613x400.jpg 613w" sizes="(max-width: 725px) 100vw, 725px" /><figcaption>Une espèce présente au grand large, mais jamais dominante (ici carte NOAA -National Oceanic and Atmospheric Administration- d&rsquo;une prospection de 2006)</figcaption></figure>



<p>Quelques études publiées récemment indiquent que le Sténo forme des groupes résidents autour des îles océaniques. Mais d&rsquo;autres populations vivent en plein large et ne sont sûrement pas fidèles à un site donné, au milieu de l&rsquo;infini: comme d&rsquo;autres espèces de dauphins, elles parcourent l&rsquo;océan à la recherche de masses d&rsquo;eau riches en proies. Wells et al. (2008) ont montré la très <strong>grande amplitude des déplacements du Sténo</strong>, grâce à des balises Argos disposées sur plusieurs dauphins qui avaient été réhabilités suite à un échouage en groupe, en Atlantique Ouest.</p>



<p>D&rsquo;autres aspects encore confèrent à l&rsquo;espèce une position à part parmi les petits delphinidés : le <strong>Sténo est qualifié de &lsquo;dauphin très intelligent&rsquo;</strong> capable d&rsquo;inventer spontanément de nouveaux comportements ou des jeux. Ainsi, le Dauphin à bec étroit est parfois observé en compagnie de Mégaptères, dans des séquences étonnantes d&rsquo;interaction : ce genre de &lsquo;spectacle&rsquo; laisse pantois.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="469" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno99ma_sm6.jpg?v=1618766460" alt="" class="wp-image-13326" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno99ma_sm6.jpg?v=1618766460 800w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno99ma_sm6-560x328.jpg?v=1618766460 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno99ma_sm6-682x400.jpg?v=1618766460 682w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Steno99ma_sm6-768x450.jpg?v=1618766460 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption>Un groupe de Sténo, mâles visiblement, observé dans la région des Marquises</figcaption></figure>



<p>De la même façon, un groupe de Sténo en pleine mer n&rsquo;est pas du tout intimidé par un voilier, cherchant parfois à prolonger une observation en suivant le bateau. Face à un humain dans l&rsquo;eau, un Sténo peut se montrer joueur, allant même jusqu&rsquo;à lui donner la réplique. Les petits delphinidés océaniques sont la plupart du temps beaucoup plus farouches en présence d&rsquo;un nageur.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="504" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Sb02moo_sm14.jpg?v=1618766557" alt="" class="wp-image-13328" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Sb02moo_sm14.jpg?v=1618766557 800w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Sb02moo_sm14-560x353.jpg?v=1618766557 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Sb02moo_sm14-635x400.jpg?v=1618766557 635w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Sb02moo_sm14-768x484.jpg?v=1618766557 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption>Bien présent en outremer, le Sténo demeure très peu étudié par les cétologues français &#8230; quel dommage !</figcaption></figure>



<p>Le Dauphin à bec étroit est très présent dans les eaux ultramarines sous souveraineté française &#8230; il serait simplement normal que des recherches importantes soient consacrées à la découverte des nombreux mystères qui subsistent sur cette espèce étonnante, et menacée comme bien d&rsquo;autres par l&#8217;emprise grandissante de l&rsquo;être humain sur les espaces marins. Mais dans le monde réel, la notion de normalité n&rsquo;aboutit pas à des politiques en faveur de la connaissance et de la protection de la faune marine : pas rentable.</p>



