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	<title>Archives des échouages - Groupe de Recherche sur les Cétacés</title>
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	<description>Site d&#039;information cétologique tenu par le Groupe de Recherche sur les Cétacés</description>
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	<title>Archives des échouages - Groupe de Recherche sur les Cétacés</title>
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		<title>Rencontre avec un cétacé sauvage, en forme ou en détresse : les bons réflexes à adopter</title>
		<link>https://www.cetaces.org/rencontre-cetace-sauvage-bons-reflexes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Adrien]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Aug 2022 20:05:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Protection]]></category>
		<category><![CDATA[dauphins]]></category>
		<category><![CDATA[échouages]]></category>
		<category><![CDATA[protection]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comme chaque année, si le mois d’août est synonyme de vacances ou de balade en mer pour de nombreux plaisanciers, il est aussi synonyme de période particulièrement sensible pour les cétacés près de nos côtes ! Quels comportements adopter en cas de rencontre, pour leur sécurité et pour la vôtre ? Petit tour d’horizon.</p>
<p>L’article <a href="https://www.cetaces.org/rencontre-cetace-sauvage-bons-reflexes/">Rencontre avec un cétacé sauvage, en forme ou en détresse : les bons réflexes à adopter</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.cetaces.org">Groupe de Recherche sur les Cétacés</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Comme chaque année, si le mois d’août est synonyme de vacances ou de balade en mer pour de nombreux plaisanciers, il est aussi synonyme de période particulièrement sensible pour les cétacés près de nos côtes&nbsp;!</p>



<p><strong>Quels comportements adopter en cas de rencontre, pour leur sécurité et pour la vôtre&nbsp;?</strong> Petit tour d’horizon&nbsp;:</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une règle d’or, ne pas perturber</h2>



<p>Les cétacés utilisent leur milieu pour subvenir à leurs besoins vitaux : alimentation, repos, reproduction… L’observateur humain doit donc prendre garde, en cas de rencontre, à ne pas perturber l’activité des animaux, afin de ne pas diminuer l’attractivité de l’habitat pour les cétacés.<br>Cela parait évidemment relever du bon sens, mais ce principe a tout de même été inscrit explicitement dans la loi française&nbsp;:</p>



<p class="has-pale-cyan-blue-background-color has-background"><em>L’arrêté du 1<sup>er</sup> juillet 2011 interdit notamment «&nbsp;la <strong>poursuite</strong> ou le <strong>harcèlement</strong> des animaux dans le milieu naturel&nbsp;» ainsi que «&nbsp;la <strong>perturbation</strong> intentionnelle incluant l&rsquo;approche des animaux à une distance de moins de <strong>100 mètres</strong> dans les aires marines protégées&nbsp;». Depuis l’an dernier, cette interdiction d’approche à moins de 100 mètres a en plus été étendue à l’ensemble des <strong>eaux méditerranéennes françaises</strong> par l’arrêté préfectoral du 6 juillet 2021.</em></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="525" height="361" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2018/07/Cachalot-nuisance_2018-6216-525x361.jpg" alt="" class="wp-image-9342" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2018/07/Cachalot-nuisance_2018-6216-525x361.jpg 525w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2018/07/Cachalot-nuisance_2018-6216-768x528.jpg 768w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2018/07/Cachalot-nuisance_2018-6216.jpg 1024w" sizes="(max-width: 525px) 100vw, 525px" /><figcaption>Ce plaisancier azuréen pense-t-il que le but du jeu est de grimper sur le cachalot ?</figcaption></figure></div>



<p>L’impact concret des perturbations est parfois mal cerné par les plaisanciers&nbsp;; il est pourtant particulièrement important en cette fin d’été, puisque nous sommes en plein dans la période de mise bas et d’allaitement des petits delphinidés. Un nourrisson de <em><a href="https://www.cetaces.org/especes/dauphin-bleu-et-blanc/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Stenella</a></em> ou de <em><a href="https://www.cetaces.org/especes/dauphin-commun/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Delphinus</a></em> qui se trouverait séparé de sa mère, par exemple suite à l’approche indélicate d’un observateur, serait pratiquement condamné à mort s’il n’arrivait pas à la retrouver très rapidement (ce qui peut en plus être rendu encore plus difficile lorsque la pollution sonore d’un nombre important de navires à moteur compromet la communication entre individus à longue distance, comme c’est le cas en été à proximité des côtes touristiques)&#8230; ce type de drame arrive malheureusement tous les étés.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="525" height="462" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2016/08/Attention_2-dauphins-525x462.jpg" alt="" class="wp-image-7703" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2016/08/Attention_2-dauphins-525x462.jpg 525w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2016/08/Attention_2-dauphins.jpg 577w" sizes="(max-width: 525px) 100vw, 525px" /><figcaption>Pas d&rsquo;approche d&rsquo;un groupe de dauphins avec nourrissons&#8230; danger de mort&#8230; littéralement..!</figcaption></figure></div>



<p>Plus généralement, rappelons-nous que pour un groupe de cétacé, chaque minute «&nbsp;dépensée&nbsp;» à éviter une nuisance d’origine anthropique est une minute qui ne pourra pas être utilisée pour subvenir à ses besoins biologiques… alors à nous d’être précautionneux&nbsp;!</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1024" height="598" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Stenella_nuisance_juin2020.jpg?v=1621577370" alt="" class="wp-image-13607" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Stenella_nuisance_juin2020.jpg?v=1621577370 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Stenella_nuisance_juin2020-560x327.jpg?v=1621577370 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Stenella_nuisance_juin2020-685x400.jpg?v=1621577370 685w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Stenella_nuisance_juin2020-768x449.jpg?v=1621577370 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Une sortie matinale en famille&#8230; ces plaisanciers ont forcé le contact pendant de longues minutes, sûrement sans penser à mal&#8230; mais ils ont poussé le groupe de <em>Stenella</em> vers la sortie de la baie où ils étaient en train de se nourrir !</figcaption></figure>



<p><br></p>



<p><em><strong>Pour une observation respectueuse d’un groupe de cétacés, ces points du Code de Bonne Conduite sont donc à garder en tête&nbsp;:</strong></em></p>



<ul class="has-background wp-block-list" style="background-color:#b9e1f2"><li>Lorsque vous êtes à 300 mètres environ des cétacés, adoptez une route en rapprochement lent et constant (1 à 2 nœuds seulement de vitesse relative par rapport au mouvement propre des animaux), en vous dirigeant plutôt vers un point à côté du groupe que directement vers les cétacés</li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2009/07/schema-approche.jpg" alt="" class="wp-image-83" width="365" height="332" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2009/07/schema-approche.jpg 487w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2009/07/schema-approche-225x204.jpg 225w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2009/07/schema-approche-329x300.jpg 329w" sizes="(max-width: 365px) 100vw, 365px" /></figure></div>



<ul class="has-background wp-block-list" style="background-color:#b9e1f2"><li>Profitez de cette approche lente pour identifier l’espèce, le nombre, le comportement des animaux (une paire de jumelles est toujours utile à bord !)</li><li>L’approche doit être <strong>interrompue si vous constatez la présence d&rsquo;animaux en bas-âge</strong> (individu nageant en paire serrée avec un autre animal, ou faisant moins de deux tiers de la longueur d&rsquo;un adulte)</li><li>Il faut également cesser l&rsquo;observation en cas de changement brusque du comportement des animaux (évitement, regroupement, changement de direction, plongée, sauts fuyants, etc…) ; certaines postures (animal tapant sa nageoire caudale à la surface de l&rsquo;eau, ou sortant les yeux à l’air libre pour vous observer) sont souvent marqueuses de nervosité, et doivent vous inciter à vous éloigner des animaux</li></ul>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="739" height="400" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/06/Fuite-Sc_2021-739x400.jpg?v=1624009480" alt="" class="wp-image-13749" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/06/Fuite-Sc_2021-739x400.jpg?v=1624009480 739w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/06/Fuite-Sc_2021-560x303.jpg?v=1624009480 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/06/Fuite-Sc_2021-768x416.jpg?v=1624009480 768w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/06/Fuite-Sc_2021.jpg?v=1624009480 1024w" sizes="(max-width: 739px) 100vw, 739px" /><figcaption>Sauts soudains, groupés, avec nage rapide :<br>ces animaux semblent avoir envie de s&rsquo;esquiver, et ce n&rsquo;est évidemment pas le moment d&rsquo;essayer de les approcher</figcaption></figure>



<ul class="has-background wp-block-list" style="background-color:#b9e1f2"><li>Ne vous approchez <strong>pas à moins de 100 mètres</strong> des cétacés (vous pouvez à peu près faire le calcul en connaissant la longueur de votre bateau), et ne les poursuivez pas</li><li>Ne barrez pas la route des animaux et, si plusieurs bateaux sont présents, veillez à ne pas encercler les cétacés</li><li><strong>Ne tentez pas de les nourrir, de les toucher ou de nager avec eux</strong>.</li></ul>



<p><em>Est-ce que le code de bonne conduite s’applique toujours si ce sont les animaux qui s’approchent&nbsp;?</em><br><strong>Oui&nbsp;!</strong> Il n’est en effet pas rare que des animaux soient curieux ou joueurs, et s’approchent de vous ou viennent surfer à l’étrave. Dans ce cas-là, il faut toujours avoir le code de bonne conduite en tête, et se rappeler que la règle des 100 mètres reste valide&nbsp;: si des animaux ont franchi eux-mêmes cette limite de distance en s’approchant vers vous, alors vous pouvez les laisser faire mais vous ne devez plus faire de mouvement vers eux tant qu’ils sont sous cette distance limite. Ainsi ce sont toujours les animaux qui décident de jusqu’à quel point ils voudront vous approcher, et ils pourront facilement se retirer quand ils le jugeront bon.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="785" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2020/05/Dauphin-bleu-et-blanc_07mai-5801.jpg?v=1589127951" alt="" class="wp-image-11317" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2020/05/Dauphin-bleu-et-blanc_07mai-5801.jpg?v=1589127951 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2020/05/Dauphin-bleu-et-blanc_07mai-5801-560x429.jpg?v=1589127951 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2020/05/Dauphin-bleu-et-blanc_07mai-5801-800x613.jpg?v=1589127951 800w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2020/05/Dauphin-bleu-et-blanc_07mai-5801-768x589.jpg?v=1589127951 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Ces deux Dauphins bleus et blancs nous ont rattrapés, et semblaient avoir très envie de nous observer. Tant mieux pour tout le monde, tant qu&rsquo;ils restent maîtres de la distance et de l&rsquo;interaction.</figcaption></figure>



<p><br>Notons que ces principes restent également applicables dans le cas, <a href="https://www.cetaces.org/mais-qui-dauphin-curieux-observe-cote-dazur/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">assez fréquent ces derniers temps</a>, de dauphins isolés approchant des nageurs&nbsp;: il faut profiter du moment privilégié offert par l&rsquo;animal&#8230; mais ne pas essayer de le toucher ou de le poursuivre.</p>



<p><br></p>



<h2 class="wp-block-heading">Le cas particulier des cétacés en détresse ou échoués&nbsp;:</h2>



<p>Certains animaux peuvent parfois être en difficulté, malades ou blessés, comme nous l’a montré plusieurs fois l’actualité de ces derniers mois. Le comportement à tenir en cas de rencontre avec un tel animal est différent.</p>



<p><strong><em>Comment les reconnaître&nbsp;?</em></strong><br>La présence d’un ou plusieurs de ces signes sera marqueur d’une détresse&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list"><li>Animal en train de s’échouer sur le rivage, nageant dans une eau de moins d’un mètre de profondeur ou nageant dans un endroit anormal (marais, fleuve, port, …)</li><li>Animal plongeant peu, passant plus des deux tiers de son temps avec le dos émergé en surface pendant une période de plus de 15 minutes</li><li>Animal tournant en rond sur place, ou nageant très lentement (moins d’un mètre par seconde)</li><li>Animal présentant une blessure visible, ou étant empêtré dans un filet ou un déchet.</li></ul>



<p>Si vous vous trouvez en présence d’un cétacé vous paraissant en difficulté selon ces critères, votre rapidité d’action pourra peut-être contribuer à aider l’animal&nbsp;!</p>



