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Des Orques et des sonars

Écrit le 16/12/2019 dans Autre actualité - Mis à jour le 19/12/2019

Premier épisode : décembre 2019, un hasard malencontreux

Dès avant notre arrivée à la conférence WMMC de Barcelona, notre attention a été attirée par un événement extraordinaire : un groupe d’Orques était entré dans le port de Gênes. A la surprise générale, puisque les Orques sont de nos jours rarissimes en mer Ligure.

Les Orques dans le port de Gênes (origne photo Tethys Research Institute)

Ces Orques sont arrivé(e)s le 2 décembre à Gênes, la troupe comprenant 5 individus dont un nourrisson, et un mâle. Les individus auraient été identifiés comme appartenant à la communauté Orcinus de Gibraltar.

Malheureusement le nourrisson est mort le 5 décembre, pour une raison encore inconnue. Comme il est d’usage chez les delphinidés, sa mère a tenté de le garder à la surface. Le groupe entier est demeuré dans le port de Gênes, étant surveillé par les gardes-côtes et des scientifiques. Il compte aujourd’hui 4 individus, dont un mâle et trois femelles certaines ou présumées.

Position des Orques et d’un grand exercice naval

Une recherche sur internet nous a permis de constater que les Orques avaient été vues à Carthagène (Espagne) les 13-14 novembre, puis à Formentera (Baléares) le 17 novembre. Une route nord-est, donc, avant d’atteindre le bout de la mer Ligure vers le 1er décembre. Où les Orques se trouvaient encore le 15 décembre.

En chemin, les cétacés n’ont pu éviter de traverser, ou de passer à côté de, la zone où se déroulait un grand exercice naval, du 25 novembre au 6 décembre. Cet exercice destiné à entraîner le groupe aéronaval du porte-avions Charles de Gaulle était appelé PEAN 2019.

Vue partielle de l’impressionnante armada qui s’entraînait au large de la France du 25 novembre au 6 décembre (photo Marine Nationale)

Les sites d’information militaire nous apprennent que pas moins de cinq frégates participaient à l’exercice (ainsi que deux avisos): deux françaises (FREMM Auvergne et FDA Chevalier Paul), une italienne (FREMM Luigi Rizzo), une espagnole (Blas de Lezo), et un destroyer américain (USS Ross, DDG71).

La frégate Auvergne, un navire multi-missions à vocation anti-sous-marine (photo Marine Nationale)

Selon un ouvrage de référence (Flottes de combat 2016, B. Prézelin), ces frégates sont équipées de sonars puissants à basse et moyenne fréquence, de différents types :

  • la FREMM Auvergne est équipée d’un sonar de coque UMS-4110 et d’un sonar remorqué à immersion variable CAPTAS UMS-4249,
  • la FDA Chevalier Paul est équipée d’un sonar de coque UMS-4110,
  • tout comme la FREMM italienne Luigi Rizzo,
  • la frégate Blas de Lezo est équipée d’un sonar de coque à moyenne fréquence de type DE-1160 (similaire au SQS-56 US),
  • le destroyer américain USS Ross est équipé d’un sonar de coque à basse-moyenne fréquence (SQS-53C) d’une puissance de 235 décibels.
Le destroyer américain USS Ross, qui participait à PEAN 2019 (photo US Navy)

Ce sonar a été impliqué dans presque tous les accidents mortels de cétacés (documentés) mettant en cause des sonars militaires. Selon les sources officielles, l’exercice PEAN 2019 était à haute intensité et incluait toutes les composantes : anti-aérienne, anti-surface et anti-sous-marine.

Dommage que les Orques ne parlent pas un langage humain : elles nous raconteraient sûrement pourquoi elles se sont réfugiées dans le port de Gênes ; et peut-être même ce qui est arrivé au(x) bébé(s).

Deuxième épisode : des expériences enrichissantes

Alexandre et cetaces.org


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