<p><strong>Copyright </strong>: Alexandre et cetaces.org</p>



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<p>Références :</p>



<ul class="wp-block-list"><li>Gannier A. &amp; West K.L, 2005. Distribution of the rough-toothed dolphin (<em>Steno bredanensis</em>) around the Windwards Islands (French Polynesia). <em>Pacific Science</em> 59(1): 17-24.</li><li>Götz T., Verfuss U.K., Schnitzler H-U, 2006. ‘Eavesdropping’ in wild rough-toothed dolphins (<em>Steno bredanensis</em>) ? Biol. Lett.  2, 5–7.</li><li>Shaff J.F. &amp; Baird R.W., 2021. Diel and lunar variation in diving behavior of rough-toothed dolphins (<em>Steno bredanensis</em>) off Kaua&rsquo;i, Hawai&rsquo;i. MMS 2021 : 16pp.</li><li>Wells R.S., G.A. Early, J.G. Gannon, R.G. Lingenfelser, P. Sweeney, 2008. Tagging and tracking of rough-toothed dolphins (<em>Steno bredanensis</em>) from the March 2005 mass stranding in the Florida Keys. NOAA Technical Memorandum NMFS-SEFSC-574: 50pp.</li></ul>
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			</item>
		<item>
		<title>Dauphins : combien de temps tiennent-ils sous l&#8217;eau ?</title>
		<link>https://www.cetaces.org/dauphins-combien-de-temps-sous-l-eau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alex G.]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Feb 2021 17:35:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Autre actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Atlantique]]></category>
		<category><![CDATA[dauphins]]></category>
		<category><![CDATA[plongée]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La forte concentration des muscles en myoglobine est une des multiples adaptations physiologiques des mammifères marins : elle leur permet de longues plongées en apnée en stockant beaucoup d'oxygène. Chez les cétacés, la capacité de plongée est très variable, entre quelques minutes et plus de deux heures.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Une preuve par la couleur des muscles … ?</h2>



<p>La forte concentration des muscles en <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Myoglobine">myoglobine</a> est une des multiples adaptations physiologiques des mammifères marins : elle leur permet de longues plongées en apnée en stockant beaucoup d&rsquo;oxygène. Chez les cétacés, la capacité de plongée est très variable, entre quelques minutes et plus de deux heures. Cette aptitude à l&rsquo;apnée est reflétée par la teneur en myoglobine des muscles de chaque espèce ; donc, on peut en avoir une idée indirecte en analysant ces taux de myoglobine.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="263" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Dauphins_3-tetes.jpg" alt="" class="wp-image-12861" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Dauphins_3-tetes.jpg 800w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Dauphins_3-tetes-560x184.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Dauphins_3-tetes-768x252.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption>Trois espèces que connait bien le GREC &#8230; les reconnaissez-vous ?</figcaption></figure></div>



<p>Seulement, pour un même animal la teneur en myoglobine varie selon le muscle où l&rsquo;on fait le prélèvement, donc si l&rsquo;on veut comparer plusieurs espèces il faut effectuer des analyses sur plusieurs muscles identiques pour tous les spécimens.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1048" height="798" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Arregui2021_titre.jpg" alt="" class="wp-image-12860" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Arregui2021_titre.jpg 1048w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Arregui2021_titre-560x426.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Arregui2021_titre-525x400.jpg 525w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Arregui2021_titre-768x585.jpg 768w" sizes="(max-width: 1048px) 100vw, 1048px" /><figcaption>.</figcaption></figure></div>



<p>C&rsquo;est le travail qu&rsquo;ont réalisé les chercheurs autour de <strong>Marina Arregui</strong> pour trois espèces de dauphins et qui est publié dans la revue <strong>Animals </strong>(vol.11, 451, 2021). Plusieurs individus des espèces <em>Stenella coeruleoalba</em>, <em>Stenella frontalis</em> et <em>Delphinus delphis</em> (des dauphins qui s&rsquo;étaient échoués morts) ont vu leurs muscles échantillonnés et la myoglobine quantifiée.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="424" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2013/07/Dauphin-tachete_9331b.jpg" alt="" class="wp-image-5633" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2013/07/Dauphin-tachete_9331b.jpg 800w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2013/07/Dauphin-tachete_9331b-525x278.jpg 525w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption>Le Dauphin tacheté atlantique est-il le champion de la myoglobine ? Ou pas ?</figcaption></figure></div>