<p><strong><em>Les bonnes idées à avoir&nbsp;:</em></strong></p>



<ul class="has-background wp-block-list" style="background-color:#b9e1f2"><li>Contacter au plus vite une entité compétente et habilitée à gérer ces animaux. En France métropolitaine, il n’y en a que deux&nbsp;: le <strong>Réseau National Échouages</strong> (tél&nbsp;<strong>05.46.44.99.10</strong>, 7j/7) et les <strong>pompiers</strong> (<strong>18</strong>). Il est bon de garder ces deux numéros en tête, car tout appel dirigé vers un autre destinataire provoque une perte d’informations et un retard dans la prise en charge… qui pourraient avoir des conséquences funestes. Il en est de même des signalements sur les réseaux sociaux, qui n’arrivent souvent aux oreilles compétentes que plusieurs jours après l’observation…</li><li>Prendre un point GPS de votre position au moment de l’observation (sur votre téléphone ou votre GPS de bord)&nbsp;; noter également l’heure</li><li>Ne pas s’approcher de l’animal ni le poursuivre… cela pourrait malheureusement augmenter son stress et provoquer sa mort</li><li><strong>Ne pas tenter de toucher l’animal</strong>, même s’il vient vers vous&nbsp;: cette règle, déjà valable pour les animaux sains, est encore plus importante pour un animal en détresse, qui a de bonnes chances d’être porteur de pathogènes dangereux, potentiellement transmissibles aux humains. De plus, dans son état stressé, il pourrait éventuellement vous mordre ou vous blesser</li><li>Si possible, prendre une photo ou une vidéo de l’animal, sans que cela ne vous conduise à trop l’approcher&nbsp;; noter si d’autres cétacés sont présents dans la zone, ou pas (un animal en détresse pourra parfois être isolé… mais l’inverse n’est pas vrai&nbsp;!).</li></ul>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="634" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/08/Delphinus_malade_GREC.jpg" alt="" class="wp-image-15162" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/08/Delphinus_malade_GREC.jpg 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/08/Delphinus_malade_GREC-560x347.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/08/Delphinus_malade_GREC-646x400.jpg 646w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/08/Delphinus_malade_GREC-768x476.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Dauphin commun en grande difficulté :<br>S&rsquo;approche de nous en se déplaçant très lentement, ne s&rsquo;immerge plus, respire difficilement, a de nombreuses plaies purulentes sur le corps… qu&rsquo;il ne faut évidemment pas toucher. L&rsquo;animal sera évalué par des personnes compétentes, et pris en charge au maximum des possibilités</figcaption></figure>



<p><br></p>



<p><strong><em>Que faire si je trouve un cétacé mort&nbsp;?</em></strong></p>



<p>Sa prise en charge sera importante pour des raisons de connaissance scientifique et de santé publique. Ce que vous pouvez faire&nbsp;:</p>



<ul class="has-background wp-block-list" style="background-color:#b9e1f2"><li>Contacter le <strong>RNE</strong> ou les <strong>pompiers</strong></li><li>Noter la position de l’animal (position GPS particulièrement intéressante si c’est un cadavre qui dérive au large)</li><li><strong>Ne pas toucher le cadavre</strong> (ni se baigner à proximité)&nbsp;; si des animaux domestiques sont à vos côtés (chiens notamment), les garder à l’écart de la dépouille pour ne pas risquer la transmission de maladies.</li></ul>



<p><br></p>



<p>Nous espérons tout de même que vous vous trouverez plus souvent en face de cétacés vivants et en pleine forme qu’en face d’animaux dans les deux dernières situations&nbsp;! Tous ces conseils sont assez simples et relèvent souvent du bon sens, ils n’ont pas pour but de vous entraver mais ont comme priorités la tranquillité des animaux et votre santé.</p>



<p>Et comme les choses sont bien faites, le respect des cétacés en forme, surtout dans le cas actuel des paires mère-nourrisson, fera diminuer le nombre de fois où les animaux se retrouvent en détresse ou échoués. Bonne idée, non&nbsp;?</p>



<p class="has-text-align-right">Adrien et cetaces.org</p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Assistance à un cétacé dans son milieu naturel : pourquoi, comment ?</title>
		<link>https://www.cetaces.org/assistance-a-un-cetace-dans-son-milieu-naturel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Adrien]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Jan 2022 17:01:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité GREC]]></category>
		<category><![CDATA[Méditerranée]]></category>
		<category><![CDATA[assistance]]></category>
		<category><![CDATA[échouages]]></category>
		<category><![CDATA[protection]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.cetaces.org/?p=14342</guid>

					<description><![CDATA[<p>En début de semaine dernière, c’est devant la Promenade des Anglais à Nice que ce jeune dauphin a été massivement remarqué...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Un animal a fait parler de lui la semaine dernière le long des plages azuréennes</h2>



<p>En début de semaine dernière, c’est devant la Promenade des Anglais à Nice que ce jeune dauphin a été massivement remarqué. Pour cause, il était seul (ce qui peut arriver même à des animaux sains) et se déplaçait de manière atypique, réalisant des allers-retours le long du rivage et passant la quasi-totalité du temps en surface. D’après les premiers témoignages, l’animal reste cependant tonique, n’a pas voulu se laisser approcher par une embarcation des pompiers et ne fait aucunement mine de s’échouer. Des informations sont échangées dans le cadre du Réseau National Échouages auquel collabore le Groupe de Recherche sur les Cétacés, et nous restons attentifs à la situation, tâchant de discerner si la présence remarquée de l’animal reste dans les limites d’une observation « normale » (après tout, les alentours de la Promenade font partie de l’habitat naturel des Grands dauphins) ou s’il y a lieu de s’inquiéter et d’intervenir. Les témoignages plus ou moins concordants continuant à affluer, nous décidons en début d’après-midi de nous déplacer sur place, en compagnie de notre collègue Murielle de SOS Grand Bleu, afin d’observer à distance l’animal.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="656" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Tursiops-vedette-Adrien_3129b.jpg?v=1643039388" alt="" class="wp-image-14343" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Tursiops-vedette-Adrien_3129b.jpg?v=1643039388 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Tursiops-vedette-Adrien_3129b-560x359.jpg?v=1643039388 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Tursiops-vedette-Adrien_3129b-624x400.jpg?v=1643039388 624w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Tursiops-vedette-Adrien_3129b-768x492.jpg?v=1643039388 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>Il s&rsquo;agit d&rsquo;un <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.cetaces.org/especes/grand-dauphin/" target="_blank">Tursiops</a> assez jeune (subadulte ou grand juvénile), nageant à quelques centaines de mètres de la rive et handicapé par une entrave ou par une flottaison excessive. Celle-ci le gêne dans ses déplacements et rend difficiles les sondes. L’animal pratique encore régulièrement des immersions de l’ordre d’une minute, peut-être pour essayer de se nourrir, et saute parfois lors de séquences énergiques, ce qui est bon signe. Après deux heures de surveillance depuis la côte nous laissons l’animal, qui passe le cap de Nice à la nuit tombante. Son problème de locomotion est inquiétant mais aucune intervention rapprochée ne parait judicieuse, le risque étant de faire plus de mal que de bien sur un animal encore alerte et mobile.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="636" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Tt-malade-Nice-Adrien_4579b.jpg?v=1643039419" alt="" class="wp-image-14344" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Tt-malade-Nice-Adrien_4579b.jpg?v=1643039419 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Tt-malade-Nice-Adrien_4579b-560x348.jpg?v=1643039419 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Tt-malade-Nice-Adrien_4579b-644x400.jpg?v=1643039419 644w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Tt-malade-Nice-Adrien_4579b-768x477.jpg?v=1643039419 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Le jeune Tursiops vu au téléobjectif lors d&rsquo;une phase tonique, lundi en fin de journée</figcaption></figure>



<p>L’individu est à nouveau signalé mercredi par la réserve marine de Théoule-sur-Mer, où il parait affaibli et erre à quelques dizaines de mètres de la côte accompagné par quelques embarcations. Afin d’y voir plus clair, nous décidons d’aller faire une évaluation rapprochée de l’animal, en mobilisant nos moyens nautiques propres et particulièrement Wanaka, la vedette motorisée de l’un de nos membres. Le jeune Tursiops est effectivement dans un état un petit peu dégradé par rapport à lundi, il se déplace moins et ne sonde plus du tout. Il demeure cependant réactif aux évolutions des bateaux ou des nageurs, ne se laisse pas approcher à moins de cinq mètres et ne montre aucune tendance à s’échouer. Un examen physique rapproché (sans le toucher néanmoins) est effectué et ne montre aucune blessure externe, ni entrave dans un corps étranger. L’animal mesure un peu plus de deux mètres (donc est âgé de quelques années), a les flancs creux mais semble flotter en raison d’un gonflement anormal de son thorax, sans que nous ne puissions en diagnostiquer précisément la cause.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="656" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Tursiops-anormal-Theoule-Adrien_4640b.jpg?v=1643039515" alt="" class="wp-image-14345" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Tursiops-anormal-Theoule-Adrien_4640b.jpg?v=1643039515 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Tursiops-anormal-Theoule-Adrien_4640b-560x359.jpg?v=1643039515 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Tursiops-anormal-Theoule-Adrien_4640b-624x400.jpg?v=1643039515 624w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Tursiops-anormal-Theoule-Adrien_4640b-768x492.jpg?v=1643039515 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>L&rsquo;animal observé à dix mètres, entre Théoule et Mandelieu : son thorax apparait anormalement gonflé mais il ne présente pas de blessure apparente</figcaption></figure>



<p>Il se laisse parfois guider un petit peu vers le large mais revient ensuite tranquillement vers la côte&nbsp;; nous n’insistons donc pas, ce n’est pas un <a href="https://www.cetaces.org/especes/dauphin-bleu-et-blanc/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Stenella</a> et ça n’aurait pas grand sens de pousser vers le large un Grand dauphin, espèce aux habitudes côtières. Devant ces constats, nous nous bornons ensuite à surveiller l’animal, et à assurer sa tranquillité en éloignant gentiment les quelques plaisanciers qui auraient voulu s’approcher excessivement de l’animal en difficulté (rappelons que la loi française interdit l’approche à moins de 100 mètres). Cela permet à l’animal, même si ses probabilités de survie ne sont malheureusement pas très bonnes, de conserver ses chances de guérison sans être inutilement stressé et de, peut-être, pouvoir retrouver ses congénères. Il n’y a d’ailleurs pas beaucoup d’autres options réalistes sur ce type d’animal&nbsp;: une procédure invasive, sur un animal ne voulant pas se laisser manipuler, aurait peu de chances de succès et risquerait au contraire d’être délétère.</p>



<figure class="wp-block-video"><video controls src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Video-Tursiops-Theoule-GREC.mp4"></video><figcaption>En fin d&rsquo;après-midi, l&rsquo;animal est calme et vigile mais continue à flotter anormalement en surface</figcaption></figure>



<p>Notre jeune Tursiops est ensuite observé sur les côtes varoises, avec un état apparemment stable, puis à nouveau remarqué dans les Alpes-Maritimes samedi matin. Le premier signalement du week-end nous laisse d’ailleurs un peu dubitatifs&nbsp;: une dame a signalé aux pompiers non pas un dauphin en difficulté en face de la plage, mais… deux&nbsp;! Cet appel a-t-il un rapport avec notre animal malade, ou n’est-ce qu’une coïncidence&nbsp;? Après quelques témoignages supplémentaires, il n’y a plus de doute, deux animaux sont maintenant concernés, et entourés par des vedettes.<br>En coordination avec les pompiers, nos collègues du réseau, les services de Cannes et du département, nous nous rendons donc sur place grâce à Wanaka, pour évaluer la situation. Nous trouvons les deux dauphins devant la Croisette, où une embarcation municipale essaie tant bien que mal de les écarter de l’axe des navettes, sous les yeux de quelques plaisanciers. Nous prenons le relais et observons les animaux&nbsp;: le jeune semble assez tonique, plus que mercredi, et profite même de la vitesse prise dans une vague pour effectuer une sonde. Il présente quelques lésions cutanées dues au soleil sur sa peau inhabituellement émergée, mais se déplace avec énergie. Le deuxième animal est un Tursiops adulte qui, en bonne santé mais peut-être désœuvré, semble avoir choisi d’escorter son jeune congénère malade&nbsp;!</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="496" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Deux-Tursiops-Cannes-Adrien_3194b.jpg?v=1643039660" alt="" class="wp-image-14346" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Deux-Tursiops-Cannes-Adrien_3194b.jpg?v=1643039660 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Deux-Tursiops-Cannes-Adrien_3194b-560x271.jpg?v=1643039660 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Deux-Tursiops-Cannes-Adrien_3194b-826x400.jpg?v=1643039660 826w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Deux-Tursiops-Cannes-Adrien_3194b-768x372.jpg?v=1643039660 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>A notre arrivée à Cannes samedi midi, ce sont bien à deux animaux que nous avons maintenant affaire !</figcaption></figure>



<p>Il est certes connu que les cétacés peuvent parfois faire preuve d’empathie vis-à-vis d’autres animaux en difficulté, mais la formation de cette association, en partie permise par la décision de laisser l’individu malade tranquille dans son habitat préférentiel, est néanmoins très intéressante. Celui-ci n’est pas pour autant tiré d’affaire, mais la présence d’un congénère pour lui tenir compagnie et peut-être le guider hors de certains mauvais pas est une bonne nouvelle.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="445" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Deux-Tursiops-Adrien_3639b.jpg?v=1643039739" alt="" class="wp-image-14347" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Deux-Tursiops-Adrien_3639b.jpg?v=1643039739 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Deux-Tursiops-Adrien_3639b-560x243.jpg?v=1643039739 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Deux-Tursiops-Adrien_3639b-900x391.jpg?v=1643039739 900w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Deux-Tursiops-Adrien_3639b-768x334.jpg?v=1643039739 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>L&rsquo;adulte accompagnateur (au premier plan) escorte d&rsquo;un œil vigilant son congénère en difficulté</figcaption></figure>



