Le Grec - Groupe de recherche sur les cétacés, Polynésie Française, Méditerranée

Le globicéphale noir (Globicephala melas, Traill, 1809)

Gm2dos

Voir la fiche

Le globicéphale noir est un delphinidé sans rostre, dont la taille atteint 6 mètres pour le mâle et plus de 5 mètres pour la femelle, avec un poids maximal de 3 tonnes environ pour le mâle. L’espèce est répandue dans tous les océans du monde. En Méditerranée elle paraît fréquenter surtout le bassin occidental, mais des mentions existent jusqu’en mer Egée. Il se rencontre en groupes souvent assez nombreux d’entre 3 et 100 individus en Méditerranée, au large ou près du talus. Les données biologiques classiques mentionnent une gestation de 16 mois et une lactation de 22 mois en Atlantique nord. Aucune donnée ne vient préciser ces paramètres pour la Méditerranée, mais les observations mentionnent depuis longtemps la mise-bas et la présence de nouveaux-nés dans les troupes de globicéphales présentes en mer Ligure en juillet-août. On note alors la présence dans les grands groupes d’un ou plusieurs petits nourrissons (pigmentation grise, traces de contraction sur le corps, taille de 1,70 mètres environ). Les femelles sont accompagnées aussi de juvéniles âgé d’une année (2,50 mètres de longueur environ).

Le régime alimentaire semble majoritairement composé de céphalopodes (Histioteuthidés, Ommastrephidés). Le globicéphale noir est bien connu pour sonder profond (plus de 600 mètres après dressage): durant toutes nos observations en pleine journée, nous n’avons pas observé de comportement de sonde, les animaux paraissant se reposer ou socialiser. Cependant, à la tombée de la nuit ou en début de matinée, le comportement paraît tout à fait différent: nage dans une direction précise ou sondes profondes signalent alors que le groupe de globicéphales est en train de chasser.

Nous avons noté un effectif moyen de 23 individus et nous observons deux modes au niveau de l’effectif des groupes: d’une part les très petits groupes (1 à 4 individus) et d’autre part les groupes assez importants de 11 à 30 individus (30,5% des cas). Un groupe d’une trentaine d’individus formé de différentes classes d’âge et de sexe (notamment nouveaux-nés, femelles adultes et gros mâles). Il est fréquemment entouré à quelques kilomètres de plusieurs petits groupes de 3 individus de taille homogène, sans doute de jeunes adultes de sexe masculin. Il arrive que plusieurs groupes familiaux de 20 à 40 individus soit peu éloignés l’un de l’autre. De ce fait, l’ensemble des animaux formerait la « tribu » complète, comptant 60 à plus de 100 individus, souvent dispersée sur une grande surface et parfois visible réunie.

Le déplacement se fait souvent à faible vitesse, 1,5 nœuds en moyenne. Nous avons noté une fois le cas d’un groupe compact se déplaçant à vitesse élevée, de l’ordre de 5 nœuds, dans une direction. Le cas de groupes assez importants presque immobiles en surface est typique de la pleine journée. L’activité est alors le repos, entrecoupé toutefois de phase de socialisation pendant lesquelles on peut assister à des accouplements: des individus entreprennent alors des sauts ou battent de la pectorale, ou exposent leur caudale à la surface. En de rares occasions, nous avons assisté à des agressions entre individus, gros mâle contre petit groupe d’individus de plus faible taille.

Le Globicéphale noir (Globicephala melas, Traill, 1809)

La quête active de nourriture se traduit par une structure en petits groupes (2-3 animaux) dispersés sur une grande surface et des sondes excédant 5 minutes. D’après nos observations, les sondes profondes ne sont pas pratiquées du tout en pleine journée par les globicéphales.

Le globicéphale noir est rare dans le nord du bassin entre novembre et mai, les éléments disponibles sont en faveur d’une migration pour des raisons alimentaires. L’été verrait les troupeaux profiter de ressources importantes en calmars dans le nord du bassin. Pendant la saison froide, les animaux gagneraient des secteurs méridionaux ou de l’est de la Méditerranée, voire l’Atlantique (le globicéphale est fréquent en toutes saisons en mer d’Alboran). Les conditions environnementales sont peu susceptibles de provoquer à elles seules la migration des animaux.