<p>Les résultats sont clairs, le <a href="https://www.cetaces.org/fiches/dauphin-bleu-et-blanc/">Dauphin bleu et blanc</a> (<em>S. coeruleoalba</em>) est l&rsquo;espèce qui a les muscles les plus concentrés en myoglobine (jusqu&rsquo;à 6% de la masse de certains muscles), suivi par le <a href="https://www.cetaces.org/fiches/dauphin-commun/">Dauphin commun</a> (<em>D. delphis</em>) et le <a href="https://www.cetaces.org/fiches/dauphin-tachete-atlantique/">Dauphin tacheté atlantique</a> (<em>S. frontalis</em>). Ce qui laisse supposer que le Dauphin bleu et blanc est l&rsquo;espèce qui plonge le plus longtemps, et potentiellement le plus profond.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="570" height="400" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Mbmuscles-570x400.png" alt="" class="wp-image-12880" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Mbmuscles-570x400.png 570w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Mbmuscles-560x393.png 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Mbmuscles-768x539.png 768w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Mbmuscles.png 787w" sizes="(max-width: 570px) 100vw, 570px" /><figcaption>Graphe montrant la teneur en myoglobine pour plusieurs muscles et les trois espèces (Arregui et al. 2021)</figcaption></figure>



<p>L&rsquo;autre résultat nouveau de cette étude est la mise en évidence d&rsquo;une concentration en myoglobine nettement plus forte dans les muscles locomoteurs, comparé aux autres muscles (pectoraux, &#8230;). La myoglobine se trouve donc bien concentrée dans les muscles les plus consommateurs d&rsquo;oxygène, ceux qui servent à nager.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="669" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2011/09/Dauphin-bleu-et-blanc_2011_mere.jpg" alt="Dauphin bleu et blanc: mère" class="wp-image-4153" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2011/09/Dauphin-bleu-et-blanc_2011_mere.jpg 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2011/09/Dauphin-bleu-et-blanc_2011_mere-525x342.jpg 525w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Bon &#8230; ben, y a plus qu&rsquo;à chronométrer 30 apnées pour chaque espèce &#8230; Facile, Bill !</figcaption></figure>



<p>D&rsquo;autres chercheurs, un jour, confirmeront peut-être ces résultats de laboratoire par des chronométrages d&rsquo;apnée effectués in situ sur des dauphins en mer.</p>



<p><span class="has-inline-color has-vivid-purple-color"><strong>Copyright </strong></span>: <em>Cétologie </em>@ www.cetaces.org</p>



<p><strong>Référence </strong>: Arregui M.; Singleton E.M.; Saavedra P.; Pabst D.A.; Moore M.J.; Sierra E.; Rivero M.A.; Câmara N.; Niemeyer M.; Fahlman A.; et al. 2021. Myoglobin concentration and oxygen stores in different functional muscle groups from three small cetacean species. <strong><a href="https://www.mdpi.com/2076-2615/11/2/451">Animals, 11, 451. https://doi.org/10.3390/ani11020451</a></strong></p>
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		<title>Grands plongeurs : les records des Ziphius sont faits pour être battus&#8230;</title>
		<link>https://www.cetaces.org/grands-plongeurs-les-records-des-ziphius-sont-faits-pour-etre-battus/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Adrien]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Sep 2020 21:55:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Autre actualité]]></category>
		<category><![CDATA[plongée]]></category>
		<category><![CDATA[publication]]></category>
		<category><![CDATA[Ziphius]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.cetaces.org/?p=11623</guid>

					<description><![CDATA[<p>(&#8230; par d&#8217;autres Ziphius, évidemment) Les Ziphius sont des animaux discrets, y compris sur le plan médiatique. Deux exceptions cependant : la première, désagréable, lorsqu&#8217;ils sont tués par un sonar militaire, et la seconde, plus plaisante, lorsque ces animaux épatent le monde scientifique par leurs performances de plongée. Une publication de 2014* traitant d&#8217;animaux balisés [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">(&#8230; par d&rsquo;autres Ziphius, évidemment)</h2>