<p>Nous surveillons les deux animaux pendant l’après-midi, prévenant et écartant quelques plaisanciers indélicats. Le jeune progresse à 2-3 nœuds toute l’après-midi le long des plages du golfe de La Napoule, et l’adulte le suit en continuant à se nourrir au passage. Dans les zones calmes, ce dernier s’éloigne de plusieurs centaines de mètres, puis revient souvent serrer de près le malade dans les zones mouvementées et devant les sorties de port fréquentées.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="492" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Deux-Tursiops-surf-Adrien_3285b.jpg?v=1643039826" alt="" class="wp-image-14348" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Deux-Tursiops-surf-Adrien_3285b.jpg?v=1643039826 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Deux-Tursiops-surf-Adrien_3285b-560x269.jpg?v=1643039826 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Deux-Tursiops-surf-Adrien_3285b-833x400.jpg?v=1643039826 833w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Deux-Tursiops-surf-Adrien_3285b-768x369.jpg?v=1643039826 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Profitant d&rsquo;une vague, les deux animaux improvisent une séance de surf collective</figcaption></figure>



<p>Nous ne savons pas combien de temps durera l’association (les deux animaux étaient encore ensemble le lendemain), ni globalement comment évoluera cette histoire (la probabilité d’une guérison complète reste assez peu élevée), mais nous y resterons vigilants dans les jours à venir.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="500" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Deux-Tursiops-Lerins-Adrien_3650b.jpg?v=1643039922" alt="" class="wp-image-14349" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Deux-Tursiops-Lerins-Adrien_3650b.jpg?v=1643039922 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Deux-Tursiops-Lerins-Adrien_3650b-560x273.jpg?v=1643039922 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Deux-Tursiops-Lerins-Adrien_3650b-819x400.jpg?v=1643039922 819w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Deux-Tursiops-Lerins-Adrien_3650b-768x375.jpg?v=1643039922 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Dans la tranquillité de la fin de journée, les deux Tursiops progressent devant Sainte-Marguerite</figcaption></figure>



<p><br><br><em>Depuis quelques années, le Groupe de Recherche sur les Cétacés engage parfois ses maigres moyens matériels pour porter assistance à des cétacés semblant en difficulté. Il s’agit en général de les sortir d’un mauvais pas ou d’une situation dangereuse, puis d’escorter l’animal afin que la loi en matière de tranquillité des cétacés soit respectée, et donc de maximiser la probabilité d’issues heureuses.</em></p>



<p><em>Nous sommes en général alertés par la nébuleuse RNE (dont plusieurs membres du GREC font partie à titre personnel sur la façade méditerranéenne et atlantique, disposant donc d’une dérogation officielle attestant de la faculté du correspondant à intervenir sur un cétacé sauvage mort ou vivant), et mobilisons nos moyens propres, notre bénévolat, et de plus en plus souvent le canot à moteur d’un de nos membres.<br>Non que l&rsquo;État ne dispose pas de moyens très importants pour intervenir en mer, mais l&rsquo;assistance à des cétacés en difficulté ne fait pas partie des prérogatives qu&rsquo;il exerce. En zone côtière, ce sont le plus souvent des moyens municipaux sans compétence dédiée qui sont alertés, les sapeurs-pompiers étant évidemment impliqués dès qu&rsquo;un cétacé s&rsquo;échoue ou menace de le faire (dans le 06, le SDIS a même dans sa «&nbsp;panoplie&nbsp;» un Groupe de Sauvetage Animalier dédié), ainsi que, donc, les correspondants du RNE.</em></p>



<p><em>Bien que cette disposition du GREC à engager ses moyens propres ne soit inscrite dans aucun organigramme officiel, l’association se sent un devoir de le faire si elle le juge utile et qu’elle en a la possibilité. Surtout, s’agissant d’un cétacé évoluant en mer, nous pouvons nous appuyer sur 7000 observations en plus de trente années d’expérience, qui peuvent nous aider à évaluer si le cétacé présumé en difficulté se comporte de manière vraiment anormale, ou non. Si vous avez lu cet article jusqu’au bout, d’abord bravo, et puisque l’assistance aux cétacés en mer vous importe, rappelez-vous que malgré le bénévolat des membres du GREC, chaque intervention coûte de l&rsquo;argent (entre 100 et 300 euros) et que l&rsquo;association ne touche aucune subvention pour réaliser cette mission de &lsquo;service naturaliste&rsquo;. Alors&#8230; pourquoi pas <a href="https://www.cetaces.org/soutenir-l-association/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">nous honorer de votre soutien</a> ?</em></p>



<p class="has-text-align-right">Alexandre, Adrien et cetaces.org</p>
<p>L’article <a href="https://www.cetaces.org/assistance-a-un-cetace-dans-son-milieu-naturel/">Assistance à un cétacé dans son milieu naturel : pourquoi, comment ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.cetaces.org">Groupe de Recherche sur les Cétacés</a>.</p>
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		<enclosure url="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2022/01/Video-Tursiops-Theoule-GREC.mp4" length="0" type="video/mp4" />

			</item>
		<item>
		<title>Mortalité par pêche en Gascogne&#160;: le vent a-t-il tourné cet hiver&#160;?</title>
		<link>https://www.cetaces.org/mortalite-par-peche-en-gascogne-le-vent-a-t-il-tourne-cet-hiver/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Adrien]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Jul 2021 21:58:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Atlantique]]></category>
		<category><![CDATA[Protection]]></category>
		<category><![CDATA[capture]]></category>
		<category><![CDATA[Dauphin commun]]></category>
		<category><![CDATA[échouages]]></category>
		<category><![CDATA[Gascogne]]></category>
		<category><![CDATA[pêche]]></category>
		<category><![CDATA[protection]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>De multiples organismes scientifiques internationaux ont indiqué que la seule façon de diminuer les captures de dauphins, qui menacent la population, était à ce stade de fermer les pêcheries pendant la période la plus à risque de l'hiver... un mois serait suffisant pour diminuer la gravité de la mortalité. Que s'est-il passé cet hiver ? Premier bilan.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Captures de Dauphins communs en 2021&nbsp;: un premier bilan</h2>



<p>Alors que l&rsquo;Union Européenne avait tapé du poing sur la table en 2020, les mortalités hivernales étaient sous les projecteurs. La France avait refusé les mesures énergiques qui lui étaient conseillées, et avait plutôt semblé jouer la montre&#8230; pour quels résultats&nbsp;?<br></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="677" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/Delphinus_Ad3669.jpg?v=1614927566" alt="" class="wp-image-12969" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/Delphinus_Ad3669.jpg?v=1614927566 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/Delphinus_Ad3669-560x370.jpg?v=1614927566 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/Delphinus_Ad3669-605x400.jpg?v=1614927566 605w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/Delphinus_Ad3669-768x508.jpg?v=1614927566 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Les Dauphins communs de l&rsquo;Atlantique (ici vu en hiver 2021) ne sont toujours pas protégés en France</figcaption></figure>



<p>Parmi les engagements annoncés par le ministère de la mer à l’approche de l’hiver, la plupart (observations en mer, déclarations censément systématiques des captures, etc) correspondait malheureusement à des mesures déjà précédemment en place. Un point était cependant nouveau et intéressant, et concernait la communication régulière vers le public tout au long de la période considérée comme particulièrement à risque (de décembre à avril).<br>Cette communication s&rsquo;est faite au travers de <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.mer.gouv.fr/cetaces" target="_blank">bulletins d’information</a> rédigés toutes les deux semaines, et résumant les données pertinentes pour chaque période&nbsp;: nombre d’échouages sur la façade, nombre de captures constatées par les observateurs en mer et nombre de déclarations spontanées par les pêcheurs, notamment.</p>



<p>La transparence sur ces points permet à tout citoyen (surtout s’il achète du poisson&nbsp;!) de se faire un avis sur cette problématique et sur l’effet éventuel de la politique gouvernementale en matière de protection des dauphins français. Certains de nos lecteurs ont déjà sûrement épluché ces bulletins&nbsp;; pour ceux qui ne l&rsquo;auraient pas encore fait, en voici une rapide analyse.<br></p>



<h2 class="wp-block-heading">En sait-on plus sur l’origine des captures&nbsp;?</h2>



<p>Historiquement, les captures de <a href="https://www.cetaces.org/fiches/dauphin-commun/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Dauphins communs</a> dans le Golfe de Gascogne ont plutôt été attribuées aux chaluts pélagiques, avant que plusieurs observations montrent que les fileyeurs ont également un impact non négligeable. En l&rsquo;absence de la fermeture totale de la pêche qui avait été conseillée à la France mais non appliquée, des études complémentaires devaient donc permettre d&rsquo;y voir un peu plus clair&nbsp;; un programme ambitieux d’observation volontaire des navires de pêche devait répondre à cela, et un budget important avait été annoncé à cet effet, prévoyant l’observation de 1000 marées cet hiver.</p>



<p>396 marées ont finalement été observées, dont seulement&#8230; 22 sur engins trainants (engins de pêche de la famille des chaluts, par opposition aux engins dormants tels que les filets posés), et les conclusions ne sont donc pas faciles à tirer. 39 captures ont été documentées.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="952" height="722" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/07/rapports-captures-sur-marees-water.jpg" alt="" class="wp-image-13789" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/07/rapports-captures-sur-marees-water.jpg 952w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/07/rapports-captures-sur-marees-water-560x425.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/07/rapports-captures-sur-marees-water-527x400.jpg 527w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/07/rapports-captures-sur-marees-water-768x582.jpg 768w" sizes="(max-width: 952px) 100vw, 952px" /><figcaption>Peu de grosses unités surveillées, mais des taux de captures importants</figcaption></figure>



<p>On peut au moins constater que les fileyeurs semblent avoir des taux de [dauphins capturés]/[marées observées] plutôt faibles (mais il ne faut pas oublier que ces navires sont nombreux), tandis que le taux est beaucoup plus important pour les chalutiers, qui ont concentré la majorité des captures observées alors que très peu de marées ont été surveillées (fin-janvier par exemple&nbsp;: 12 captures observées en seulement 2 marées&nbsp;!).<br></p>



<h2 class="wp-block-heading">Les échouages ont-ils diminué&nbsp;? A-t-on obtenu une diminution des captures cet hiver&nbsp;?</h2>



<p>Alors que l’hiver commençait mal (rappelons nous que les records d’échouage étaient battus en janvier…), la presse s’est au printemps fait écho d’une nouvelle rassurante&nbsp;: le comité des pêches annonçait une baisse spectaculaire des échouages cet hiver, d’environ 30% par rapport à 2019 et 2020.</p>



<p>Est-ce vrai&nbsp;? Oui, les chiffres précis ne sont pas encore consolidés mais une baisse importante des échouages a effectivement été constatée. Est-ce rassurant&nbsp;? Rien n’est moins sûr&nbsp;!</p>



<p>Nous pouvons tracer l’évolution des trouvailles de cadavres au cours de l’hiver&nbsp;:</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="932" height="630" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/07/echouages-hivernaux-water.jpg" alt="" class="wp-image-13788" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/07/echouages-hivernaux-water.jpg 932w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/07/echouages-hivernaux-water-560x379.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/07/echouages-hivernaux-water-592x400.jpg 592w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/07/echouages-hivernaux-water-768x519.jpg 768w" sizes="(max-width: 932px) 100vw, 932px" /><figcaption>2021, un pic fin-janvier et puis plus rien..?<br><em>(NB : en 2020, signalements cessés mi-mars pour cause de confinement)</em></figcaption></figure>



<p>On constate une hétérogénéité très forte du nombre d’échouages cette année, avec des valeurs importantes fin janvier et début février, puis un nombre d’échouages très faible alors que des déclarations et des observations de captures continuaient à avoir lieu&nbsp;: les cadavres ont-ils arrêté d’atterrir sur les plages&nbsp;? Comment peut-on expliquer ce phénomène&nbsp;?</p>



<p>La piste qui vient naturellement à l’esprit, en particulier en ayant assisté à des conditions météorologiques plutôt atypiques cet hiver, est celle de conditions de dérive ayant cette année empêché les échouages, et donc ayant partiellement masqué le phénomène de captures.<br>A défaut d’avoir accès aux modèles de dérive gouvernementaux, nous pouvons réfléchir à une façon d’approximer les conditions de dérive afin d’essayer d’y voir plus clair.</p>



<p>Nous avons pour cela choisi d’utiliser simplement les données de vent hivernales, pour un point de référence choisi arbitrairement au large des côtes françaises. Nous avons extrait des données élémentaires des <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.copernicus.eu/fr" target="_blank">bases européennes publiques Copernicus</a>, que nous avons agrégées par quinzaines puis projetées, compte-tenu de la position de notre point de référence et d&rsquo;une influence de la force de Coriolis, sur un axe Est-Nord-Est. Cet indicateur «&nbsp;maison&nbsp;» est-il pertinent pour juger des conditions de dérive&nbsp;? Voyons s’il est corrélé aux données d’échouage fournies pour les trois derniers hivers par le ministère et le RNE.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1217" height="735" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/07/correlation-quinzaines-water.jpg" alt="" class="wp-image-13791" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/07/correlation-quinzaines-water.jpg 1217w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/07/correlation-quinzaines-water-560x338.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/07/correlation-quinzaines-water-662x400.jpg 662w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/07/correlation-quinzaines-water-768x464.jpg 768w" sizes="(max-width: 1217px) 100vw, 1217px" /><figcaption>Vent et échouages : un rapport statistiquement probant</figcaption></figure>



