Le Grec - Groupe de recherche sur les cétacés
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La baleine à bec de Cuvier (Ziphius cavirostris, Cuvier 1823)

Une telle vision de couleurs gris-verdâtre-noir signale un ziphius, en Méditerranée

Voir la fiche d’identification

La baleine à bec de Cuvier, ou Ziphius, est un odontocète d’assez grande taille, le mâle et la femelle atteignant les tailles de 6 à 7 mètres pour un poids de 2 à 3 tonnes; la femelle est de taille un peu plus forte que le mâle. Il fréquente les eaux tempérées et chaudes de tous les océans et l’ensemble de la Méditerranée (mer Noire exclue), sans que l’on puisse actuellement préciser s’il est plus fréquent dans un des bassins.

Les deux dents au bout de la mandibule inférieure signalent un Ziphius mâle

Par très beau temps il est facile de voir des ziphius mais seulement dans des zones particulières, en Méditerranée. On pense qu’il est assez fidèle à ces sites de prédilection.

En début de soirée, le groupe peut devenir un peu turbulent

Les échouages ont été fréquents en Grèce, récemment, et traduisent une forte mortalité dans l’est de la Méditerranée. On sait qu’il se rencontre souvent en petits groupes (2 à 5 individus) et dans les eaux profondes du talus. Le ziphius est observé rarement mais on commence à connaître son comportement de sondes très profondes (plus d’une heure à 1500m) et son écologie: il se nourrit surtout de calmars.

Les restes d’une capture d’un ziphius : il a mangé principalement le manteau

Le régime alimentaire est réputé presque exclusivement teuthophage avec en complément des poissons bathypélagiques. Les contenus stomacaux analysés montraient la prédominance de calmars de la famille des histioteuthidés. Comme toutes les baleines à becs, et à l’instar du cachalot, le ziphius chasse de jour comme de nuit.

On comprend sur cette image le surnom « baleine à bec d’oie »

Les échouages répertoriés semblent indiquer des naissances au printemps, on voit des femelles accompagnées de juvéniles en juin et en août. L’allaitement dure certainement longtemps : l’exemple d’une femelle échouée vivante avec un juvénile (mort) de 3,30 mètres de long atteste d’une association prolongée entre mère et jeune.

Un ziphius femelle accompagné de son jeune

La vie sociale du ziphius est encore peu connue, mais on observe couramment des séances d’interactions dans des groupes de 3 à 8 individus, par exemple en fin d’après-midi. Au cours de ces périodes, il n’est pas inhabituel de voir des poursuites et même des sauts.
En Méditerranée occidentale, il semble possible de rencontrer des groupes mixtes ziphius – mésoplodon de Sowerby, sans que l’on sache pour l’instant si cette association est réellement exceptionnelle ou simplement rare.

Séance d’interactions sociales au sein d’un grand groupe de ziphius… l’individu qui saute ici est pourtant un mésoplodon de Sowerby !

Ce sont surtout les mâles qui portent beaucoup de cicatrices, et il est à peu près certain qu’ils se bagarrent entre eux à certaines périodes de l’année, sûrement pour avoir accès aux femelles.

Ce ziphius, probablement âgé, porte les traces de nombreux accrochages

La principale menace qui pèse sur cette espèce en Méditerranée est la détérioration de l’environnement acoustique sous-marin. Il est maintenant établi que le ziphius peut être victime de sonars, lorsque ceux-ci sont très puissants.


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