<p>Les <a href="https://www.cetaces.org/cetaces/fiches/ziphius/">Ziphius</a> sont des animaux discrets, y compris sur le plan médiatique. Deux exceptions cependant : la première, désagréable, lorsqu&rsquo;ils sont tués par un sonar militaire, et la seconde, plus plaisante, lorsque ces animaux épatent le monde scientifique par leurs performances de plongée.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="612" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2018/09/Ziphius_18-128_6086.jpg" alt="" class="wp-image-9531" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2018/09/Ziphius_18-128_6086.jpg 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2018/09/Ziphius_18-128_6086-768x459.jpg 768w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2018/09/Ziphius_18-128_6086-525x314.jpg 525w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption><em>Trois Ziphius en phase de repos</em></figcaption></figure></div>



<p>Une publication de 2014* traitant d&rsquo;animaux balisés au large de la Californie avait ainsi établi les Ziphius comme les mammifères capables des apnées les plus profondes (2992m) et les plus longues (2h17). Des chiffres proprement époustouflants pour un animal de six mètres. Imbattables, pourrait-on penser.</p>



<p>Et pourtant, un article publié hier** met la barre encore un peu plus haut : l&rsquo;analyse des données d&rsquo;animaux balisés non loin du cap Hatteras (côte Est des USA) a révélé une sonde de&#8230; <strong>3h42</strong> !</p>



<p>On ne peut qu&rsquo;être admiratifs devant ces capacités <em>(rappelons qu&rsquo;une pression d&rsquo;environ 300 bars règne à 3000m, et que la durée record d&rsquo;apnée d&rsquo;un humain est de 11min35&#8230; en statique, et en surface !)</em>, et devant la machinerie biologique qui les permet. Cette dernière est toujours très mal comprise, et ces nouvelles performances incroyables compliquent encore les choses.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="491" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2013/04/Ziphius-2012_pres.jpg" alt="" class="wp-image-5220" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2013/04/Ziphius-2012_pres.jpg 800w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2013/04/Ziphius-2012_pres-525x322.jpg 525w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption><em>Départ en sonde profonde pour ce mâle élégamment colorié</em></figcaption></figure></div>



<p>Ces récentes données contiennent en outre une sonde à une profondeur maximale de 3568m, mais la plongée a été retirée des analyses puisque les balises utilisées ne sont considérées comme fiables que jusqu&rsquo;à 3000 mètres de profondeur&#8230; record non homologué, donc.</p>



<p>Les informations obtenues par les cétologues sur ces animaux demeurent très parcellaires, et on peut être sûrs que d&rsquo;autres Ziphius battent fréquemment ces records à l&rsquo;abri des regards&#8230; et on pourrait d&rsquo;ailleurs bien être surpris un jour par d&rsquo;autres <em><a href="https://www.cetaces.org/cetaces/mysterieux-mesoplodons/">Ziphiidés</a></em>, qui sait ?</p>



<p>Adrien et cetaces.org</p>



<p class="has-small-font-size">*<a rel="noreferrer noopener" href="https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0092633" target="_blank">First Long-Term Behavioral Records from Cuvier’s Beaked Whales (Ziphius cavirostris) Reveal Record-Breaking Dives.</a>

Schorr <em>et al.</em>, PLOS ONE, 2014</p>



<p class="has-small-font-size">**<a rel="noreferrer noopener" href="https://jeb.biologists.org/content/223/18/jeb222109" target="_blank">Extreme diving in mammals: first estimates of behavioural aerobic dive limits in Cuvier&rsquo;s beaked whales.</a>

Quick <em>et al.</em>, Journal of Experimental Biology, 2020</p>
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