<p>On obtient une corrélation de bonne qualité (r=0,82 et p&lt;10<sup>-4</sup>), et nous pouvons donc confirmer mathématiquement que la force et la direction du vent (avec, pour notre emplacement focal, une provenance OSO maximisant la trouvaille des cadavres sur les plages) sont bien impliquées dans le phénomène d’échouages hivernaux.</p>



<p>Plus en détail sur ce début d’année, nous pouvons vérifier qu’il y a eu des variations considérables au niveau de ce vent : alors que la météo hivernale habituelle consiste plutôt en des vents d’Ouest, nous n’avons eu en 2021 des conditions « normales » que de fin janvier à début février, puis le vent est carrément venu de l’Est.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="792" height="1000" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/07/vents-trois-annees-avec-watermark-janvier-avril.jpg" alt="" class="wp-image-13829" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/07/vents-trois-annees-avec-watermark-janvier-avril.jpg 792w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/07/vents-trois-annees-avec-watermark-janvier-avril-444x560.jpg 444w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/07/vents-trois-annees-avec-watermark-janvier-avril-317x400.jpg 317w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/07/vents-trois-annees-avec-watermark-janvier-avril-768x970.jpg 768w" sizes="(max-width: 792px) 100vw, 792px" /><figcaption>Une météo atypique a fait diminuer les échouages… mais pas la mortalité</figcaption></figure>



<p>Il est alors assez logique, dans ces conditions, que les échouages partis sur des bases record en début d’hiver se soient finalement calmés, mais il n’y a donc rien de rassurant à y trouver&nbsp;: cette diminution n’est probablement pas due à une baisse notable des captures, et le facteur multiplicateur permettant de passer du nombre de cadavres échoués au nombre de dauphins vraisemblablement tués sera probablement bien supérieur en 2021 à ce qu’il était en 2019 et 2020.</p>



<p>Or, ce qui nous intéresse réellement, ce sont les mortalités, plusieurs milliers cette année encore&#8230; ; les échouages ne sont qu&rsquo;un thermomètre (qui certes s&rsquo;est décalibré cet hiver) mais ne constituent pas un objectif en eux-mêmes.<br></p>



<p>D&rsquo;ailleurs, mis à part l&rsquo;équipement en balises acoustiques dissuasives des chaluts pélagiques et autres, qui n&rsquo;a pas montré une efficacité suffisante (plusieurs prises ont été constatées), aucune technique spécifique n&rsquo;a été mise en œuvre pour diminuer les captures. Un point positif quand même, le programme d&rsquo;actions a produit une augmentation des signalements de capture (obligatoires depuis janvier 2020), avec 116 cétacés déclarés capturés. Cette forte progression est un bon signe pour l&rsquo;avenir&#8230; mais elle ne fait pas diminuer les captures.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="535" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Fileyeurs_2455.jpg?v=1613400198" alt="" class="wp-image-12834" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Fileyeurs_2455.jpg?v=1613400198 800w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Fileyeurs_2455-560x375.jpg?v=1613400198 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Fileyeurs_2455-598x400.jpg?v=1613400198 598w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Fileyeurs_2455-768x514.jpg?v=1613400198 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption>Il existe plusieurs mécanismes financiers qui permettraient de compenser une interruption de la pêche à la période la plus critique… mais gouvernement et pêcheurs ne veulent pas en entendre parler</figcaption></figure>



<p>De multiples organismes scientifiques internationaux ont indiqué que la seule façon de diminuer les captures de dauphins, qui menacent la population, était à ce stade de fermer les pêcheries pendant la période la plus à risque de l&rsquo;hiver&#8230; un mois serait suffisant pour diminuer la gravité de la mortalité. Mais le gouvernement se retranche derrière l&rsquo;absence d&rsquo;évidence du risque pour la population de dauphins et continue à proposer des études scientifiques supplémentaires&#8230; ce qui lui permet de ne pas forcer la main au secteur de la pêche.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="640" height="359" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/2021_Delphinus-St-Malo.jpg" alt="" class="wp-image-12324" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/2021_Delphinus-St-Malo.jpg 640w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/2021_Delphinus-St-Malo-560x314.jpg 560w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption>Sans pression de l&rsquo;opinion publique, des milliers de dauphins continueront à périr dans les engins de pêche</figcaption></figure>



<p>Les dauphins ne votant pas et ne bloquant pas les ports, on doit craindre que la même logique politique produira les mêmes résultats en 2022, 2023,&#8230; Pauvres dauphins !</p>



<p class="has-text-align-right">Adrien, Alexandre et cetaces.org</p>
<p>L’article <a href="https://www.cetaces.org/mortalite-par-peche-en-gascogne-le-vent-a-t-il-tourne-cet-hiver/">Mortalité par pêche en Gascogne&nbsp;: le vent a-t-il tourné cet hiver&nbsp;?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.cetaces.org">Groupe de Recherche sur les Cétacés</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>De surprise en surprise&#8230; Un Mégaptère échoué dans le Golfe du Lion</title>
		<link>https://www.cetaces.org/un-megaptere-echoue-dans-le-golfe-du-lion/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Adrien]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 May 2021 21:59:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Méditerranée]]></category>
		<category><![CDATA[baleines]]></category>
		<category><![CDATA[échouages]]></category>
		<category><![CDATA[Mégaptère]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.cetaces.org/?p=13665</guid>

					<description><![CDATA[<p>Sur nos côtes méditerranéennes, les baleineaux se suivent... et ne se ressemblent pas&#160;!</p>
<p>L’article <a href="https://www.cetaces.org/un-megaptere-echoue-dans-le-golfe-du-lion/">De surprise en surprise&#8230; Un Mégaptère échoué dans le Golfe du Lion</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.cetaces.org">Groupe de Recherche sur les Cétacés</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Sur nos côtes méditerranéennes, les baleineaux se suivent&#8230; et ne se ressemblent pas&nbsp;!</h2>



<p>La presse s&rsquo;est ruée sur l&rsquo;évènement, comme si elle attendait autre chose&#8230; Et oui, « le nom de Wally était sur toutes les lèvres », raconte un reportage du <a href="https://www.midilibre.fr/2021/05/26/herault-une-baleine-a-bosse-echouee-sur-les-plages-de-la-grande-motte-9567480.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Midi Libre</a>. Après certains articles particulièrement paniqués, le grand public, autant que les journaux, attend en effet des nouvelles de la jeune Baleine grise égarée en Méditerranée, et le jeune animal (aperçu la dernière fois à Minorque le 22 mai après avoir malheureusement changé de route) pourrait effectivement bien revenir très bientôt dans nos eaux.</p>



<p><strong>Et en fait&#8230; non !</strong></p>



<p>Ce n&rsquo;est pourtant pas lui qui a été retrouvé échoué tout à l&rsquo;heure près de la Grande-Motte&nbsp;; c&rsquo;est un autre baleineau, certes moins exceptionnel mais pas pour autant commun&nbsp;: un <strong>jeune <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.cetaces.org/fiches/baleine-a-bosse/" target="_blank">Mégaptère</a></strong>, aussi appelé Baleine à bosse (ou encore Jubarte, ou plus simplement <em>Megaptera novaeangliae</em> en jargon scientifique)&nbsp;!</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="723" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Mn-Grande-Motte-Elodie-Sene-1.jpg" alt="" class="wp-image-13668" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Mn-Grande-Motte-Elodie-Sene-1.jpg 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Mn-Grande-Motte-Elodie-Sene-1-560x395.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Mn-Grande-Motte-Elodie-Sene-1-567x400.jpg 567w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Mn-Grande-Motte-Elodie-Sene-1-768x542.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>On distingue sur cette image la bosse et l&rsquo;aileron caractéristiques, ainsi que les longues nageoires pectorales (© E. Sene 26 mai 2021)</figcaption></figure>



<p>La Baleine à bosse est une espèce commune dans les trois océans, mais elle n&rsquo;habite en revanche pas en Méditerranée, et cet échouage est donc un évènement rare&nbsp;: le précédent sur nos côtes datait de juin 2011, déjà dans le Golfe du Lion. Il semble cependant (ou serait-ce que le nombre de photographes augmente&nbsp;?) que l&rsquo;espèce soit de plus en plus fréquemment rencontrée en Méditerranée nord-occidentale depuis une dizaine d&rsquo;années, à peu près une fois par an&nbsp;: nos voisins espagnols ont eu un échouage non loin de Valence en 2019, et une double observation a eu lieu en Italie, dans le Golfe de Gênes, en août puis novembre 2020 (l&rsquo;animal de novembre était déjà présent dans le groupe de deux observé en août, et cela constituait par ailleurs une recapture photographique provenant de la République Dominicaine&#8230; 34 ans plus tôt&nbsp;!!).</p>



<p>Averti de cette triste nouvelle, le Réseau Échouages a pris en charge le cadavre en début d&rsquo;après-midi, avec l&rsquo;aide des services municipaux. Élodie Sene (Institut marin du Seaquarium du Grau-du-Roi), correspondante locale du réseau, a supervisé les opérations de mise à l&rsquo;abri du baleineau.<br>D&rsquo;après ses premières observations, l&rsquo;animal, très maigre et déjà en cours de putréfaction, mesure environ 7 mètres, ce qui en ferait donc un individu de moins d&rsquo;un an.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="981" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Mn-Grande-Motte-Elodie-Sene-2.jpg" alt="" class="wp-image-13669" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Mn-Grande-Motte-Elodie-Sene-2.jpg 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Mn-Grande-Motte-Elodie-Sene-2-560x536.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Mn-Grande-Motte-Elodie-Sene-2-418x400.jpg 418w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Mn-Grande-Motte-Elodie-Sene-2-768x736.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>L&rsquo;animal (notons les classiques petites tubérosités sur le museau) a été déplacé pour permettre la nécropsie (© E. Sene 26 mai 2021)</figcaption></figure>



<p>La cause de sa mort est pour l&rsquo;instant inconnue, mais il est en tout cas probable que l&rsquo;animal ait été séparé de sa mère un peu trop tôt, peut-être après la mort de celle-ci ou bien suite à un autre évènement indéterminé, et se soit ensuite perdu et ait fini par mourir en Méditerranée. La nécropsie sera réalisée en fin de semaine par une équipe de correspondants RNE du Golfe du Lion, et permettra sans doute d&rsquo;en apprendre davantage.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1280" height="790" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Megaptere_1986_ag.jpg?v=1617899193" alt="" class="wp-image-13276" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Megaptere_1986_ag.jpg?v=1617899193 1280w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Megaptere_1986_ag-560x346.jpg?v=1617899193 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Megaptere_1986_ag-648x400.jpg?v=1617899193 648w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/04/Megaptere_1986_ag-768x474.jpg?v=1617899193 768w" sizes="(max-width: 1280px) 100vw, 1280px" /><figcaption>Maman Mégaptère et son micro nouveau-né aux grandes nageoires blanches (Antilles, 1986)</figcaption></figure>



<p>Si le <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.cetaces.org/fiches/rorqual-commun/" target="_blank">Rorqual commun</a> est le seul mysticète (la seule « baleine ») résidant en Méditerranée, on peut en tout cas noter une diversité étonnante en ce début d&rsquo;année 2021 : Évidemment, la jeune <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.cetaces.org/202105/baleineau-gris-en-mediterranee-francaise-on-taime-bien-mais/" target="_blank">baleine grise a fait couler beaucoup d&rsquo;encre</a>, mais on se rappelle que nous avions également nécropsié un jeune Rorqual à museau pointu au mois de février&#8230; quatre espèces de baleines en Méditerranée française en quelques mois, voilà qui est probablement inédit ! Les migrateurs sont-ils déboussolés ?<br>Au-delà de l&rsquo;anecdote, il est trop tôt pour savoir si cela signe un véritable changement de répartition, ou d&rsquo;écologie, des espèces ou des biotopes.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="660" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Ba_Ad_0979.jpg" alt="" class="wp-image-12954" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Ba_Ad_0979.jpg 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Ba_Ad_0979-560x361.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Ba_Ad_0979-621x400.jpg 621w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Ba_Ad_0979-768x495.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Jeune <a href="https://www.cetaces.org/202102/saint-tropez-une-petite-surprise-un-petit-rorqual/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Rorqual à museau pointu nécropsié</a> à Saint-Tropez (février 2021)</figcaption></figure>



