Le Grec - Groupe de recherche sur les cétacés
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3. Des exemples de sons, en image…

Le dauphin bleu et blanc

L’analyse des sons captés à l’intérieur du domaine audible témoigne d’une grande diversité dans émissions acoustiques. Pour illustrer les émissions acoustiques du dauphin bleu et blanc nous avons choisi l’enregistrement d’un groupe d’environ 20 individus montrant simultanément des tics d’écholocalisation et un sifflement :

Communication entre plusieurs individus

Les impulsions semblent montrer par leur espacement qu’au moins deux dauphins sont en train de scruter l’environnement grâce à leur biosonar (il est possible que le train d’impulsions soit dirigé vers l’hydrophone lui-même), et nous captons aussi les clics d’un cachalot lointain. Les sifflements sont au nombre de deux, dont l’un très atténué. Le sifflement principal apparaît modulé dans la bande 6500-12000 Hz. Comme il arrive fréquemment, l’individu répète plusieurs fois ce sifflement à l’identique.

Deux (ou plusieurs) autre animal peuvent se répondre par des sifflements dans la même plage de fréquence mais modulé différemment. La durée de ces sons avoisine souvent 1 à 2 secondes. C’est ce qui est montré sur le sonogramme suivant :

Chasse de nuit

Certains cétologues pensent que les sifflements ont une fonction de signature individuelle, plus que de communication. Quelques clics d’écholocalisation sont recueillis également.

Les émissions sonores entendues lors d’une séance de chasse nocturne sont totalement différentes : on entend une « forêt de caquètement » (planche 1c). Ce type de son peut-être entendu la nuit sur des dizaines de milles, les dauphins étant en immersion prolongée et non synchronisée. En effet, un groupe de 40 dauphins vus dans la journée, peut se disperser en 10 à 20 unités de quelques individus pour la chasse nocturne, occupant alors une vaste superficie.

Le Globicéphale noir

Les émissions acoustiques captées dans le spectre audible sont nombreuses et variées. C’est la seule espèce de Méditerranée à communiquer grâce à des cris puissants et répétés (un peu comme l’Orque). En plus de cela, des bruits divers sont émis et le répertoire de sifflements est vaste. Les clics d’écholocalisation présentent plusieurs modalités : durant la chasse en profondeur elles sont émises en longues séries régulièrement espacées, à la manière du cachalot mais avec un rythme plus rapide. En plus de la diversité de son répertoire, le Globicéphale noir se caractérise par sa capacité d’imitation des sons, comme il a été montré à l’occasion de l’essai d’un sonar militaire à haute puissance (1994).

Nous présentons un enregistrement réalisé à proximité d’un groupe d’environ 35 individus et qui nous montre un grand nombre de tics (une forêt d’impulsions) associé à un cri de forte énergie :

Cri d'un individu au milieu d'un groupe

Les signaux d’écholocalisation sont produits par un grand nombre d’animaux (dont certains sont plus proches) et le cri est émis par un individu. Sa structure est complexe, puisqu’il comprend plus de dix harmoniques (le premier aux environs de 1000 Hz) et il dure environ une seconde, pendant laquelle il subit une modulation importante vers les basses fréquences. Ce cri est répété plusieurs fois sur une durée d’une minute et semble être émis par un même individu. Le même cri a été entendu plusieurs années de suite, il identifie peut-être un groupe précis de Globicéphales.

Également typique, mais moins fréquent, est le bruit de « vitre » que nous avons enregistré en plusieurs occasions.

"Bruit de vitre" émis par un individu

Il évoque nettement le bruit d’une vitre frottée avec un chiffon humide, il semble être de faible portée.

Enfin un dernier exemple témoigne de la complexité des communications entre Globicéphales (planche 2c) : dans un court laps de temps un individu émet un son constitué de plusieurs composantes structuralement différente et enchaînées sans temps mort (un mot ?). L’enchaînement de plusieurs sons peut démultiplier le répertoire de communication d’une espèce.

Le dauphin de Risso

L’analyse des sons captés montre généralement la rareté relative des sifflements, par contraste avec la richesse des sons de type impulsif. Les émissions acoustiques caractéristiques sont les séries de clics à rythme rapide et régulier, associées à des bourdonnements assez forts de durée assez longue (plus d’une seconde) et de fréquence souvent croissante. Les autres émissions ne sont captées qu’à faible distance. Les sifflements sont eux d’assez haute fréquence (8 à 12 kHz) et d’assez faible intensité.

Bourdonnement et sifflement du dauphin de Risso

Le dauphin commun

Pour cette espèce, assez voisine du dauphin bleu et blanc, on note un répertoire acoustique plus varié incluant des cris et des sifflements mais aussi des sons variés, tels que des aboiements. Les sifflements peuvent avoir des modulations très variables.

Sifflement et cri du dauphin commun

Le cachalot

Le cachalot émet presqu’uniquement des sons de type « impulsion », qui prennent des noms différents selon leur séquencement: clic pour les signaux espacés de 1 à 2 secondes et répétés durant plusieurs minutes, creak pour un train d’impulsions rapides associé à une baisse d’intensité, suivi d’un silence de plusieurs secondes (le cachalot a repéré une proie et s’en est emparé), coda pour une série de 2 à 10 clics émise selon une séquence précise avec des intervalles de quelques centièmes à quelques dixièmes de seconde (qui peut indiquer son appartenance à un groupe), etc… Le cachalot semble émettre moins de clics lors des phases de descente et presque aucun lors de la remontée. Par contre, lorsque il est parvenu au niveau où il chasse, ses clics sont émis presque en permanence à un rythme variable. Nous choisissons l’enregistrement d’un individu très proche du bateau (planche 3c): ce sont des clics de forte énergie espacés de 1,15 secondes.

Les émissions acoustiques du cachalot peuvent fournir de nombreux renseignements sur l’identité de l’individu émetteur (taille, voire sexe), son activité (chasse ou surface), son succès lors de la chasse, sa profondeur d’évolution et bien sûr sa distance et son gisement approximatif.

La structure double du clic est due ici à l’hydrophone stéréo

 


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