<p>Concernant notre jeune Mégaptère, à ce stade nous ne pouvons faire que des hypothèses généralistes. Étant donné sa taille, le plus vraisemblable est qu&rsquo;il soit né (la longueur à la naissance est d&rsquo;un peu plus de quatre mètres) sous les tropiques en début d&rsquo;hiver, et qu&rsquo;il se soit perdu en Méditerranée en essayant de remonter vers le Nord. Il pourrait ainsi appartenir à la petite population qui se reproduit au Cap-Vert et qui se nourrit l&rsquo;été en Norvège ou en Islande.<br>Mais les Baleines à bosse sont de grandes voyageuses, et on ne peut donc rien exclure (d&rsquo;autant plus que, les populations océaniques se portant plutôt bien, certains individus peuvent être tentés de déborder de leur environnement habituel pour aller voir ailleurs si l&rsquo;herbe est verte, et c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs peut-être un des facteurs derrière l&rsquo;augmentation des rencontres en Méditerranée).<br>Pour semer un petit peu plus de doute sur sa population d&rsquo;origine, notons que les grandes nageoires pectorales des Mégaptères d&rsquo;Atlantique Nord ont habituellement leur face dorsale de couleur blanche, tandis que ces faces dorsales sont en général noires chez leurs cousines de l&rsquo;hémisphère Sud. Et ici, notre baleineau&#8230; a les pectorales&#8230; noires. Ce n&rsquo;est évidemment pas un critère absolu, mais nous attendrons donc avec curiosité les résultats des analyses génétiques à venir, histoire de comprendre un peu mieux ces égarements de baleineaux&#8230; en souhaitant que le prochain voyageur perdu ne finisse pas inerte sur une plage !</p>



<p class="has-text-align-right">Adrien et cetaces.org</p>
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		<title>Baleine grise et Grande bleue, mission Mimosa</title>
		<link>https://www.cetaces.org/baleine-grise-et-grande-bleue-mission-mimosa/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alex G.]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 May 2021 09:26:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité GREC]]></category>
		<category><![CDATA[Méditerranée]]></category>
		<category><![CDATA[baleines]]></category>
		<category><![CDATA[échouages]]></category>
		<category><![CDATA[protection]]></category>
		<category><![CDATA[Sanctuaire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>30 avril 18h35, le GREC est cap à l'Est en train de réexaminer la baie de St-Raphaël, ça sent méchamment la carotte lorsque ... Frank Dhermain, coordinateur du Réseau Échouages Méditerranée, et Franck Dupraz (Miraceti) annoncent sur Whatsapp que 'la Baleine est dans le port de Bormes-les Mimosas, dans 2 mètres d'eau et en grand danger d'échouage'.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Un presque-échouage à Bormes le vendredi 30 avril</h2>



<p>La Baleine grise de Méditerranée étant attendue le long des côtes françaises <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.cetaces.org/202104/baleine-grise-et-grande-bleue-coucou-me-revoilou/" target="_blank">à l&rsquo;issue de son périple italien</a>, le Groupe de Recherche sur les Cétacés avait mobilisé ses moyens pour tenter de l&rsquo;observer et surtout être prêt à intervenir en cas de danger pour le baleineau (il mesure 7,50-8,00 m, il est probablement âgé de 15 mois)&nbsp;: les filets ne manquent pas le long des côtes. Le jeudi 29 avril, nous patrouillons entre le Cap Ferrat et le Cap Dramont&nbsp;: de fortes pluies interrompent la manip, nous sommes bredouilles&nbsp;&#8230; la Baleine aura sans doute passé l&rsquo;Estérel sans qu&rsquo;on la voie.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="534" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Team-29-avril.jpg?v=1619861843" alt="" class="wp-image-13389" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Team-29-avril.jpg?v=1619861843 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Team-29-avril-560x292.jpg?v=1619861843 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Team-29-avril-767x400.jpg?v=1619861843 767w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Team-29-avril-768x401.jpg?v=1619861843 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Jeudi 29 avril&nbsp;: lors d&rsquo;une patrouille matinale entre Ferrat et Dramont, nous avons détecté beaucoup de pluie grise, mais pas de Baleine grise&#8230;</figcaption></figure>



<p>Vendredi matin en fin de matinée, le groupe Whatsapp créé par Costanza Favilli (Secrétariat permanent du sanctuaire PELAGOS) s&rsquo;agite : la Baleine se trouvait hier soir paisible juste devant le port de Mandelieu, un plaisancier l&rsquo;a filmée. Jean-Louis, notre capitaine, est heureusement en train de ravitailler en pétrole notre canot, <em>Wanaka</em>, lorsque la nouvelle tombe&#8230; Après conciliabule, nous repartirons vers 14h00 en patrouillant jusqu&rsquo;au cap Camarat, le long du littoral. Adrien, cartomancien en chef, a pronostiqué que la Baleine y passerait vers 16h00 !</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="533" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Team-Gendarmerie.jpg?v=1619860748" alt="" class="wp-image-13380" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Team-Gendarmerie.jpg?v=1619860748 800w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Team-Gendarmerie-560x373.jpg?v=1619860748 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Team-Gendarmerie-600x400.jpg?v=1619860748 600w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Team-Gendarmerie-768x512.jpg?v=1619860748 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption>Passage de relais entre le bateau de la Gendarmerie et <em>Wanaka</em>, où officient un vétérinaire et des cétologues</figcaption></figure>



<p><strong>30 avril 18h35,</strong> le GREC est cap à l&rsquo;Est en train de réexaminer la baie de St-Raphaël, ça sent méchamment la carotte lorsque&nbsp;&#8230; Frank Dhermain, coordinateur du Réseau Échouages Méditerranée, et Franck Dupraz (Miraceti) annoncent sur Whatsapp que « la Baleine est dans le port de Bormes-les Mimosas, dans 2 mètres d&rsquo;eau et en grand danger d&rsquo;échouage ».</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="690" height="870" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Cap-Benat_Mimosa-shom.jpg" alt="" class="wp-image-13391" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Cap-Benat_Mimosa-shom.jpg 690w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Cap-Benat_Mimosa-shom-444x560.jpg 444w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Cap-Benat_Mimosa-shom-317x400.jpg 317w" sizes="(max-width: 690px) 100vw, 690px" /><figcaption>Vendredi 30 avril au soir&nbsp;: l&rsquo;opération &lsquo;Mimosa&rsquo;</figcaption></figure></div>



<p>A terre, les téléphones sonnent&nbsp;: port, Gendarmerie, CODIS (pompiers de la Sécurité civile), sanctuaire PELAGOS, correspondants du RNE&#8230; il y a un besoin urgent d&rsquo;intervention, ou <em>a minima</em> d&rsquo;évaluation. Adrien répond qu&rsquo;&nbsp;« on peut y être dans trois quarts d&rsquo;heure ». Il présume un peu de la puissance de <em>Wanaka</em>&#8230; qui bondit quand même à 30 nœuds vers l&rsquo;Ouest, avec la pleine poussée de ses moult chevaux&nbsp;: l&rsquo;opération &lsquo;Mimosa&rsquo; est en route.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="643" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Grise-Mimosa_9482.jpg?v=1619861004" alt="" class="wp-image-13382" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Grise-Mimosa_9482.jpg?v=1619861004 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Grise-Mimosa_9482-560x352.jpg?v=1619861004 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Grise-Mimosa_9482-637x400.jpg?v=1619861004 637w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Grise-Mimosa_9482-768x482.jpg?v=1619861004 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Juste au sud de la pointe de la Ris, le baleineau fait du rase-cailloux après avoir quitté le port de Bormes-les-Mimosas</figcaption></figure>



<p><strong>19h30,</strong> en vue de la Baleine et d&rsquo;une vedette de Gendarmerie, à un jet de pierre de la côte au sud du port de Bormes&nbsp;: le baleineau &lsquo;Mimosa&rsquo; a finalement déjà été ramené vers la sortie du port, il longe le cap Bénat à petite vitesse, dans deux mètres d&rsquo;eau à peu près. Les premières manœuvres ne sont pas faciles, l&rsquo;animal est très près du bord et nous avons beaucoup de mal à essayer de nous glisser entre lui et la côte ! Heureusement, il ne semble pas effrayé, et parait même parfois curieux. Les gendarmes et la police nous passent le relais puis Florent et Greg (Espaces maritimes de la communauté de communes du golfe de St-Tropez) nous rejoignent à bord.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="733" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Grise-Mimosa_9496.jpg?v=1619860869" alt="" class="wp-image-13381" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Grise-Mimosa_9496.jpg?v=1619860869 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Grise-Mimosa_9496-560x401.jpg?v=1619860869 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Grise-Mimosa_9496-559x400.jpg?v=1619860869 559w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Grise-Mimosa_9496-768x550.jpg?v=1619860869 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>&lsquo;Mimosa&rsquo; s&rsquo;apprête à parer la pointe de l&rsquo;Esquillette</figcaption></figure>



<p>Notre mission&nbsp;: accompagner &lsquo;Mimosa&rsquo; pour qu&rsquo;il passe le cap, en essayant de le faire se diriger vers des eaux un peu moins dangereuses&#8230; <em>Wanaka</em> évolue dans 1 à 3 m d&rsquo;eau, côté côte, tout doucement, à 50-100 m derrière le baleineau. Celui-ci progresse avec des sondes toutes plates de 1 à 2 minutes, en respirant une seule fois entre deux sondes.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="663" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Grise-Mimosa_tete-site.jpg?v=1619860591" alt="" class="wp-image-13379" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Grise-Mimosa_tete-site.jpg?v=1619860591 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Grise-Mimosa_tete-site-560x363.jpg?v=1619860591 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Grise-Mimosa_tete-site-618x400.jpg?v=1619860591 618w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Grise-Mimosa_tete-site-768x497.jpg?v=1619860591 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Échappé des dangers du cap Bénat, le baleineau évolue en pleine eau&#8230; au loin, l&rsquo;île de Port-Cros, à l&rsquo;ouest de celle du Levant</figcaption></figure>



<p><strong>20h15</strong>, nous avons paré l&rsquo;essentiel des dangers qui débordent le rivage Est du cap Bénat, nous sommes sur 20 m d&rsquo;eau, le baleineau a maintenant un comportement normal de voyage, à 2-3 nœuds, avec des vraies sondes où il montre bien sa tête et son pédoncule caudal ; vu de de loin, ce dernier semble porter quelques marques suspectes (des blessures à la caudale seront d&rsquo;ailleurs révélées sur des vidéos réalisées lors de ses précédentes rencontres), sans que le baleineau ne paraisse trop gêné. Sa progression est irrégulière, mais nous le sentons &lsquo;tranquille&rsquo;&#8230; dans la pénombre grandissante se profilent les îles de Port-Cros, la grande Passe, Porquerolles et aussi la presqu&rsquo;île de Giens qui fait obstacle à la progression du baleineau vers l&rsquo;Ouest &#8230; la route de la sortie vers l&rsquo;Atlantique, et la vie sauve &#8230; peut-être !</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="669" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Grise-Mimosa_9523.jpg?v=1619860440" alt="" class="wp-image-13377" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Grise-Mimosa_9523.jpg?v=1619860440 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Grise-Mimosa_9523-560x366.jpg?v=1619860440 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Grise-Mimosa_9523-612x400.jpg?v=1619860440 612w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/05/Grise-Mimosa_9523-768x502.jpg?v=1619860440 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on aimerait que &lsquo;Mimosa&rsquo; choisisse la Grande Passe pour continuer sa route vers l&rsquo;Ouest</figcaption></figure>



<p><strong>21h00</strong>, à 1 mille au sud de Bénat, la nuit est tombée, après une dernière observation nous souhaitons bonne chance à &lsquo;Mimosa&rsquo;&nbsp;&#8230; il en aura besoin. Bien qu&rsquo;amaigri, le baleineau semble en bonne forme, donc, peut-être&#8230; Nous déposons Florent et Greg et faisons le plein d&rsquo;essence&nbsp;: riche idée du port de Bormes-les-Mimosas que d&rsquo;avoir une pompe H24 avec paiement par carte.</p>



<p><strong>23h30,</strong> port de Golfe-Juan, mission &lsquo;Mimosa&rsquo; accomplie, <em>Wanaka </em>de retour à sa place. Pour nous, il est temps de passer à la soupe.</p>



<p class="has-text-align-right">Alexandre et cetaces.org</p>
<p>L’article <a href="https://www.cetaces.org/baleine-grise-et-grande-bleue-mission-mimosa/">Baleine grise et Grande bleue, mission Mimosa</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.cetaces.org">Groupe de Recherche sur les Cétacés</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Insécurité dans les eaux azuréennes&#160;: quand Tursiops et Stenella règlent leurs comptes</title>
		<link>https://www.cetaces.org/insecurite-eaux-azureennes-tursiops-stenella-reglent-leurs-comptes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Adrien]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Mar 2021 14:21:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité GREC]]></category>
		<category><![CDATA[Méditerranée]]></category>
		<category><![CDATA[Dauphin bleu et blanc]]></category>
		<category><![CDATA[échouages]]></category>
		<category><![CDATA[nécropsie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.cetaces.org/?p=13051</guid>

					<description><![CDATA[<p>J’ai pu lire récemment dans la presse que les rixes entre bandes rivales étaient en augmentation. Les rubriques Faits divers s’en font régulièrement écho, et on pourrait être tenté, pour s’écarter de ces turpitudes bien humaines, de plutôt se tourner vers l’observation...</p>
<p>L’article <a href="https://www.cetaces.org/insecurite-eaux-azureennes-tursiops-stenella-reglent-leurs-comptes/">Insécurité dans les eaux azuréennes&nbsp;: quand Tursiops et Stenella règlent leurs comptes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.cetaces.org">Groupe de Recherche sur les Cétacés</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>J’ai pu lire récemment dans la presse que les rixes entre bandes rivales étaient en augmentation. Les rubriques <em>Faits divers</em> s’en font régulièrement écho, et on pourrait être tenté, pour s’écarter de ces turpitudes bien humaines, de plutôt se tourner vers l’observation de la Nature. Malheureusement ça ne marche pas toujours, celle-ci pouvant parfois être un peu décevante&nbsp;: les rixes entre bandes rivales peuvent aussi y être en augmentation&nbsp;!</p>



<p>Ces dernières années nous allons régulièrement réaliser les nécropsies des dauphins amenés par les pompiers au Laboratoire Vétérinaire Départemental des Alpes-Maritimes, dans le cadre du RNE (Réseau National Échouages)&nbsp;; les causes de mort que nous découvrons sont diverses –et d’ailleurs fréquemment incertaines, surtout quand le cadavre est ancien–, et permettent parfois de mettre le doigt sur des questions intéressantes&#8230; la preuve ci-dessous&nbsp;!<br><br></p>



<h2 class="wp-block-heading">Un cas sortant de l&rsquo;ordinaire</h2>



<p>Certaines nécropsies de cétacés peuvent être particulièrement intrigantes&nbsp;; c’était le cas par exemple de ce <em><a rel="noreferrer noopener" href="https://www.cetaces.org/fiches/dauphin-bleu-et-blanc/" target="_blank">Stenella</a></em> échoué sur la Côte d&rsquo;Azur courant février&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list"><li>L’animal, un mâle adulte de 2,02&nbsp;mètres, paraissait en bonne santé générale, avec un bon état d’embonpoint, et des traces d’alimentation récente dans l’estomac&nbsp;: bref il semblait avoir été en pleine forme jusqu’à quelques heures avant sa mort,</li><li>Quelques traces cutanées attiraient l’œil&nbsp;: des petites ecchymoses étaient visibles au niveau des flancs, du thorax et de la zone jugulaire, signe de probables coups violents reçus avant sa mort,</li></ul>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="658" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/ecchymoses_0710.jpg" alt="" class="wp-image-13039" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/ecchymoses_0710.jpg 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/ecchymoses_0710-560x360.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/ecchymoses_0710-622x400.jpg 622w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/ecchymoses_0710-768x494.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Ecchymoses en région thoracique</figcaption></figure>



<ul class="wp-block-list"><li>De nombreuses griffures étaient visibles sur la moitié arrière de l’animal.</li></ul>



<p>Il est certes très fréquent que les <em>Stenella</em>, qui se chamaillent parfois entre eux, portent des marques anciennes (cicatrisées) de coups de dent, et il est également très fréquent que les cadavres reçoivent des griffures <em>post-mortem</em>, soit provenant de charognards (goélands en particulier), soit en se faisant ballotter contre certains rochers coupants.</p>



<p>Mais nos griffures, cette fois-ci, ne semblaient pas correspondre à ces cas «&nbsp;classiques&nbsp;», pour plusieurs raisons&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list"><li>Elles étaient très «&nbsp;ordonnées&nbsp;», en groupes parallèles comme plusieurs coups de râteau, ce qui excluait les rochers et les oiseaux,</li><li>Ces coups de râteau ressemblaient donc plutôt à des traces de morsures, mais l’écartement entre les tranchées était de 10 à 13&nbsp;mm environ, ce qui excluait les dents de <em>Stenella</em> puisque ces derniers ont un espacement interdentaire plus proche de 5-7&nbsp;mm,</li><li>Elles n’étaient pas cicatrisées et étaient donc récentes,</li><li>Un début d’inflammation était visible, et du sang s’écoulait de certaines de ces griffures, ce qui indiquait qu’elles avaient été reçues par le <em>Stenella</em> avant sa mort,</li><li>Leur localisation était restreinte à la partie postérieure du corps, ce qui tend également à indiquer une action <em>ante-mortem</em>&nbsp;; cela peut également nous faire penser que le <em>Stenella</em> fuyait l’origine de ces marques.</li></ul>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="646" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/stennou_2374.jpg" alt="" class="wp-image-13045" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/stennou_2374.jpg 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/stennou_2374-560x353.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/stennou_2374-634x400.jpg 634w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/stennou_2374-768x485.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Moitié postérieure bien amochée pour ce jeune Dauphin bleu et blanc</figcaption></figure>



<p>Nous nous retrouvons donc avec selon toutes probabilités un <em>Stenella</em> mort peu après s’être fait poursuivre par un animal lui laissant sur l’arrière-train des traces de râteau espacées de 10 à 13&nbsp;mm. On exclut les marques de griffes (les attaques de lions sont plutôt rares au large des côtes azuréennes), et on peut donc se demander quel animal a mordu notre <em>Stenella</em>.</p>



<p>Compte tenu de la taille des morsures, on est sur la bouche d’un grand animal… il n’y a pas l’embarras du choix. Les dents de requins sont très coupantes, et arrachent des morceaux de chair sans faire de marques de râteaux, et on peut donc réduire nos suspicions aux cétacés.<br>Ici l’espacement interdentaire va nous aider&nbsp;: parmi les odontocètes réguliers en Méditerranée, les petits delphinidés ont un espacement inférieur à 10&nbsp;mm, tandis que globicéphales, <em>Grampus</em>, cachalots, <em>Ziphius</em>, ou même orques ont des intervalles bien supérieurs à 13&nbsp;mm.<br>Voilà donc que notre enquête se resserre sur, vous l’aviez vu venir, le <a href="https://www.cetaces.org/fiches/grand-dauphin/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Grand dauphin</a>&nbsp;!</p>



<p><br>Ce n’est pas complètement une surprise, puisque des cas d’attaques de <em>Tursiops</em> sur d’autres espèces de cétacés (souvent plus petits qu’eux) ont été recensés un peu partout dans le monde. La situation la plus courante est celle d’agression dirigée contre des <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.cetaces.org/fiches/marsouin-commun/" target="_blank">Marsouins communs</a>, observée dès le début des années 1990 au niveau des îles britanniques (Ross et Wilson, 1996). Les cas d’attaques sur Dauphins bleus et blancs, moins fréquents, ont été décrits pour la première fois quelques années plus tard avec un juvénile trouvé sur les côtes espagnoles (Alonso <em>et al.</em>, 2000).</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="611" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/Tt_1010.jpg" alt="" class="wp-image-13047" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/Tt_1010.jpg 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/Tt_1010-560x334.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/Tt_1010-670x400.jpg 670w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/Tt_1010-768x458.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Atteignant en Méditerranée 3,50&nbsp;mètres pour quelques centaines de kilogrammes, le <em>Tursiops</em> est une bestiole plutôt imposante</figcaption></figure>



<p>En Méditerranée française, des morts de Dauphins bleus et blancs suite à attaque de Grands dauphins sont notées depuis 2004, et le phénomène semble en nette augmentation ces dernières années (Dhermain <em>et al.</em>, 2020)&nbsp;; les victimes peuvent être indistinctement des juvéniles ou des adultes des deux sexes.</p>



<p><br>Il est possible que certaines interactions musclées ne mènent pas à la mort du <em>Stenella</em>, de même qu’il est plus que probable que certains cadavres de Dauphins bleus et blancs peu ou pas mordus passent inaperçus. Même en l’absence de morsures, d’autres indices peuvent néanmoins signer une mort par attaque de <em>Tursiops</em>&nbsp;; une analyse bibliographique nous indique en particulier ceux-ci&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list"><li>Ecchymoses cutanées,</li><li>Hématomes ou hémorragies dans le lard sous-cutané, la musculature sous-jacente, les organes internes (accompagnées ou non d’épanchements sanguins dans les cavités thoracique et/ou abdominale) ou les yeux,</li><li>Fractures de côtes, de vertèbres, de disques intervertébraux, du crâne, des bulles tympaniques, de la mandibule, des omoplates ou même de certains organes internes (foie en particulier),</li><li>Lacérations pulmonaires du fait des côtes cassées.</li></ul>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="699" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/hematome_0753.jpg" alt="" class="wp-image-13041" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/hematome_0753.jpg 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/hematome_0753-560x382.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/hematome_0753-586x400.jpg 586w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/hematome_0753-768x524.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Hématome important au niveau des muscles thoraciques</figcaption></figure>



<p>De fait, concernant notre adulte de février, nous avions pu découvrir, en plus des morsures et des ecchymoses cutanées, quelques petits hématomes au niveau de la paroi abdominale, mais surtout d’impressionnants hématomes au niveau de la musculature thoracique, assortis de fractures sur au moins neuf côtes réparties des deux côtés de l’animal.<br>L’intégrité de la cage thoracique et de la plèvre pariétale était d’ailleurs rompue sur le côté gauche&nbsp;; en outre les deux poumons avaient été lacérés par certaines esquilles aiguës provenant des côtes cassées.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1138" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/montage-lesions-poum.jpg" alt="" class="wp-image-13050" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/montage-lesions-poum.jpg 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/montage-lesions-poum-504x560.jpg 504w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/montage-lesions-poum-360x400.jpg 360w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/montage-lesions-poum-768x854.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Lésions à la cage thoracique et lacération des poumons</figcaption></figure>



<p>Ces signes témoignent de la violence des agressions. Si les attaques en elles-mêmes n’ont à notre connaissance pas été observées en Méditerranée, on peut cependant s’appuyer sur les descriptions effectuées dans d’autre régions du monde pour les imaginer. Au-delà des morsures, Cotter <em>et al.</em> (2012) classifient par exemple les coups en différents types&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list"><li>A&nbsp;: la prise en étau, coopération entre deux <em>Tursiops</em> qui pressent énergiquement leur victime jusqu’à potentiellement la sortir de l’eau, pouvant provoquer des hématomes et des fractures de côtes,</li><li>B&nbsp;: la noyade, où l’agresseur empêche la victime de respirer en l’enfonçant sous l’eau à chaque tentative,</li><li>C&nbsp;: la projection de la victime hors de l’eau, en général par des violentes frappes de la tête ou de la caudale,</li><li>D&nbsp;: les charges, où les <em>Tursiops</em> donnent de manière rapide et répétée des coups de rostre, à la manière d’un bélier.</li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="788" height="600" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/captcotter.jpg" alt="" class="wp-image-13036" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/captcotter.jpg 788w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/captcotter-560x426.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/captcotter-525x400.jpg 525w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/captcotter-768x585.jpg 768w" sizes="(max-width: 788px) 100vw, 788px" /><figcaption>Quatre techniques d&rsquo;attaque sur un infortuné marsouin (A&nbsp;: prise en étau&nbsp;; B&nbsp;: noyade&nbsp;; C&nbsp;: projection&nbsp;; D&nbsp;: charge) (Cotter <em>et al.</em>, 2012)</figcaption></figure></div>



<p>Ces «&nbsp;techniques&nbsp;» ont été décrites lors d’agressions de marsouins, mais elles sont probablement identiques avec les delphinidés, comme on peut le voir sur une agression mortelle rapportée par Methion et Díaz López (2021), avec un <a href="https://www.cetaces.org/fiches/dauphin-commun/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Dauphin commun</a> de Galice en guise de victime.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="980" height="920" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/deuxcaptures.jpg" alt="" class="wp-image-13038" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/deuxcaptures.jpg 980w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/deuxcaptures-560x526.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/deuxcaptures-426x400.jpg 426w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/deuxcaptures-768x721.jpg 768w" sizes="(max-width: 980px) 100vw, 980px" /><figcaption>Attaque du <em>Delphinus</em> galicien (noyade et charge avec projection)<br>(vidéo présentée par Methion et Díaz López, 2021, https://link.springer.com/article/10.1007/s10211-021-00363-0#Sec16)</figcaption></figure></div>



<p>La mort de la victime peut alors intervenir de plusieurs façons, de manière immédiate ou légèrement différée&nbsp;: par asphyxie (l’animal a été empêché de respirer) ou noyade (l’animal a été replongé de force sous l’eau alors qu’il était en train d’inspirer), par défaillance d’organe (y compris en particulier le système respiratoire, comme pour l’animal que nous avons précédemment décrit), par hémorragie interne (suite aux percussions) ou peut-être même externe (suite à de nombreuses morsures), par crise cardiaque (suite à peur ou douleur), ou éventuellement par séparation de son groupe dans le cas d’un jeune qui aurait réchappé à l’attaque mais qui n’arriverait pas à retrouver ses congénères.<br><br></p>



<h2 class="wp-block-heading">Et pourquoi, au fait&nbsp;?</h2>



<p>Ceux qui lisent des romans policiers le savent, au-delà du crime en lui-même c’est souvent son mobile qui prend une place centrale dans l’enquête. Or ici, celui-ci n’est… pas très clair.<br>Dans la grande majorité des cas, lorsqu’un individu d’une espèce A tue un individu d’une espèce B, la raison est simple&nbsp;: c’est pour s’en nourrir. C’est le cas bien sûr pour un dauphin et un poisson, et c’est également généralement le cas lorsqu’un Orque tue un dauphin.<br>En revanche, ce n’est pas ce que nous constatons lors de nos attaques de Grands dauphins&nbsp;: les victimes ne sont pas consommées, ce qui en fait donc un cas relativement rare dans le monde animal.</p>



<figure class="wp-block-audio"><audio controls src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/TtAboie.mp3"></audio><figcaption>Aboiements d&rsquo;une meute de <em>Tursiops</em>&#8230; un <em>Stenella</em> avisé ferait mieux de quitter la zone rapidement&nbsp;! (© Groupe de Recherche sur les Cétacés, 2020)</figcaption></figure>



<p><br>Chez les mammifères, les interactions agressives interspécifiques sans but de prédation peuvent classiquement être de plusieurs types. On peut notamment distinguer&nbsp;:<br>&#8211; Les anomalies exceptionnelles de comportement,<br>&#8211; Les réactions de défense,<br>&#8211; Les comportements de jeu et d’entraînement,<br>&#8211; L’agressivité hormonale,<br>&#8211; Les éliminations de compétiteurs.</p>



<p>En parcourant la bibliographie existante, on voit que ces explications, seules ou associées, ont pu être proposées dans le cadre des attaques de petits cétacés par des <em>Tursiops</em> dans divers endroits&nbsp;: qu’en est-il chez nous&nbsp;? Voyons voir&nbsp;!</p>



<p><br><strong>1) Comportement exceptionnel&nbsp;:</strong><br>On peut éliminer cette explication, ces comportements n’ayant plus rien d’une anomalie isolée puisqu’ils sont observés depuis longtemps dans plusieurs régions du monde.</p>



<p><br><strong>2) Réaction de défense&nbsp;:</strong><br>On se placerait dans un cas où des <em>Tursiops</em> voudraient se défendre contre un petit cétacé menaçant (qui voudrait les prédater, ou qu’une mère jugerait dangereux pour son jeune). Cette piste a par exemple été retenue par une équipe argentine qui avait observé un comportement agressif de Grands dauphins sur des Céphalorhynques de Commerson, après que ces derniers se soient trop approchés d’un <em>Tursiops</em> juvénile (Coscarella et Crespo, 2009). Ce cas paraît néanmoins être une exception&nbsp;: dans notre situation, nous imaginons difficilement que des <em>Stenella</em> soient fréquemment perçus comme des menaces par des Grands dauphins. De plus, les marques de morsures sont en général plutôt retrouvées sur l’arrière du corps des Dauphins bleus et blancs, ce qui tend à indiquer que ceux-ci sont plutôt en position de fuite vis-à-vis des <em>Tursiops</em>&nbsp;: le règlement de comptes semble donc à sens unique.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="547" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/stenressort_0856.jpg" alt="" class="wp-image-13046" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/stenressort_0856.jpg 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/stenressort_0856-560x299.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/stenressort_0856-749x400.jpg 749w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/stenressort_0856-768x410.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Pouvoir fuir vite et loin, ça peut parfois être bien utile..!</figcaption></figure>



<p><br><strong>3) Comportement de jeu et d&rsquo;entraînement&nbsp;:</strong><br>C’est l’explication qui est fréquemment présentée comme étant la plus probable dans la littérature&nbsp;; elle se décline en deux facettes principales&nbsp;: l’entraînement à l’infanticide et l’entraînement à la bagarre.</p>



<p>Le fait de <strong>tuer un jeune animal de sa propre espèce</strong>, comportement relativement répandu chez les mammifères, pourrait avoir deux objectifs pour un <em>Tursiops</em>&nbsp;: il pourrait être utilisé par les mâles pour faire revenir en chaleur une femelle avec qui ils voudraient s’accoupler (celle-ci n’est pas réceptive lorsqu’elle est suitée mais pourrait revenir en œstrus une dizaine de jours après la perte de son jeune), ou il pourrait être utilisé par une femelle dominante qui, en tuant le jeune d’une autre femelle, augmente les chances de survie de son propre petit. Les petits cétacés attaqués sont donc, sous cette hypothèse, des victimes des entraînements à l’infanticide des Grands dauphins.<br>Cela dit, un entraînement, c’est bien beau, mais ça n’a un sens que si c’est destiné à ensuite réellement servir (laissons de côté les humains et leur dissuasion nucléaire). Les Grands dauphins tuent-ils réellement leurs petits&nbsp;? Eh bien oui&nbsp;: des cadavres de jeunes <em>Tursiops</em>, présentant des lésions comparables à celles trouvées chez les marsouins ou chez nos <em>Stenella</em>, sont effectivement retrouvés échoués dans plusieurs régions du monde (Patterson <em>et al.</em>, 1998&nbsp;; Díaz López <em>et al.</em>, 2018), renforçant donc dans ces zones l’hypothèse de l’entraînement à l’infanticide pour expliquer les agressions de <em>Tursiops</em>.<br>En revanche, chez nous… les infanticides de <em>Tursiops</em> semblent absents ou très rares, et cette hypothèse est donc assez peu probable.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="561" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/nou_0783.jpg" alt="" class="wp-image-13043" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/nou_0783.jpg 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/nou_0783-560x307.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/nou_0783-730x400.jpg 730w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/nou_0783-768x421.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>«&nbsp;Hey, ne leur donnez pas de mauvaises idées&nbsp;! Aucune envie de me faire infanticider, moi.&nbsp;»</figcaption></figure>



<p><br>Les <strong>bagarres intraspécifiques</strong> sont reliées à la socialité de la reproduction chez les <em>Tursiops</em>. Ils sont dits polygynes, et il peut donc y avoir une forte compétition entre mâles (ou groupes de mâles alliés) pour l’accès aux femelles, d’où chamailleries&nbsp;; certaines études rapportent d’ailleurs que les <em>Tursiops</em> mâles ont un taux de cicatrices significativement supérieur à celui des femelles (Marley <em>et al.</em>, 2013). Dans ce cadre, s’entraîner peut être utile, et utiliser comme punching-ball un animal d’une autre espèce plus petite et peu capable de se défendre est plutôt intelligent (à défaut d’être très chevaleresque).</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="639" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/balafre_1020.jpg" alt="" class="wp-image-13035" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/balafre_1020.jpg 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/balafre_1020-560x349.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/balafre_1020-641x400.jpg 641w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/balafre_1020-768x479.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Mine balafrée mais plutôt satisfaite&#8230; serais-je un mâle&nbsp;?</figcaption></figure>



<p>Ces exercices de bagarres, au détriment de leurs lointains cousins, pourraient avoir trois buts un peu distincts&nbsp;: premièrement, évidemment, se roder aux techniques d’attaques&nbsp;; deuxièmement, renforcer les liens et la coordination au sein d’un groupe de mâles alliés&nbsp;; troisièmement, enfin, asseoir sa dominance (ou essayer de bousculer la hiérarchie) en prouvant –sans prendre trop de risques– sa force aux autres individus&nbsp;: un genre de dissuasion nucléaire à la sauce <em>Tursiops</em>, en somme.<br>Cette explication est crédible dans plusieurs régions, et en particulier parce que lors des quelques cas où les agressions étaient observées et que les populations de Grands dauphins étaient photo-identifiées, c’est-à-dire en particulier en Californie (Cotter <em>et al.</em>, 2012) et en Galice (Methion et Díaz López, 2021), les animaux agresseurs étaient exclusivement des mâles. C’est une hypothèse qui pourrait être cohérente dans nos eaux azuréennes, pourquoi pas&nbsp;!</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="642" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/agressif_7310.jpg" alt="" class="wp-image-13034" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/agressif_7310.jpg 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/agressif_7310-560x351.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/agressif_7310-638x400.jpg 638w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/agressif_7310-768x482.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Séquence agressive entre deux <em>Tursiops</em> (sauts de type «&nbsp;noyade&nbsp;»)&#8230; mieux vaut ne pas être en dessous&nbsp;!</figcaption></figure>



<p><br><strong>4) Agressivité hormonale et frustration sexuelle&nbsp;:</strong><br>Ce sont des pistes qui sont plus fragiles, et difficilement investigables&nbsp;; elles rejoignent partiellement les précédentes. Comme ces dernières, elles sont cohérentes avec les photo-identifications de mâles, et proposent des niveaux particulièrement élevés de testostérone pour expliquer une agressivité ponctuelle des <em>Tursiops</em>, ce qui fonctionne bien en particulier dans les zones où les agressions envers les petits cétacés augmentent nettement lors de l’été –saison de plus forte reproduction des <em>Tursiops</em>– (cas de la Californie) mais qui tient un peu moins bien dans d’autres régions (cas des îles britanniques). La frustration sexuelle chez certains mâles californiens pourrait également provenir d’un ratio mâle-femelle déséquilibré, privant <em>de facto</em> de reproduction les mâles inexpérimentés ou socialement peu élevés (Cotter <em>et al.</em>, 2012). C’est une possibilité également envisageable en Galice où la mise à mort du <em>Delphinus</em> a été brièvement suivie par un acte à caractère sexuel (Methion et Díaz López, 2021).</p>



<p>Cette explication est-elle à creuser chez nous&nbsp;? A-t-on en particulier une nette augmentation de nos cas d’agression pendant la saison de reproduction principale des <em>Tursiops</em>, c’est à dire l’été&nbsp;?<br>Penchons-nous sur les dates des cas d’agression que nous connaissons, notamment grâce aux rapports successifs de Dhermain <em>et al.</em> (rapports du RNE, région Méditerranée)&nbsp;; nous pourrons peut-être y remarquer quelque chose&#8230;</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="916" height="618" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/graphe1.png?v=1616745076" alt="" class="wp-image-13054" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/graphe1.png?v=1616745076 916w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/graphe1-560x378.png?v=1616745076 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/graphe1-593x400.png?v=1616745076 593w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/graphe1-768x518.png?v=1616745076 768w" sizes="(max-width: 916px) 100vw, 916px" /><figcaption>Nombre d&rsquo;attaques selon leur mois d&rsquo;occurrence (données RNE)</figcaption></figure></div>



<p>Il y a bien effectivement quelque chose, non&nbsp;? Mais la saisonnalité n’est pas vraiment là où on aurait pu penser la trouver&nbsp;! On constate que sur plus de vingt cas répartis sur une quinzaine d’années, seuls deux ont eu lieu entre mai et novembre, et tous les autres ont eu lieu pendant la saison hivernale au sens large. Cela met sérieusement du plomb dans l’aile à l’explication hormonale (sauf à imaginer un original, et peu probable, pic de testostérone ou de frustration pendant l’hiver).</p>



<p><br><strong>5) Agressions visant à éliminer des compétiteurs&nbsp;:</strong><br>C&rsquo;est la dernière hypothèse importante à considérer&nbsp;; elle peut prendre la forme d’une défense du territoire au sens strict, ou d’une compétition globale comprenant notamment la défense des intérêts alimentaires.</p>



<p>Pour ce qui est de la <strong>stricte territorialité</strong>, nous pouvons <em>a priori</em> l’écarter dans la mesure où nous ne trouvons pas près de nos côtes de groupe de <em>Tursiops</em> véritablement résident, qui utiliserait toute l’année une petite zone précise comme c’est parfois le cas ailleurs dans le monde (certains groupes sont notoirement connus pour habiter une baie, une lagune ou une passe corallienne)&nbsp;; l’exploitation du milieu par les <em>Tursiops</em> se fait chez nous de manière beaucoup plus fluide, même si certains groupes sont évidemment plus souvent observés dans une zone que dans une autre.</p>



<p><br>Pour ce qui est d’une <strong>compétition plus large</strong>, la question est davantage posée.<br>De façon générale, le Grand dauphin est en Méditerranée un animal plutôt côtier, tandis que le <em>Stenella</em> est (au contraire des victimes habituelles des <em>Tursiops</em>, Marsouin commun en tête) un dauphin pélagique affectionnant les eaux profondes. Comment imaginer alors une compétition entre ces deux espèces&nbsp;?<br>Intéressons-nous de plus près aux localisations des attaques rapportées par Dhermain <em>et al.</em>.<br>La Méditerranée française, c’est grand, et son écologie fine n’est en fait pas la même entre le Golfe du Lion, le talus liguro-provençal et les deux côtes de Corse. Nos interactions (les cadavres agressés étant souvent très frais, elles ont probablement lieu non loin des emplacements d’échouage) sont-elles localisées&nbsp;?<br>Absolument. En exceptant un échouage dans l’Hérault, toutes les agressions ont apparemment lieu dans trois départements (06, 13 et 83) et la grande majorité se situe en pratique entre Hyères et Menton.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="611" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/bathymedfrcopell.jpg" alt="" class="wp-image-13057" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/bathymedfrcopell.jpg 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/bathymedfrcopell-560x334.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/bathymedfrcopell-670x400.jpg 670w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/bathymedfrcopell-768x458.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Bathymétrie en Méditerranée française&nbsp;; la quasi-totalité des agressions se situe dans le cercle rouge (fond de carte Ifremer)</figcaption></figure>



<p>On voit donc que les agressions sont cantonnées à la zone où le plateau est très réduit, et où les canyons profonds se rapprochent très près de la côte, parfois quelques petits kilomètres.<br>Aïe&nbsp;! Qui aime évoluer à proximité du plateau et de la côte&nbsp;? les <em>Tursiops</em>. Qui aime manger dans les canyons&nbsp;? les <em>Stenella</em>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="630" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/stencap_3410.jpg" alt="" class="wp-image-13044" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/stencap_3410.jpg 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/stencap_3410-560x345.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/stencap_3410-650x400.jpg 650w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/stencap_3410-768x473.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>«&nbsp;Un peu près, Cougar&nbsp;», diraient les fans de <em>Top Gun</em></figcaption></figure>



<p>Voilà donc que l’hypothèse de la compétition devient intéressante. Le <em>Stenella</em> et le <em>Tursiops</em> sont deux espèces opportunistes au régime alimentaire très diversifié&nbsp;: Céphalopodes, poissons, crustacés… tout y passe, ou presque. Généralement, la tendance est toutefois plutôt à la consommation de poissons pour les <em>Tursiops</em>, et à la consommation de calmars pour les <em>Stenella</em>. Mais il n’y a malheureusement pas de données solides sur l’alimentation des deux espèces sur le talus liguro-provençal, qui pourraient nous permettre de comprendre plus précisément si une compétition alimentaire importante existe. Des informations italiennes du début des années 1990 rapportent néanmoins que les <em>Tursiops</em> de la zone Ligure sont ceux présentant la plus grande diversité de proies, avec 28 espèces de poissons, 8 espèces de céphalopodes et une espèce de crustacés (Astruc, 2005). Et concernant les <em>Stenella</em> azuréens, nous savons par expérience qu’ils mangent pratiquement de tout.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="712" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/contenuSc.jpg" alt="" class="wp-image-13037" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/contenuSc.jpg 800w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/contenuSc-560x498.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/contenuSc-449x400.jpg 449w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/contenuSc-768x684.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption>Alimentation variée de <em>Stenella</em> azuréens (hiver 2018)&nbsp;: calmars, crevettes, poissons&#8230; c&rsquo;est ce qui s&rsquo;appelle manger à tous les rateliers&nbsp;!</figcaption></figure></div>



<p>Nous savons également que les <em>Stenella</em> du coin se déplacent, et mangent, en groupes de taille réduite en hiver par rapport à ce qu’on observe aux autres saisons… serait-ce un facteur qui influerait dans la saisonnalité hivernale des attaques de <em>Tursiops</em>&nbsp;?<br>Un caractère agressif des <em>Tursiops</em> en réponse à la compétition alimentaire provenant de <em>Stenella</em> trop côtiers à leur goût pourrait donc être une hypothèse valable, quoique les données actuelles ne permettent pas de réellement l’explorer.</p>



<p>Certains lecteurs, en voyant la carte bathymétrique présentée ci-dessus, pourraient m’arrêter avec une interrogation&nbsp;: pourquoi, si la compétition provenant de chevauchements d’habitats est la cause de ces agressions, ne trouve-t-on pas de <em>Stenella</em> attaqués sur la façade Ouest-Corse&nbsp;? Bonne question, et il n’est pas facile d’y répondre avec les données disponibles.<br>Deux pistes néanmoins&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list"><li>Il est possible qu’un groupe en particulier (qui fréquenterait souvent la zone azuréenne en hiver) ait pris l’habitude de se livrer à ces agressions&nbsp;; Cotter <em>et al.</em> (2012) indiquent en effet que lors des évènements auxquels ils ont assisté en Californie (deux ans écoulés entre le premier et les deux suivants) une certaine stabilité dans les <em>Tursiops</em> impliqués était notable (trois individus ont même participé aux trois attaques),</li><li>Les densités de Dauphins bleus et blancs étant un peu moindres dans cette zone, et les populations de Grands dauphins y étant historiquement toujours restées relativement élevées, les <em>Stenella</em> n’ont peut-être jamais réellement pris l’habitude d’exploiter le milieu que se réservent les <em>Tursiops</em>.</li></ul>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="564" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/grpTt_4117.jpg" alt="" class="wp-image-13040" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/grpTt_4117.jpg 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/grpTt_4117-560x308.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/grpTt_4117-726x400.jpg 726w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/grpTt_4117-768x423.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Si vous êtes un <em>Stenella</em> et que ceci est votre première vision matinale, la journée commence plutôt mal</figcaption></figure>



<p><br><strong>Voilà pour ce tour d’horizon des mobiles possibles.</strong><br>Certains paraissent très peu probables, d’autres (entraînement à la bagarre, compétition alimentaire) sont plus plausibles. Impossible en tout cas d’avoir une véritable réponse pour l’instant. L’analyse pourra être affinée lorsque ces interactions agressives seront aperçues sur le terrain (il y a pour l’instant eu des «&nbsp;comportement suspects&nbsp;» mais jamais de flagrants délits). Au vu de l’augmentation de leur fréquence, dans une zone où cétologues et plaisanciers sont nombreux, on peut supposer que ces attaques seront un jour observées, ce qui pourra apporter des informations intéressantes.</p>



<p><br>Ce type de violence est relativement inhabituel chez les cétacés, mais il n’y a <em>a priori</em> pas d’indication que la responsabilité humaine soit engagée&nbsp;: nous n’avons donc qu’à y assister, et si possible à les comprendre. Pour les Dauphins bleus et blancs, les conséquences populationnelles sont probablement négligeables en termes d’individus tués, mais ces agressions peuvent néanmoins éventuellement mener à un changement d’écologie du <em>Stenella</em> dans les zones à risque. Côté <em>Tursiops</em>, on peut penser que la banalisation de ces évènements témoigne indirectement d’une (ré)augmentation progressive des effectifs du Nord de la Méditerranée, et c’est donc plutôt une bonne nouvelle.</p>



<p>J’espère que le lecteur ne retiendra pas de cet article que «&nbsp;les <em>Tursiops</em> sont méchants&nbsp;», ce serait réducteur, et surtout ce serait appliquer au monde animal des normes morales qu’il n’a (<em>a priori</em>&nbsp;!) pas. Jusqu’à preuve du contraire, les Grands dauphins ne sont pas méchants ou immoraux, ils sont juste <em>amoraux</em>. D’ailleurs, pour nous quitter sur une note réjouissante, voilà qui redorera peut-être un peu leur blason&nbsp;:</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="582" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/tudav.jpg" alt="" class="wp-image-13049" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/tudav.jpg 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/tudav-560x318.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/tudav-704x400.jpg 704w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/03/tudav-768x437.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Un <em>Tursiops</em> ayant adopté* un jeune Marsouin commun, aux environs du Bosphore<br>(TUDAV 2016, <em>An unusual duo</em>, https://www.youtube.com/watch?v=AHzV-4dxN2M)</figcaption></figure></div>



<p class="has-text-align-right"><br>Adrien et cetaces.org</p>



<p class="has-text-align-left">*On ne saura pas ce qu’ils ont fait de la mère O:)</p>



<p><em><span class="has-inline-color has-vivid-purple-color">Le Groupe de Recherche sur les Cétacés est <strong>une structure indépendante</strong>. Vos <a href="https://www.helloasso.com/associations/groupe-de-recherche-sur-les-cetaces-grec/formulaires/1/widget"><strong>dons citoyens</strong></a> sont notre seul moyen de continuer nos <strong>travaux scientifiques objectifs</strong> indispensables à la protection des mammifères marins.</span></em><br><br><strong>Principales références&nbsp;:</strong><br>&#8211; <strong>Ross et Wilson, 1996</strong>&nbsp;: Violent interactions between bottlenose dolphins and harbor porpoises.<br>&#8211; <strong>Cotter, Maldini et Jefferson, 2012</strong>&nbsp;:<span class="has-inline-color has-vivid-cyan-blue-color"> </span>“Porpicide” in California: Killing of harbor porpoises (<em>Phocoena phocoena</em>) by coastal bottlenose dolphins (<em>Tursiops truncatus</em>).<br>&#8211; <strong>Dhermain, et le Réseau Échouage Méditerranéen, 2020</strong>&nbsp;: Suivi des échouages sur les côtes méditerranéennes françaises, années 2016-2019.<br>&#8211; <strong>Methion et Díaz López, 2021</strong>&nbsp;: Spatial segregation and interspecific killing of common dolphins (<em>Delphinus delphis</em>) by bottlenose dolphins (<em>Tursiops truncatus</em>).</p>



<p><span class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Citation de cet article</strong> : Gannier Adrien, 2021. Insécurité dans les eaux azuréennes : quand <em>Tursiops</em> et <em>Stenella</em> règlent leurs comptes. <em>Cétologie</em>, mars 2021. (https://www.cetaces.org/202103/insecurite-eaux-azureennes-tursiops-stenella-reglent-leurs-comptes/)</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.cetaces.org/insecurite-eaux-azureennes-tursiops-stenella-reglent-leurs-comptes/">Insécurité dans les eaux azuréennes&nbsp;: quand Tursiops et Stenella règlent leurs comptes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.cetaces.org">Groupe de Recherche sur les Cétacés</a>.</p>
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		<title>Saint-Tropez : une petite surprise, un Petit rorqual</title>
		<link>https://www.cetaces.org/saint-tropez-une-petite-surprise-un-petit-rorqual/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Adrien]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Feb 2021 20:44:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité GREC]]></category>
		<category><![CDATA[Autre actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Méditerranée]]></category>
		<category><![CDATA[échouages]]></category>
		<category><![CDATA[nécropsie]]></category>
		<category><![CDATA[Rorqual à museau pointu]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Trouvaille plutôt inhabituelle du côté de Saint-Tropez : un Rorqual à museau pointu a été découvert en fin de semaine dernière, dérivant à l’entrée du port...</p>
<p>L’article <a href="https://www.cetaces.org/saint-tropez-une-petite-surprise-un-petit-rorqual/">Saint-Tropez : une petite surprise, un Petit rorqual</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.cetaces.org">Groupe de Recherche sur les Cétacés</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Trouvaille plutôt inhabituelle du côté de Saint-Tropez&nbsp;: un Rorqual à museau pointu a été découvert en fin de semaine dernière, dérivant à l’entrée du port.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="660" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Ba_Ad_0979.jpg" alt="" class="wp-image-12954" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Ba_Ad_0979.jpg 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Ba_Ad_0979-560x361.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Ba_Ad_0979-621x400.jpg 621w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Ba_Ad_0979-768x495.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>19 février 2021, scène atypique dans le golfe de Saint-Tropez</figcaption></figure>



<p>Après une première prise en charge par la commune et P. Lacosse (Parc National de Port-Cros), décision a été prise par le Réseau National Échouages de procéder à un examen interne et des prélèvements complets, que nous sommes donc allés effectuer le lendemain en compagnie de F. Beau (Espaces Maritimes des communes du golfe de St-Tropez). C&rsquo;était la journée internationale de la Baleine, parait-il&#8230; nous aurions préféré quelque chose de plus gai pour l&rsquo;occasion !</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="691" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Ba_Ad_0994.jpg" alt="" class="wp-image-12955" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Ba_Ad_0994.jpg 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Ba_Ad_0994-560x378.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Ba_Ad_0994-593x400.jpg 593w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Ba_Ad_0994-768x518.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>La fameuse nageoire pectorale barrée de blanc, caractéristique de l&rsquo;espèce</figcaption></figure>



<p>Gaie ou pas, cette analyse plus poussée réalisée malgré un animal déjà assez putréfié se justifiait par la rareté de l’évènement&nbsp;: le <a href="https://www.cetaces.org/fiches/rorqual-a-museau-pointu/">Rorqual à museau pointu</a>, parfois appelé Petit rorqual ou Rorqual de Minke (ou <em>Balaenoptera acutorostrata</em> pour régler le problème), n’est pas commun en Méditerranée.<br>Des signalements ont certes lieu à peu près tous les ans (la dernière fois en avril 2020 chez nos amis italiens, avec -comme souvent- un individu âgé de quelques mois), mais le dernier échouage sur la façade française remontait à 2008.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="493" src="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Ba_Ad_1023.jpg" alt="" class="wp-image-12956" srcset="https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Ba_Ad_1023.jpg 1024w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Ba_Ad_1023-560x270.jpg 560w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Ba_Ad_1023-831x400.jpg 831w, https://www.cetaces.org/wp-content/uploads/2021/02/Ba_Ad_1023-768x370.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Poumons, foie, estomacs, intestins&#8230; tout est là ! Mais plus en très bon état&#8230;</figcaption></figure>



<p>En l’absence de cause de décès évidente, nous avons au moins pu constater que l’estomac de l’animal était vide&nbsp;: cette femelle de 3 mètres (pour 2.5 mètres à la naissance, et 8 à 9 mètres à l’âge adulte) avait été séparée de sa mère avant d’avoir été sevrée.</p>



<p>Voilà qui nous laisse avec plus de questions que de réponses&nbsp;: avant de mourir et peut-être de dériver plusieurs jours, à quoi avaient ressemblé les quelques semaines de vie de cette jeune baleine&nbsp;?<br>En particulier, où les a-t-elle passées&nbsp;?<br>En Atlantique, avant une expédition (accompagnée, ou éventuellement déjà seule&nbsp;?) vers l’Est qui s’est mal finie&nbsp;?<br>Ou aurait-elle pu carrément naitre en Méditerranée&nbsp;? Peu probable, son grand cousin le <a href="https://www.cetaces.org/fiches/rorqual-commun/">rorqual commun</a> étant le seul mysticète à s’y reproduire… mais qui sait&nbsp;!<br>Peut-être saurons-nous, un jour…</p>



<p></p>



<p class="has-text-align-right">Adrien et cetaces.org</p>
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